L’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC), secteur de Beni, a distribué gratuitement plus de 16 000 plantules de palmier à huile aux agriculteurs, mardi 29 septembre 2026, en préparation de la nouvelle campagne agricole. Cette opération soutient une filière déjà présente dans l’économie du Nord-Kivu, dont le développement dépend aussi de l’entretien des plantations, de la transformation locale et de l’accès aux marchés.
Organisée dans la pépinière de l’ONAPAC à Beni, la cérémonie s’est déroulée sous la conduite de la cheffe de secteur, l’ingénieure Kaswera Syvialeghana Alphonsine. Celle-ci a annoncé des visites d’agronomes dans les plantations pour vérifier la mise en terre des plantules et accompagner les bénéficiaires. Selon Machane Mayanza, chargée de communication de l’office, cette distribution concrétise le projet de pépinière communautaire initié par le ministre d’État chargé de l’Agriculture, Muhindo Nzangi Butondo.
Dans la région de Beni, la culture du palmier à huile bénéficie d’une expérience antérieure à cette nouvelle distribution. À Mutwanga, dans le secteur de Ruwenzori, des exploitants témoignaient déjà en janvier 2024 de la contribution de la vente d’huile de palme aux dépenses alimentaires, au logement et à la scolarisation des enfants. Cette activité s’appuie également sur la transformation locale : en septembre 2025, une visite ministérielle à l’unité agro-industrielle de Mutwanga mettait en lumière la valorisation du cacao, du café et de l’huile de palme dans le cadre de l’Alliance Virunga.
Le palmier à huile représente ainsi un investissement agricole de longue durée. Selon la FAO, il commence généralement à produire trois à quatre ans après sa plantation, tandis que l’Institut international d’agriculture tropicale estime sa durée productive à environ vingt-cinq ans. Une fois la plantation entrée en production, les récoltes successives peuvent procurer des recettes récurrentes, à condition d’assurer l’entretien, la transformation et la vente. Ce potentiel explique l’intérêt de la filière pour les ménages, même si les premières années exigent du travail et des moyens avant les premières rentrées d’argent.
Cette perspective concerne également Walikale, où les palmeraies ont connu une période de recul, certains propriétaires ayant délaissé leur entretien au profit notamment des activités minières. Un reportage publié en août 2026 fait état d’une reprise dans plusieurs zones, avec une meilleure disponibilité de l’huile de palme sur les marchés de Nyasi, Kirundu, Mutakato et Ntoto. Des producteurs reviennent à leurs plantations, considérant cette culture comme une source de revenus pouvant se maintenir pendant plusieurs années.
Toutefois, les routes restent un frein majeur à cette relance. À Walikale, les producteurs réclament leur réhabilitation pour acheminer plus facilement l’huile vers Goma, Bukavu et Kisangani. Les difficultés d’évacuation limitent l’accès aux acheteurs et alourdissent les frais de transport, réduisant les bénéfices que les agriculteurs peuvent tirer de leur production.
La distribution organisée à Beni doit donc être replacée dans cet enjeu plus large : renouveler les palmeraies et accompagner les producteurs, tout en permettant à leur production d’atteindre les marchés. Les plantules constituent le point de départ d’un investissement durable ; sa rentabilité dépendra de la continuité du suivi agricole, des capacités de transformation et des conditions de circulation entre les plantations et les centres de consommation.
KIBANDO PAULIN
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