Samedi 30 mai 2020. Pour célébrer, à sa manière, le premier anniversaire de l’élection du gouverneur Carly Nzanzu Kasivita,le jeune député Matofali a tenu à animer une conférence de presse à l’hôtel Mbiza pour critiquer le bilan d’une année de pouvoir du candidat de la majorité présidentielle et successeur désigné de Julien Paluku Kahongya, en ces termes : “La population du Nord-Kivu a manifesté son attachement au changement. Cet attachement s’est manifesté par le vote massif de nouveaux députés,de surcroît jeunes. Alors qu’il y avait des candidats gouverneurs qui inspiraient ce changement,la majorité des députés du Nord-Kivu ont jeté leur dévolu à la personne de monsieur Carly Nzanzu Kasivita qui totalise en ce jour une année depuis son élection, mais pour quel bilan ? Ce qui nous a poussé à adresser une question écrite au gouverneur de province qui peint le tableau sombre de la situation qui prévaut en province dans tous les domaines. Nous avons ciblé les secteurs ci-après qui ont attiré notre attention.
1.Secteur foncier
C’est le secteur le plus sensible et problématique dans notre province où la gestion de la terre a toujours été une source de nombreux conflits aux conséquences dangereuses pour la paix sociale mais nous constatons une certaine légèreté de la part du gouverneur de province dans sa gestion. En territoire de Masisi,le gouverneur de province s’est immiscé dans les affaires judiciaires en ordonnant l’annulation et la production d’un certificat à la concession kisuma,une concession que se dispute le gouvernement provincial et monsieur Dunia. Ce conflit est en gestation et pourrait être une source de conflit entre les deux. Voilà pourquoi cette question a attirée notre attention et nous avons posé des questions claires au gouverneur de province auxquelles nous attendons des réponses sincères car si on continue à gérer avec légèreté un secteur très important et sensible qui risque d’embrasser toute la province du Nord-Kivu. En ville de Butembo,ce ne sont que des déguerpissements. Il y a un chercheur à Butembo qui a estimé que 60% des terres de la ville seraient menacées de déguerpissement. Il y a eu une descente à Butembo de la commission provinciale conduite par le ministre provincial de la justice qui a produit son rapport,mais ça fait un temps que le rapport est au niveau du cabinet du gouverneur sans pour autant nous donner les conclusions. Il y a le conflit entre la population de la cellule Mutitiwa au quartier Rubenga avec la famille Mboko. Le gouverneur de province reste silencieux quant à ce. Il y a aussi le conflit au niveau du quartier Saba qui a été à la base de la mort de l’étudiant Daddy. Et toujours le silence coupable du gouverneur de province. Au niveau du quartier Kahala, toujours en ville de Butembo,un autre conflit de la mort d’un papa qui y a été enterré mais une autre famille est venue déterrer le cadavre à plus de trois reprises. Il y a encore un silence coupable du gouverneur de province. En commune Vulamba,toujours dans la ville de Butembo, où plus de cent familles vivent à la belle étoile suite à un conflit entre Martin Mutue et monsieur Trudon Mukororo. Et là,le gouverneur reste toujours silencieux.
2.Secteur minier
C’est un secteur qui devait booster l’économie de la province du Nord-Kivu mais qui est mal géré par le gouverneur de province. En territoire de Masisi,il y a un conflit entre la société SMB et la COOPERAMA. Ce conflit est à la base de la mort de nombreuses personnes et d’énormes pertes économiques mais aussi il entraîne une fraude massive des minerais dans cette partie de la province.Et le gouverneur reste silencieux. Apparemment,ce conflit lui serait avantageux parce que le gouvernement central, à travers le ministère de tutelle, avait déjà tracé des mesures ou des directives à suivre pour mettre fin au conflit entre la SMB et la COOPERAMA mais le gouverneur de province continue à entretenir un flou dans la gestion de ce conflit. Ce qui entraîne un manque à gagner pour le trésor public. Et ce silence coupable du gouverneur de province cacherait peut-être un conflit à sa faveur,quelque chose que nous continuons à dénoncer jusqu’aujourd’hui. Le gouvernement central à travers le ministère de tutelle avait demandé au gouverneur de province que dans un délai raisonnable,qu’on puisse demander à la COOPERAMA de quitter le site attribué à la SMB,mais chose qui n’est pas encore fait. Aujourd’hui,ce conflit a atteint un point culminant malheureusement le gouverneur de province vient d’accorder six mois à la COOPERAMA alors qu’il y a eu des morts sur ce site. En territoire de Rutshuru,il y a la SOMIKIVU qui devait booster aussi l’économie de la province mais nous avons appris qu’il y a un petit problème de renouvellement du permis d’exploitation. Et il n’y a aucune initiative du gouverneur de province pour que cette société reprenne les activités. Cette société a encadré plus de 500 personnes dans le territoire de Rutshuru et devait mettre fin à l’insécurité en encadrant les jeunes. C’est une société qui a tout les atouts. Elle a des installations en bon état et les moyens financiers, malheureusement il ne manque que le permis d’exploitation mais il n’y a aucune initiative du gouverneur de province quant à ce. Nous restons à Goma rien que pour constater que nous n’avons pas des recettes alors que le gouverneur de province devait avoir une vision pour réaliser beaucoup des recettes dans la province du Nord-Kivu. En territoire de Walikale,la société ALPHAMIN a une part très importante dans les recettes de la province mais il y a un problème de l’impraticabilité de la route. Ce qui l’oblige à transporter ses minerais de Walikale en passant par Kisangani et Beni pour atteindre l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda à plus des 1500 kilomètres alors qu’on devait prendre la route Walikale-Goma à moins de 250 kilomètres. Le manque de vision du gouverneur de province provoque un sérieux manque à gagner aux finances de la province, même la main d’oeuvre qui devrait profiter à la province du Nord-Kivu est au bénéfice de la province de la Tshopo.
3.Secteur de la sécurité
À un jour de la déclaration de la fin de la maladie à virus Ebola,il y a eu résurgence d’un autre cas dans la ville de Beni. Nous nous posons la question de savoir comment c’est réapparu ? Est-ce que ça ne serait pas aussi un manque de vision dans ce secteur de la part du gouverneur de province ?Nous nous posons toutes ces questions et n’avons pas des réponses. Comment est-ce que vous pouvez comprendre aujourd’hui que la province ne fait qu’enregistrer de nouveaux cas de coronavirus ?Cette situation est provoquée par une personne qui est entrée au pays avec l’autorisation des autorités provinciales qui l’ont intégré dans la population. Aujourd’hui nous sommes déjà à 45 cas à cause de la complaisance de la gestion des frontières. Et la population est menacée par cette pandémie suite à l’absence d’une bonne gestion de cette crise sanitaire par le gouverneur de province.
4.Secteur de la santé
Il y a le phénomène 40 voleurs à Goma, l’opération Kasuku à Butembo et une forte criminalité à Beni. Comment est-ce qu’une année à la tête de la province,le gouverneur qui nous a dit qu’il devait instaurer au Nord-Kivu une brigade qui sera aux côtés de la police pour mettre fin au banditisme urbain mais cela continue ? En une année,il n’a pas été capable de mettre en place cette brigade. Aujourd’hui,nous devons continuer à réfléchir comment mettre fin au banditisme urbain alors que nous avons un gouverneur de province qui disait avoir une vision pour cette province.
Voilà pourquoi nous avons pris l’initiative de lui adresser une question écrite avec débat. Nous devions l’interpeller mais la suspension des activités des assemblées provinciales suite à la pandémie nous a mis dans l’obligation de lui adresser une question écrite. Compte tenu de tout ce que nous venons d’évoquer et qui n’est pas exhaustif,vous vous êtes certainement rendu compte que rien de remarquable n’a été fait board le gouverneur de province. Il n’y a aucune action visible sur toute l’étendue de la province. Je mets quiconque à défi pour me contredire. Sur toute l’étendue de la province du Nord-Kivu,il n’y a rien comme initiative du gouverneur de province. C’est pourquoi je déclare le bilan de cette première année du gouverneur de province Carly Nzanzu Kasivita lamentablement négatif. Et ce n’est pas une exagération de ma part. À ma qualité d’élu et représentant du peuple, ensemble avec mes collègues,nous devons tirer toutes les conséquences pour sauver ce qui reste encore à sauver surtout que la population nous observe. Avec ce bilan négatif, l’avenir de la province du Nord-Kivu m’inquiète. “
Cette déclaration du jeune élu de Butembo a été immédiatement suivie d’une série des questions des journalistes auxquelles il a donné des réponses claires et nettes. Il est longuement revenu sur ce qui serait une conséquence de l’impréparation de l’actuel gouverneur du Nord-Kivu à assumer cette fonction. Aux journalistes qui l’ont poussé à reconnaître quand même quelques actions de Carly Nzanzu Kasivita en cette première année,il leur a dit qu’il n’était pas correct de mettre à son actif les travaux réalisés dans le cadre d’un partenariat public-privé initié par le gouverneur Julien Paluku Kahongya. Tout en regrettant la négation par le gouverneur Carly Nzanzu Kasivita de la présence de l’armée rwandaise dans le Rutshuru malgré les révélations de la population et de la société civile,il a pris le courage d’être le seul député du Nord-Kivu à en parler à haute voix. Comme il fallait s’y attendre,il a demandé au gouverneur Carly Nzanzu Kasivita de démissionner pour permettre à la province de lui trouver un remplaçant valable et compétent. Ce qui ne se fera pas si facilement surtout que l’actuel gouverneur bénéficie d’une forte protection des membres du bureau de l’Assemblée provinciale et d’un nombre impressionnant des députés provinciaux totalement acquis à sa cause sauf qu’il devra débourser d’importants fonds pour se maintenir à son poste en ces moments difficiles pour les élus impayés depuis bientôt dix mois.
Raphaël Kiwongi Matondo
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