Plusieurs anciens vendeurs indépendants de Bralima/Bukavu réclament le règlement de garanties, cautions et autres engagements qu’ils estiment toujours en souffrance. Alors que l’ancienne usine poursuit désormais ses activités sous une nouvelle exploitation, leur démarche est pourtant dirigée vers le siège de Bralima à Kinshasa. Qui, de l’ancienne société contractante ou du nouvel exploitant à Bukavu, porte aujourd’hui ces engagements ? Les documents consultés par TicTacHebdo ne permettent pas encore de trancher cette question.
Une correspondance datée du 28 août 2026, signée par le député provincial du Sud-Kivu Amani Katembera Didier, remet sur la table la situation d’anciens vendeurs indépendants ayant collaboré avec Bralima à Bukavu.
Adressée au Directeur général de Bralima à Kinshasa et transmise en copie à plusieurs autorités nationales, la lettre sollicite une intervention pour parvenir au règlement définitif de leurs dossiers.
Selon cette correspondance, les intéressés étaient liés à Bralima par des contrats de prestation de services. Dans le cadre de cette collaboration, certains auraient constitué des garanties importantes, notamment par des retenues opérées sur leurs rémunérations et, dans certains cas, par le dépôt de titres de propriété.
Aujourd’hui, ils demandent notamment que chaque dossier soit évalué, que les garanties arrivées à échéance soient restituées lorsque les conditions contractuelles sont réunies et que la situation des éventuels intérêts soit clarifiée.
Bralima partie de Bukavu, mais les anciens comptes restent posés
C’est ici que le dossier prend une autre dimension.
L’activité industrielle autrefois exploitée par Bralima à Bukavu a connu un changement majeur après la perte de contrôle de l’usine par Heineken. Le site a ensuite été transféré à Synergy Ventures Holdings, tandis qu’une exploitation sous l’appellation BdGL s’est installée dans le paysage économique local.
Pourtant, les anciens vendeurs ne dirigent pas leur réclamation vers BdGL. Ils se tournent vers Bralima à Kinshasa.
Pourquoi ?
La réponse pourrait se trouver dans la nature même des engagements réclamés. Les contrats évoqués dans la correspondance auraient été conclus avec Bralima, avant le changement d’exploitation de l’usine.
Mais une question essentielle reste sans réponse publique : lors du transfert de l’usine de Bukavu, qu’est-il advenu des engagements contractuels antérieurs envers les vendeurs indépendants ?
BdGL a-t-elle repris uniquement l’activité ou également les engagements ?
Le fait d’exploiter une ancienne installation industrielle et de commercialiser des produits historiquement associés à celle-ci ne suffit pas, à lui seul, à établir que le nouvel exploitant a juridiquement repris tous les passifs de l’ancienne société.
Inversement, si certains engagements envers les vendeurs ont été transférés avec l’exploitation, il devient nécessaire de savoir lesquels et selon quelles modalités.
La correspondance du député Amani Katembera ne permet pas de résoudre cette question. Elle interpelle principalement Bralima à Kinshasa, ce qui laisse comprendre que les anciens vendeurs considèrent toujours cette société comme leur interlocuteur pour les engagements nés de leurs anciens contrats.
Bralima et BdGL appelées à clarifier
C’est désormais cette zone d’ombre que les deux entreprises peuvent aider à lever.
TicTacHebdo souhaite notamment obtenir des précisions sur quatre questions : Bralima reconnaît-elle encore les engagements contractuels évoqués par ses anciens vendeurs de Bukavu ? Les garanties, cautions et titres de propriété concernés sont-ils toujours sous sa responsabilité ? Une partie de ces obligations a-t-elle été transférée au repreneur de l’usine ? Et, dans l’affirmative, BdGL ou la société exploitant actuellement le site de Bukavu est-elle aujourd’hui l’interlocuteur auquel ces anciens partenaires doivent s’adresser ?
Ces réponses permettraient également d’éviter une confusion entre la continuité économique d’une activité à Bukavu et la responsabilité juridique concernant les contrats conclus avant le changement d’exploitant.
Une fermeture ne clôt pas nécessairement les anciens contrats
Pour les anciens vendeurs, l’enjeu dépasse désormais la présence ou non du nom Bralima sur l’usine de Bukavu. Leur préoccupation, telle qu’elle ressort de la correspondance, porte sur ce qu’ils estiment avoir laissé en garantie pendant plusieurs années de collaboration.
Pour Bralima comme pour l’actuel exploitant, une clarification publique permettrait donc d’établir précisément où s’arrête la responsabilité de l’un et où commence éventuellement celle de l’autre.
TicTacHebdo reste disponible pour intégrer à ce dossier toute réaction documentée de Bralima, de BdGL ou de la société ayant repris l’exploitation de l’ancienne usine de Bukavu.
Au-delà des faits
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