GOMA, 18 juillet 2026 – À l’issue des travaux communautaires (Salongo) organisés ce samedi à Goma, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a estimé que le nouveau processus de dialogue annoncé ne constitue pas une première dans l’histoire de la République démocratique du Congo.
S’exprimant devant la presse, il a rappelé que plusieurs initiatives de paix se sont succédé depuis plus de deux décennies sans parvenir, selon lui, à résoudre durablement les causes profondes de l’instabilité dans l’est du pays.
« Nous ne sommes pas au premier dialogue », a-t-il déclaré, estimant que les futures discussions devraient avant tout s’attaquer aux véritables causes du conflit.
Au cours de son intervention, Lawrence Kanyuka a regretté que, selon lui, une partie de la presse n’accorde pas suffisamment d’attention aux affrontements ayant opposé les forces de l’AFC/M23 aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Il a affirmé que son mouvement avait combattu ce groupe armé lors des opérations menées à Goma ainsi que plus récemment dans la région de Minembwe, dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu.
Selon le porte-parole de l’AFC/M23, ces affrontements démontreraient que les FDLR continuent d’opérer aux côtés des forces gouvernementales congolaises. Il a également soutenu que ce groupe armé aurait désormais établi des bases dans les territoires de Fizi et Baraka, au Sud-Kivu.
Ces affirmations n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante au moment de la publication de cet article.
Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont un groupe armé créé au début des années 2000. Il est composé notamment d’anciens militaires des ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR) et d’anciens membres des milices Interahamwe, impliqués dans le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994, qui ont trouvé refuge en République démocratique du Congo après leur défaite militaire.
Depuis leur installation dans l’est de la RDC, les FDLR sont régulièrement accusées par les Nations unies, des organisations de défense des droits humains et plusieurs États d’être responsables de nombreuses violations des droits humains. Elles sont notamment mises en cause dans des massacres de civils, des violences sexuelles, des enlèvements, des recrutements forcés, des pillages ainsi que dans l’exploitation illégale des ressources naturelles.
La présence de ce groupe armé est considérée depuis plusieurs décennies comme l’un des principaux facteurs d’instabilité dans la région des Grands Lacs.
Poursuivant son intervention, Lawrence Kanyuka a estimé que la présence des FDLR dans les territoires de Fizi et Baraka constitue, selon lui, un danger permanent pour les populations civiles.
« Ils ne peuvent pas s’abstenir de tuer et de violer nos compatriotes congolais, comme de coutume », a-t-il déclaré, estimant que ce groupe armé continuerait de représenter une menace tant qu’il ne sera pas neutralisé.
Selon lui, cette situation justifie que la question des FDLR soit placée au centre de toute initiative de paix concernant l’est de la République démocratique du Congo.
Revenant sur les accords de Washington, le porte-parole de l’AFC/M23 a rappelé que la neutralisation des FDLR figure parmi les engagements prévus dans ce processus diplomatique.
Il a appelé le gouvernement congolais à mettre en œuvre cet engagement, estimant que la réussite du dialogue dépendra de la volonté des différentes parties de traiter cette question qu’il considère comme fondamentale.
Le gouvernement congolais rejette régulièrement les accusations de collaboration avec les FDLR et affirme poursuivre des opérations militaires contre l’ensemble des groupes armés opérant sur le territoire national.
Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient pour favoriser un règlement du conflit dans l’est de la RDC, la question de la présence des FDLR demeure l’un des principaux sujets de désaccord entre Kinshasa, l’AFC/M23, le Rwanda et les différents partenaires régionaux et internationaux engagés dans la recherche d’une paix durable.
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