Tout au long de sa campagne électorale, avec le coaching de son ancien ami et incontestable leader de la ville de Bukavu, Vital Kamerhe, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a promis de prioriser la lutte contre le phénomène des groupes armés au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri.
Comme s’ils l’avaient pressenti, rares sont les électeurs qui ont cru à son engagement de faire oublier l’insécurité récurrente, dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, qui a été aggravée pendant les dix huit ans de règne de son prédécesseur Joseph Kabila Kabange.
Durant les vingt premiers mois de son mandat, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est plaint du blocage de ses actions par ses partenaires du Front Commun pour le Congo,FCC, sans convaincre les populations du Nord-Kivu,du Sud-Kivu et de l’Ituri, qui n’ont jamais apprécié son choix de maintenir en fonction les généraux affairistes, dans l’armée et la police ainsi qu’au sein des services de sécurité.
En cinq mois de la fin déclarée de la coalition entre le Front Commun pour le Congo et Cap pour le Changement, aucune action de grande envergure sur le plan militaire ne permet aux populations de ces trois provinces martyres d’espérer un début de la fin de leur insécurisation par les groupes armés,locaux et étrangers,ne disposant pas d’une puissance de feu capable de résister aux Forces Armées de la République démocratique du Congo.
Non seulement les signes du scandaleux enrichissement de certains généraux affairistes devaient pousser le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à ne pas leur faire confiance dans les opérations de la traque des groupes armés,il est inquiétant de constater son penchant à accepter leurs stratégies de pérenniser à tout prix les groupes armés, pour ne pas mettre brutalement fin à leur business de sang.
Comme il fallait s’y attendre, après les tueries de ces trois premiers mois, sans le blocage du Front Commun pour la Nation, les populations de l’Est, surtout celles du territoire de Beni et de la province de l’Ituri, ne croient plus aux promesses du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Quoi qu’il fasse,il lui sera très difficile de compter sur cet important électorat à la présidentielle de 2023. Décidément, l’anéantissement des groupes armés n’est pas pour demain, même si les proches du successeur de Joseph Kabila Kabange font semblant d’ignorer cette évidence.
Raphaël Kiwongi Matondo
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