Archive Jonction Online — Texte issu du site Jonction Online (jonctiononline.net), actuellement hors service. Ces publications constituent une archive importante pour la région des Grands Lacs. Publié sur TicTache Bdo par la rédaction TicTache Bdo, sous le compte contributeur Jonction Online, en conservant la date d’origine.
Des amis m’ont demandé un avis sur les bruits actuels relatifs à d’éventuelles anciennes pertes de terres et chefferies rwandaises en RDC. Difficile à répondre : je me souviens seulement de la perte, par le Congo, au profit du Rwanda en 1910, des 800.000 Ha dits “Territoire contesté”. Deux auteurs, l’honorable BAKUNGU Mithondeke et le chercheur CIKWANINE nous ont éclairés là-dessus. Pour le reste, il ne me reste qu’à interroger des témoins, tous trouvés sous forme de documents écrits. Mais auparavant voici des éclats de voix:
En date du 8 juillet 2009, les habitants de la cité Rutshuru/Kiwanja étaient secoués matinalement par des cris menaçants et injurieux : « Rutshuru appartient au Rwanda ; Rutshuru appartient au Rwanda ». ( Et, dès le 13 juillet, quelqu’un le fit publier dans une Maison d’Edition en Europe. Et ceci figure toujours dans un grand Organe de réseaux sociaux !
Voici qu’aujourd’hui ça recommence, en plus subtil. Les Congolais sont abreuvés des incantations d’un certain Dr Gaston Rwasamanzi, sujet congolais dit-il, ou rwandocongolais, c’est selon, qui s’évertue à crier à tue-tête : « le Rwanda a perdu des terres et des chefferies au Congo, huit au total, dont 3 au Sud-Kivu (Itombwe-Fizi) et 5 au NordKivu (Buhunde dit Masisi, et Rutshuru) ! » . Un “CONGOLAIS” qui dénonce et accuse la RD Congo,”son Congo” d’avoir volé les terres et chefferies de son pays à lui (celui d’en face). Pauvre maman-Congo, combien tu dois souffrir d’avoir des fils qui ont un pied dedans et un pied dehors. Mais, n’est-ce pas avant tout la faute de certains de tes dirigeants, lesquels ignorent leur obligation impérative d’assurer, nuit et jour, ta SOUVERAINETE, ton INTEGRITE TERRITORIALE, et la SECURITE de tes PROVINCES LES PLUS MENACEES, tel le KIVU.
Le KIVU est en train de partir. Le KIVU est plus menacé qu’au temps de la Lettre du 20 juin 1981 par laquelle des auteurs s’identifiant comme “Populations originaires du Rwanda au Zaïre”, réclamaient l’attribution de SIX Territoires (Goma, Rutshuru, Masisi, Walikale, Kalehe et Idjwi) du Kivu. Un KIVU séparé du Congo est une PROIE FACILE pour les rapaces qui, jusqu’ici s’y acharnaient sans succès. KIVUTIENS, ne vous laissez pas distraire par des discours mielleux mais vides et sans consistance. PRENEZ-VOUS EN CHARGE. Car les brusques attaques actuelles, comme des éruptions volcaniques, dans plusieurs domaines à la fois, notamment sous cette forme de simple document écrit, n’augurent rien de bon. C’est une provocation. Il y a ANGUILLE SOUS ROCHE.
Ne pouvant ni ne voulant nous mesurer à ce Super-Docteur, auteur de ce brûlot –encore qu’on pourrait percevoir une grande capacité de nuisance de certains Docteurs en “Ubwengwologie” en manipulations et autre “mensongeologie”,- nous voudrions montrer aux amis, y compris quelques anciens collègues ou amis et sympathisants rwandophones car il y en a et ceux-là sont de bonne foi et pacifiques, leur conter sous une forme imagée le cas d’une des chefferies, celle qui a réellement existé, mais seulement durant 17 ans, celle dite de “GISHARI” du temps colonial (1937-1956).
Voici donc : Mr X admire la maison de Mr Y et fait pression pour qu’il la lui vende. Refus net. Mais au bout de 3 ans de ces assauts, Mr Y n’en pouvant plus, finit par la lui vendre. L’acheteur Mr X y héberge Mr Z qui était dans le besoin. Au bout de quelques années, le vendeur négocie la reprise de sa maison, d’autant plus qu’il n’avait pas dépensé la somme. L’acheteur, devant les murmures du vendeur, et pris de remords d’avoir forcé l’opération, décide de se racheter et de restituer la maison, et en informe l’ami Z (le logé), lui promettant de lui chercher une autre solution. “Pas de problème” répond l’autre. Mais voilà que, des années après, Mr Z (le locataire gratuit) va claironner partout qu’on lui a volé sa maison ; et qu’il ne sait pas qui va l’aider à la récupérer. ▪ Dis donc : de quoi se mêle ce Mr Z dans une opération entre MM X et Y ? Eh bien, c’est exactement ce qui s’est passé avec la chefferie artificielle de GISHARI. En 1936, le Gouverneur Général ordonna à ses collaborateurs du Kivu de chercher, négocier et acheter un terrain. Les propriétaires résisteront durant 3 ans. Et le 13 novembre 1939, 2 belges (un magistrat de Bukavu et l’Administrateur-assistant de Masisi) signent un Acte de cession (vente/achat) du terrain de chez les Bahunde. Ils exigent que le Mwami (Grand-chef) Kalinda y appose sa signature. Ceci signifiant soit qu’il a participé à la vente, soit qu’il y a seulement assisté : seule la suite de l’histoire répondra à cette énigme. Superficie : 34.910 Ha soit 349 Km2. Prix : 35.000 FC soit 35.000 FB, donc 1 FB/Ha, soit 0,025 US$/Ha. Ça laisse pantois !. L’évolution de l’opération connaîtra deux étapes : l’acheteur ne versera que 29.600 FC ; et les chefs Bahunde ne garderont pas l’argent, ils le reverseront dans une caisse dite “Fonds des Œuvres de guerre” 1940-1945.
Devant les agitations des Immigrés (Banyarwanda) réclamant une expansion sur le reste des terres du KISHALI (chefferie orientale des Bahunde), ces derniers vont signaler que la comédie a trop duré. L’acheteur, pour soulager sa conscience va restituer le terrain le 16 janvier 1957, et renvoyer chez-lui au Rwanda le pseudo-chef Buchanayandi. Du reste ni lui ni ses deux prédécesseurs (le belge Leenaerts et le rwandais Bideri) ne remplissaient les critères et les conditions pour être chefs coutumiers.
Il est clair donc que ni le Rwanda ni les rwandophones n’ont jamais eu une chefferie à eux là-bas. Et les Belges regretterons amèrement cette décision prise, qu’ils qualifièrent de “grave erreur politique“. (Cf aveux détaillés en fin de cet Article).
Pour les prétendues autres et anciennes chefferies, la question paraît plus simple. Aucune disposition du Pouvoir colonial belge, de 1885 à 1960 ne visait, comme on verra plus bas, la suppression des chefferies rencontrées. Tout au plus, ils procédaient, parfois, au regroupement de certaines chefferies semblables quand elles paraissaient trop petites.
Dès le début, le premier Décret (du 06/10/1891) stipule, en son Article 5 : « Les chefs traditionnels exercent leur autorité conformément aux us et coutumes, pourvu qu’ils ne soient pas contraires à l’ordre public et conformément aux lois de l’Etat».
Les incantations de notre expert servent donc de 3è pilier de la stratégie de d’invasion du Kivu et la balkanisation de la RD-Congo. Ces piliers sont en effet :
1-Les tentatives de conquêtes militaires ;
2-Les immigrations et infiltrations ;
3 –Les incantations, falsifications mensongères des réalités géographiques, sociohistoriques. Ce 3è est le plus subtil et le plus dangereux car il manipule à la fois les nationaux et les étrangers, leur inoculant des mensonges en longueur de journées, pour les leur faire accepter comme une vérité.
TEMOIGNAGES CONCORDANTS CONTRE CES FALSIFICATIONS.
Point n’est besoin d’aligner ici beaucoup de pages. Les témoignages choisis suffisent à apporter de solides démentis aux dites falsifications, parce que présentés par des documents ou des personnes honnêtes ou de bonne foi.
- En bas : Des cartes géographiques, dont celle du XVIIè s; de 1929, de 1956 et celle du Rwanda ancien, qui localisent clairement les groupes concernés.
- Document dit : “Historique du Territoire des Babembe, période 1650 -1935” (par Administrateur Willemart, 1935) qui indique les différents habitants de l’Itombwe notamment au cours des années 1700. Dérangés par des Barega, quelques-uns s’en retirent et reviennent plusieurs fois. En 1922 l’Administrateur Breuer voulant regrouper quelques clans, les oblige à quitter l’Itombwe, mais l’année après, en 1923 le chef Kisale est investi et réintègre l’Itombwe. Etc…
N.B. Debut 1948, Itombwe passe dans le nouveau Territoire de Mwenga mais avec ses clans et ses chefs traditionnels. Pas de traces de certains Banyamulenge et leurs pseudo-chefferies. N.B. bis : Ce document n’est pas annexé ici parce que très long, mais conservé pour consultation au cas où les falsificateurs vont tenter d’en modifier quelques passages.
- La M.I.B. (Mission d’Immigration des Banyarwanda), (1937-1960) c’était quoi ?, au profit de qui ? Quels étaient les droits et devoirs des Immigrés ? La M.I.B. pouvait-elle déplacer des Congolais ? Et ce, d’une province dans une autre ????
- Témoignages individuels : Belges, allemands, rwandophones, etc., :
1)- S. Exc. Mgr Joseph Busimba, de Goma, (rwandophone) : « Les Rwandais ont tout perdu dans leur pays. Ils ne demandent pas mieux que de pouvoir rester au Congo où ils ont trouvé l’hospitalité de leurs frères congolais » (cf. Rapport de Mission TEUWEN au Kivu, Entretien du 14 juin 1966 avec l’évêque de Goma ;- Kinshasa , 1966, p. 11.-
2)- Le R.P. Albert PAGÈS (au Rwanda 1908-1951, Père Supérieur à Nyundo de
1927-1951) : «… les Princes du Rwanda essayaient, pour des raisons expansionnistes, d’organiser des conquêtes vers leurs voisins du sud-ouest et de l’ouest du Lac Kivu. Malgré les butins retirés par les razzias lors des expéditions, seule l’île d’Idjwi fut conquise, alors qu’ailleurs les monarques rwandais ne retiraient aucun profit pour la Couronne. » ; in Un royaume hamite au centre de l’Afrique ; (IRCB, Bruxelles, 1930, à partir p. 93-174 ; et ARSOM 1933). –
N.B. Certains prétendent que le roi Rwabugiri a pu conquérir quelques autres régions dont une partie du Buhunde. C’est notamment l’avis d’un certain J-P. Rabanel (ce dernier, dit-on, pour soulager sa conscience, face à qui ?). Mais on verra plus bas pourquoi c’était impossible, et que, à la place, c’était des points de stop et/ou campements de son armée, vite reconquis par les armées des Rois du Kivu, tels le Roi Mupfunyi des Bahunde qui avait consigné le gros de son armée dans les hauteurs de Mashaki pour mieux contrattaquer, le moment venu. Le cas spécial de l’occupation temporaire du Bwisha dont le Jomba est expliqué plus bas.
3)- Selon les premiers Missionnaires Pères Blancs, au Kivu et Nord-Katanga (1880):
« Le poste de Mulweba dans le Masanze était fondé !» (N.B. 28 novembre 1880).
« Mulweba (N.B. dans Fizi) fut le premier poste de mission catholique à la frontière est du Congo belge. (….). Une fois installés, ils (les missionnaires) purent s’occuper des habitants. Leurs ouailles appartenaient à deux tribus, -Les Wayovà (Babuyu ?)— population simple, timide — habitaient le bord du lac. Les Wabembe vivaient dans les montagnes. Énergiques et tenaces dans toutes leurs entreprises, ils étaient un peuple redoutable, (…). Mais ils assurèrent les Pères que le jour où ils iraient se fixer dans leurs montagnes, ils seraient salués par tous avec le plus grand enthousiasme.
« Le 30 janvier (1881), écrit le P. Moinet, nous voyons passer en face de Mulweba, deux bateaux pleins d’esclaves armés, commandés par un Arabe d’Ujiji, Mwini Waziri. Ils vont venger la mort d’un de leurs amis, qui s’étant rendu dans l’Ubembe pour son commerce, a été saisi et mangé par les naturels ». Malgré ces événements, les Pères ne craindront (ne craignirent) pas d’aller visiter les Wabembe. Ils n’auront (n’eurent) qu’à se louer de la conduite de ces terribles montagnards à leur égard. » (Etc.-P. Moinet, surnommé BWANA KITANDALA=constructeur en pierres.)
N.B. : Il est dit que les Missionnaires (lesquels étaient installés au bord du Lac) se rendirent aussi dans les zones montagneuses (dont Itombwe, Minembwe..). Apparemment ils n’y rencontrèrent pas une ethnie “dite Banyamulenge” ni leurs ancêtres, encore moins les TROIS CHEFFERIES rwandophones !!!…….
4)- R.P. Gillès de Pélichy (1880-1974), fondateur et Supérieur de la Mission de Bobandana dès 1912 et de l’Ecole de Masisi en 1917) : « Avant l’occupation du pays par les Belges, les Bahundés et les Bahavus se livraient des guerres continuelles. Même une fois le roi du Rwanda fit la guerre au roi des Bahundés, mais fut chassé par le roi Muvunyi (Mupfunyi) dont le nom signifie “vainqueur”. A mon arrivée, celui-ci était fort âgé et impotent » (R.P. Gilles de Pélichy (PB) : Souvenirs, in CNKI 1928-1953, Ed. Cuypers, Bruxelles, 1953, p.115)
5)- Comte Gustav-Adolf von Götzen (Explorateur allemand, qui rencontra au
Rwanda le Mwami Kigeri IV Rwabugiri en mai-juin 1894, et qui au Kivu, découvrit le Lac Kivu (c.-à-d. fut le premier blanc à voir ce lac): Il fut reçu froidement par le Roi Rwabigiri, lequel le fit poursuivre par ses agents. L’allemand n’eut la paix et le salut qu’en franchissant la frontière rwando-congolaise par la région du Kivu. D’où il admira et escalada le volcan actif KIRUNGA TSHIA GONGO (Kirunga kya Ongo) que des nouveauxvenus vont appeler plus tard Nyiragongo. Le 8 juin (1894) il vit le lac Kivu….. ; puis un voyage pour Sake, puis dans le Buhunde longeant la rivière Oso jusque-là présentée comme étant le Lac Oso (cf Maurice Willaert : Kivu redécouvert, Ed. Max Arnold, Bruxelles 1973, p. 12-13)
6)- Président rwandais Pasteur Bizimungu en personne, dans discours du
| « ..le Rwanda… jusqu’aux frontières du BUHUNDE et nous |
10/10/1996 à Cyangugu : vivions en bonne intelligence sans problème avec les Bahunde… ».
N.B. Comparer avec les cartes, spécialement du Rwanda ancien, par l’Historien Emile Mworoha . Aucune présence de Chefferies rwandaises au Kivu voisin.
7)- Maurice Willaert (ancien administrateur de Kabare, puis au Katanga, puis
Commissaire administratif au Rwanda-Urundi, puis dernier Gouverneur belge du KivuManiema) affirme clairement que certaines régions du Kivu furent longtemps réquisitionnées par le Rwanda : « ..la région-province shi du Kinyaga qui avait des provinces et des gouverneurs dans ce qui deviendra le Rwanda actuel : la province shi du Kinyaga avec le Prince Ndagano jusqu’après 1920, qu’il qualifie de “refuges de montagne ayant subsisté jusque 1926″ (Willaert, op. cit. p.101)
8)- Dr Richard KANDT, explorateur et fonctionnaire allemand visitant les réalités rwando-congolaises :
Le Dr Richard KANDT visitant les régions du Kivu, privilégiait la rencontre avec les pouvoirs (chefs) locaux. Et voici qui il rencontra : Arrivé dans le Masisi, il trouva et rencontra, en février 1899 le Mwami (Roi muhunde) MUPFUNYI à Bweremana, le chef LUHUNGA dans le Kamuronza (Bwambali) et le Mwami des rives des lacs Mukoto dans le KISHALI (Mwami MUKOTO, †1909), puis le Mushali puis le Bwito.
Aucun écho d’une autre chefferie ni autre chef, sinon il serait parti le voir, car pour lui il était important de fournir à ses chefs allemands tous les renseignements possibles.
V. IL N’Y A JAMAIS EXISTE AU KIVU UN “GISHARI” PRECOLONIAL
Comment rappeler qu’il n’a jamais existé un GISHARI précolonial au Kivu ? Prenons le constat des Belges à leur arrivée et au début de la colonisation du Kivu. Les BELGES à leur arrivée trouvèrent dans le BUHUNDE (Masisi) les chefferies ci-après
(cf Tableau et Listes ci-dessous, en encadré) :
Toutes ces chefferies furent reconnues et leurs chefs confirmés à leur poste. Ceci conformément aux Décrets les concernant, dont quelques- uns cités plus bas :
–Décret du 06/10/1891, art 5 : « Les chefs traditionnels exercent leur autorité conformément aux us et coutumes pourvu qu’ils ne soient pas contraires à l’ordre public, et conformément aux lois de l’Etat. »
- Plusieurs Arrêtés et P.V. de reconnaissance ou de confirmation de ces différentes chefferies du Masisi. Aucune suppression.
- Décision OA-6-10 du 6 septembre 1919 commentée plus bas.
- ARRETÉ 26 du 23/5/1930 ne faisant qu’unifier toutes les chefferies de Masisi (donc Hunde), sans les supprimer.
ARRETÉ 5 du 31/3/1931 qui suit la logique de l’Arrêté 26 et supprime les petites entités non réglées par le dit Arrêté 26.
Les grands changements commencèrent seulement en 1919 (DECISION OA.6.10 du 6 septembre 1919 décrétant modification des limites des Territoires et/ou des Chefferies, mais pas leur suppression.
Un long travail d’unification progressive des Chefferies du Buhunde dura de 1919 à 1931 plaçant toutes ces entités sous la direction du Mwami André Kalinda.
Il faut noter spécialement que c’est de la chefferie Washali-Kaembe qu’on découpa le terrain qui recevra le nom de ‘’GISHARI’’ou même ‘’Chefferie GISHARI’’ entre 1937-
1957 (voir plus haut).
Liste des chefferies rencontrées par les Belges dans le BUHUNDE (futur Masisi) fin XIXè – début XX è s., et reconnues toutes.
| BUHUNDE OUEST Région ouest : Chefferie Bunyungu, gérée par la lignée Mupfunyi – les Kalinda Plus tard noyau de la Grande Chefferie Bahunde, sous les Kalinda – Chefferie Buabo : lignée Mulewa –→ Alphonse Mushesha Chefferie Biyiri : lignée Yuma Mungo, dit Yuma Biyiri. Chefferie NYAMABOKO région Mwima : lignée Mulengetsi (même en 1912) -→ Alphonse Kiana Chefferie Banyungu : lignée Tabaro (famille du chef de guerre le patriote Ngyko {† 1912})- reine Nakisimolo, régente dès 1919 – Albert Banyungu. BUHUNDE EST et CENTRE-EST (WASHALI et BAPFUNA) : Chefferie Washali-Mukoto, gérée par la lignée Mulisi – Nyanguba-Mukoto – veuve et Reine Namulisi -..…. →Bashali… Plus tard noyau Grande Chefferie WASHALI ; mwami Bashali M. N. – Chefferie Washali-Kaembe, gérée par la lignée Indwe-Mulisi-Kaembe. Petro Bulenda – Bahati Kaembe Mapfumo – Bahati Kaembe Indwe IV. Chefferie Bapfuna (à Kishongya, au nord de Masisi) , lignée Pfuna Mapfumo – les Lupfuno -Kitobolo (chef dès 1913)- Byakunda – les Bakungu (Alphonse ; Michel ; Diego ; David.). Chefferie Kamuronza, dite Bwambali, lignée Kyambali-Bikali-Luhunga- →Bauma Primo. (Voir plus bas, note spéciale pour ce Kamuronza). Secteur Watembo/Ufamando (à cheval sur Masisi –Walikale-Kalehe) -Chefferie Misati -Chefferie Mulewa -Chefferie Walowa-Loanda LE UFAMANDO comptera une longue lignée ininterrompue de 22 Chefs, du moins jusqu’en 1992, date de réception de l’information.. |
Source : J-B Murairi M. K. : Les Bahunde aux pieds des Volcans Virunga (RD-Congo), Ed. L’Harmattan, Paris 2005, p. 73 et sv, et p.137 et sv.
Cas particulier de la chefferie KAMURONZA
En réponse à ceux qui ont prétendu que le KAMURONZA avait appartenu au Rwanda, en lui collant même le nom KAMURONSI, voici la présentation qu’en ont fait les premiers administrateurs belges de Kitopfu (Buhunde Masisi) : « Un dernier groupe conduit par Tshambali (Kyambali) Mishata descendit par la région sud des lacs Mokoto vers le Kivu et s’installa au Kamuronza: clan Bambali ; ce groupe important s’étale dans toute la plaine du Bukumu et du Bugoye, actuellement Rutshuru et Rwanda. Il faut observer qu’avant les éruptions, cette plaine formait une entité. Le Père Pagès des Révérends Pères Blancs m’a confirmé la thèse que le fonds des populations du Bugoye est originaire du Kishali. Pour les gens du Bukumu, aucun doute n’est possible ». (Registres des renseignements politiques de Masisi, 1930).
Commentaires :
1/ Le nom Kamuronza est le seul connu. Le nom Kamuronsi est inconnu ici ; même le Père Pagès du Rwanda connaissait ce nom Kamuronza.
-2/ Les habitants du Kamuronza sont non seulement traditionnellement Bahunde, mais ils sont venus de Kishali et sont du clan Bambali.
-3/ Ce sont eux qui peuplèrent le BUGOYE du Rwanda actuel. Donc le Buhunde, le Kivu et le Congo y ont perdu un territoire et pas l’inverse.
CAS DE LA Chefferie BUKUMU à Munighi
Initialement partie du Territoire de Rutshuru jusqu’à la création du Territoire de
Goma/Nyiragongo, cette chefferie appartient ethniquement et culturellement à celles du Masisi, du Bwito et du nord-est Walikale. Malgré son nom “Bukumu”, ses habitants originaux ne sont pas Bakumu mais Bahunde purs. Les 13 clans (voir tableau en bas) qui la composent sont tous hunde. Sa proximité avec le Rwanda explique la forte immigration des originaires du Rwanda et leur peuplement bientôt majoritaire.
Le fondateur de la lignée de ses chefs était le mwami KAHEMBE. Le prétendu expert M. Rwasamanzi s’est cru autorisé à ironiser sur les origines de Kahembe, en le traitant de simple chasseur d’éléphant poursuivant son animal depuis Walikale. Preuve indiscutable que c’est “cet expert” qui n’est pas de la région, car comment peut-on poursuivre un éléphant sur quelque 200/250 Km, quand ces mêmes animaux sont très abondants sur le même trajet. S’il est vrai que Kahembe a d’abord séjourné dans une partie proche de Pinga (Walikale), on estime qu’il était plutôt originaire de Bwito ou d’une partie de
Masisi. Ceci pour deux raisons : la pointe occidentale du Bwito est proche de Pinga, et habitée par les gens du clan Bahembe (voyez Kahembe) ; et puis on sait que Kahembe séjourna d’abord à Bukombo dans le Bwito avant de poursuivre son itinéraire jusque Kibati au-dessus de Goma. Par ailleurs plusieurs autres habitants du Munighi étaient du clan de Shamumbo, du Bwito. Enfin l’autre indice, vu du côté de Masisi cette fois est le nom BAKUNGU porté comme nom de règne de certains de ses successeurs. C’est le cas du Mwami Bakungu Bigharuka Kahembe (assassiné, octobre 1995) et l’actuel : Mwami Bakungu Lebon.
- SITUATION DANS LE RUTSHURU
- Chefferie BWITO dans Ouest-et-Nord-ouest de Rutshuru : Autorité traditionnelle hunde, de la lignée des Mualihya, Nyamulâa, Kikandi, etc puis Kamoli, Hangi Bukavu Nyamulâa († 1981) → Kalekene Bukavu Kikandi II- en alternance avec son frère Chef Désiré Kamoli Shekera-Beti († assassiné en 2015) .
La chefferie Bwito compte sept groupements dont cas spécial de Mushali , ci-après :
- Chefferie Mushali : initialement chefferie autonome intégrée dans Kitopfu (Buhunde Masisi). En contrepartie du détachement de Kisimba et Ikobo, de Luofu pour Kitopfu en 1919, le Mushali a été détaché en 1920 de Kitopfu, et rattaché, comme groupement, au reste du Bwito, et dans le Territoire de Rutshuru. Lignée chefs MUKULE – Maanulwa – Mabuanano, chef Mwinda. Le dernier chef traditionnel Etienne Kivu Mabuanano, assassiné le 07/01/2017. Régence de sa veuve.
- – CHEFFERIE HUNDE INITIALE dans le Rutshuru central, gérée peut-être par la lignée Mwami BIKAMIRO. Disparue (définitivement ?) en 1920 avec la relégation et mort de son chef le Mwami BIKAMIRO.
- Situation peu maîtrisée par moi. Je sais seulement que ses descendants vivaient en clandestinité, sauf un Mr KADOGO HAMISI BIKAMIRO, qui gère un groupement et a un N° matricule de l’Etat. N°AM-N°89-490.
Il y a une question logique qui aboutit à BIKAMIRO Mwami Hunde : En nommant en 1922 le Chef Ndeze (voir plus bas), on le mettait en remplacement de qui ? Certainement pas d’un Chef rwandophone puisqu’il est dit (plus bas) que les Belges décidèrent de ne pas y nommer un Tutsi comme au Rwanda. Or un chef venait d’être sanctionné 2 ans plus tôt. Donc c’était celui-là le prédécesseur de Ndeze. Son nom : BIKAMIRO, chef hunde.
Deux grands clans hunde les Bakoma et les Bashenge y sont toujours.
►Important aussi : Le premier officier belge à Rutshuru, le capitaine Daelman, avait reçu, dès 1902, une mission spéciale : assurer la défense de la frontière Est de l’E.I.C. (donc contre les Allemands, les Anglais et autres Rwandais)
(N.B. : Il faudrait consulter sur place chez-vous, des personnes compétentes.)
CHEFFERIE BWISHA : se renseigner sur place pour complément utile :
Le cas de Ndeze Daniel est bien connu. Le Pouvoir colonial, s’étant débarrassé de l’Autorité coutumière hunde (relégation du Mwamai Bikamiro en 1920), n’avait pas besoin d’aller chercher un individu emprisonné en Ituri (sic disait du chef Ndeze, M. Rwasamanzi). Le Pouvoir belge l’appréciait :” homme exceptionnel”, écrit l’ancien gouverneur Willaert (id. p.100). Ils l’investirent en 1922 (fait confirmé par l’ancien gouverneur Willaert, professeur Jean-Cl. Willame, et Léonard Kambere).
On va même lui confier la gestion de la Chefferie BWITO (annexée de 1931-1967) suite à la relégation à Costermansville (Bukavu) du Mwami (hunde) KAMOLI (qui va y mourir ; papa du futur Mwami Hangi Bukavu.) et l’annexion du dit BWITO au Bwisha. Il va en profiter pour y acquérir et exploiter le vaste pâturage de Bulindi (5.624 Ha !!!).
PEUPLEMENT PRECOLONIAL DU SUD-RUTSHURU et ses groupements.
A force de marteler des mensonges, des manipulateurs ont fini par faire croire y compris à des Congolais, que le Rutshuru faisait partie du Royaume du Rwanda. Il n’en a pas toujours été ainsi. Un seul Roi du Rwanda (Rwabugiri règne 1865-1895) l’a occupé et l’a fait administrer par des chefs NON TRADITIONNELS. L’ancien Vice-gouverneur général A. Moeller et TROIS auteurs rwandophones en parlent :
1.1. A. Moeller : Pour la partie sud, soit le Bwisha, Moeller affirme:
« Les Banya-Ruanda ne sont cependant pas, vraisemblablement, les premiers occupants de la région qui nous intéresse. Nous trouvons en effet dans celle-ci, au sud du territoire de Rutshuru (c’est-à-dire au pied des volcans éteints), un fond de population d’origine Bahunde venu des Mitumba (chaîne occidentale du Graben), à travers la plaine de lave et les plaines sablonneuses de la Rwindi et de la Rutshuru. » . Ces Bahunde sont dénommés parfois par les Européens ‘’Babwito’’, appellation dérivée improprement de Bwito, la région montagneuse ainsi décrite.» (In Les grandes lignes des migrations des Bantous de la Province Orientale du Congo Belge’, IRCB/Bruxelles, Vol. VI, 1936, p. 112).
1.2. POINT IMPORTANT : Témoignage ou aveux de 3 auteurs rwandophones :
►Patient Kanyamachumbi (tutsi, prêtre, défenseur acharné de l’identité zaïroise des
Rwandophones) (livre: P. Kanyamachumbi (abbé, Mgr): ‘Les populations du Kivu et la Loi sur la Nationalité’, Ed. Sélect, 1993.): Il écrit entre autres : « Avant et après le Roi rwandais Kigeri IV Rwabugiri, les autres rois du Rwanda n’administraient pas cette entité (le Bwisha) , et leur autorité ne s’y exerçait pas » (p.34) (Or, ce roi qui a régné de 1865 à 1895 et qui a passé son temps à unifier les morceaux du futur Rwanda, n’a pu se tourner vers la partie congolaise que vers la fin de son règne). « Les quatre chefs Nshizirungu, Kabango, Ntamuhanga et Lulenga, des quatre provinces (groupements) : Jomba, Busanza, Rugari et Gisigari formant le Bwisha (installés par ce Roi) n’étaient pas traditionnels » (pp 37 et 117). Ce sont là des affirmations capitales.
N.B. On en voudra cependant à cet abbé Kanyamachumbi d’avoir
“rwandaïsé” le nom de la reine hunde NAMULISI en le transformant en
NYIRAMURISI. Ce faisant, il contribuait à l’imposture de la modification/falsification systématique des noms des lieux, et donc de l’identité réelle du BUHUNDE (MASISI). Ce qui est très lourd de conséquence sur le sort et l’avenir de cette région et de ses habitants. D’où les nouveaux noms : Birambizo (Bilambitso), Gibarizo (Kibatshiro = lieu où l’on taille les pirogues) Gatovu, Gitovu, Gihondo, Kabizo, Nyiragpngo, etc…..
►Abbé Gaspard Kajiga (Hutu, grand intellectuel) : « Bien souvent entre les Immigrés Banyarwanda et les autochtones Bahunde, il y a eu des contestations au sujet des terres dans certaines régions telles que le Gisigari et le Rugari au Bwisha. Ces derniers (les Bahunde) se virent dépouillés des riches propriétés, parfois legs de toute une ignée ancestrale. » (Kajiga Gaspard : Cette immigration séculaire des Rwandais au Congo ; in C.E.P.S.I. n° 32, Elisabethville, 1956, p.57.
►Semadwinga Ntare (Tutsi) : « Le Gisigari au centre et le Bukumu (NB Au-dessus de Goma) au sud ont reçu les premiers immigrants venus du Rwanda. En ce temps-là, les Bahunde, après avoir évincé les pygmées (premiers occupants), formaient la population autochtone (…) Les Banyarwanda ne sont pas les premiers occupants de cette région (le Bwisha). Les familles Hunde s’y seraient établies les premières, après avoir traversé la plaine de lave de Nyamulagira ou les plaines sablonneuses de la Rwindi et de la Rutshuru ou encore la région volcanique du Kamuronza, en direction du Bukumu. Certains Bahunde, tels que les Bakumu, furent rapidement assimilés, d’autres se retirèrent après avoir perdu leurs terres (…) (Ceux qui ont été assimilés) usent de leur langue kihunde dans leurs relations intragroupes uniquement. Dans leur conversation avec des groupes étrangers, ils parlent un kinyarwanda apparenté à celui du Bugoyi voisin (à population de même origine hunde), tout en mettant un point d’honneur à faire ressortir leur origine hunde. » (Semadwinga Ntare: ‘La dynamique de l’expansion du Rwanda … au Nord Kivu’, Mémoire de Licence, Lovanium, 1970, pp. 55-56.)
Résumé cas de Rutshuru :
_ Premiers occupants bantous : Bahunde cf Moeller.
- Nom du lieu Rutshuru = Buhindangoma (= lieu où résonne le tambour royal).
- Le nom Rutshuru est une déformation de l’ancien nom LUTSHURO, nom annoncé, à distance, en 1860, aux tout premiers explorateurs européens Grant et John Speke (celui-ci “découvreur blanc” du lac Nalubale ou Nyanza-Ukerewe, dit lac Victoria, en 1858). etc.
DEUX CHAPITRES GLORIEUX DU CONGO FACE A SES VOISINS
I. ROI NSIBULA DES BAHAVU : HEROS NATIONAL CONGOLAIS PRECOLONIAL IGNORÉ .
Le Kivu n’a pas toujours fait l’objet des exercices militaires du pays d’en face. L’un de ses grands chefs guerriers avait corrigé certains aventuriers. C’était le Roi NSIBULA des Bahavu au XVè siècle. Fondateur de la Dynastie BASIBULA des Bahavu, il est surtout connu pour avoir organisé et conduit la guerre de représailles contre les envahisseurs rwandais : En 1460 il reconquit toutes les rives orientales du lac Kivu, alla ravir l’emblème royal (le tambour royal) et tua le Roi rwandais.. Et occupa le Rwanda durant 11 (ONZE) ans. Cet exploit ignoré par plusieurs Congolais est raconté par 3 trois sources indépendantes dont une du Kivu et 2 du Rwanda : 1. Mugaruka bin-Mubibi chercheur CERDAC Lubumbashi et Mme Rubwindi Obwinja Bube Bibliothécaire à l’ISP Bukavu,
1985) et 2. Côté rwandais/burundais : Innocent NSENGIMANA, Dr Phil, ainsi que source Abbé Alexis Kagame, Dr Philosophie, Historien, ethnologue etc. († 1981 à Nairobi).
II. BATAILLE VICTORIEUSE DE CIRHOGOLE (PRES DE BUKAVU) EN 1895.
Connu au Rwanda comme étant la débâcle de KIDOGORO (selon Alexis Kagame) ce lieu dit CIRHOGOLE, à +/- 30 km au nord de Bukavu, fut le champ de bataille qui opposa, en 1895, les “phalanges” bashi aux armées du Roi Kigeri IV Rwabugiri. Ce dernier, touché par une flèche empoisonnée (d’autres disent qu’il fut empoisonné durant sa retraite), il rendit l’âme sur la pirogue qui le ramenait chez-lui au Rwanda. Episode confirmé par des chercheurs bashi et par tant d’autres dont l’ancien gouverneur Maurice Willaert, dernier gouverneur belge au Kivu-Maniema (son livre, cité plus haut, p.95).
SITE PREHISTORIQUE D’ISHANGO, CONVOITÉ et A PROTEGER.
Dans les plaines de ia Rutshuru et de la Rwindi, Site préhistorique de Katanda , au Bwito (-90.000 ans av. J-C, dite Civilisation de Katanda, parce que fabricants de harpons en os ; contemporains de l’Homme de Néandertal).
– Et, en face (côté Beni), au déversoir du lac Edouard dans la Semliki, Site de
Ishango (22.000 à 20.000 ans av. J-C.) , avec la Calculette d’Ishango (conservée au Musée des Sciences à Bruxelles), choisie comme symbole des Sciences en Belgique francophone.
Son importance est qu’il est considéré par certains comme le berceau supposé des Mathématiques de l’Humanité, véritable patrimoine congolais à connaître et à protéger jalousement. Attention, il serait visé par certains voisins pourtant pas très très proches.
►LES REGRETS DES BELGES POUR L’AFFAIRE GISHARI CONCLUSION DE L’ ARNAQUE DE LA CHEFFERIE GISHARI ◄
(Suite et complément au récit du début (p. 2):
CONSEQUENCES ET CONCLUSIONS :
1).- L’Adminsistration coloniale se répentira d’avoir commis une telle erreur à ne jamais répéter. Le Gouverneur du Kivu M Liesnard le réaffirmera par écrit : « La création de la chefferie Gishari a été une erreur politique. Nous ne devons pas répéter l’erreur politique commise au Gishari. Les Banyarwanda viendront avec leurs notables, mais ils devront dépendre politiquement des Autorités indigènes du Congo Belge. Nous ne pouvons pas spolier les Autochtones de leurs terres, et nous devons tenir compte des droits des Chefs du Congo Belge (…) Quant à moi, mon attitude était dictée par le souci d’éviter de reproduire l’erreur faite à l’occasion du peuplement du Gishari, en mettant à la tête d’une chefferie indépendante un chef Munyarwanda, qui peut se voir sous l’obédience politique des Autorités indigènes du Rwanda. » (PV réunion 4/01/01950 et autres docs 11/3/1953 etc.)
2). Et les Services des renseignements de la Province du KIVU s’étaient indignés en termes durs et même plus directe et plus radicaux.
« L’objectif (de la création du Gishari) était l’expansion rwandaise, et de ce fait, une source d’intrigues entre les uns et les autres (…) Il est utile d’insister sur le danger des intrigues dans le Gishari. Actuellement (en 1958) les anciens sous-chefs de Buchanayandi mènent une propagande sournoise contre l’autorité des Bahunde, tandis que d’autres Banyarwanda contactent directement le Mwami du Rwanda afin qu’il soutienne les revendications rwandaises sur le Gishari (…) Si les immigrations des Banyarwanda ont contribué à l’évolution agricole du territoire (de Masisi), on est en droit de se demander si ce (maigre) avantage économique contrebalance les ennuis politiques causés par la présence de ces non-Congolais (sic). Il est à craindre que cette réalité ira, un jour, à l’encontre des instructions qui prévoient que les Banyarwanda doivent être considérés à titre individuel et s’intégrer sous l’autorité des Chefs locaux. » (S. prov.Ki 1958, p. 5).
3). Pour sa part l’ancien gouverneur Maurice Willaert la résume ainsi : « Le Kivu mit à la disposition (..) 33.000 Ha (34.910 Ha) au Gishari au nord-ouest du lac Kivu en territoire de Masisi. Des agriculteurs s’y fixèrent et virent que la terre était bonne (…). Mais la double appartenance de ces foyers d’immigrants fit naître, dès l’origine, un malentendu plein de menace (…) Il est clair que le Gishari ne pouvait prétendre absorber le trop-plein du Rwanda. Il est clair aussi que les terres du Kivu auraient dû plutôt être réservées à ses besoins propres.» (Willaert, pp 160-161)-.
CARTE IMPORTANTE : PRECOLONIAUX VERS XVI-XVII Siècles :
Source : H. Deschamps : Histoire de l’Afrique, t. I, PUF 1970, p. 55.
► Les points et les flèches indiquent la localisation des dits peuples.
«…Une série de populations qui habitent dans l’Est du Congo, les montagnes déboisées du Kivu, tels les Swaga, les Hunde, les Havu et les Shi, ou la forêt voisine comme les Lega et Nyanga ; aussi des groupes ethniques de l’autre côté du fossé des Grands Lacs comme les Hutu du Rouanda et du Bouroundi. » p. 70
| Carte : RWANDA ANCIEN, selon Emile Mworoha, Dr Histoire, thèse, p. 33 | , |
| Remarquer 2 des Royaumes d’en face (Buhunde et Bushi) reconnus par eux |
.
Source : L’historien burundais Emile Mworoha : Peuples et Rois de l’Afrique des Lacs, Thèse de Doctorat en Histoire, Ed. N.E.A. Dakar-Abidjan, 1977, p. 33
ROYAUME DU RWANDA TRADITIONNEL et ses voisins respectés, dont les Royaumes du BUSHI et du BUHUNDE à l’ouest du lac Kivu (voir noms sur la carte).
CONGO 1929 : y voir l’immense Territoire du Buhunde (juste au-dessus du mot KIVU)
CONGO BELGE ET VOISINS (EST) 1956
TROIS ANNEXES, (les 2 derniers non repris pcq déjà lourd.)
- Peuples du Territoire de Fizi dont ITOMBWE/MINEMBWE TRADITIONNEL :
Rapport des Missionnaires Pères Blancs après leur arrivée le 25 novembre 1880.
- AVIS AUX REFUGIES RWANDAIS, dans les camps de Lemera, Mulenge,
Katobo : en français et en kinyarwanda (1961).
III REVENDICATION DES RESSORTISSANTS RWANDAIS du 20 juin 1981 exigeant un referendum de détachement de 6 Territoires du Kivu (Goma, Masisi, Rutshuru, Walikale, Kalehe et Idjwi. Les signataires : « Pour les populations originaires du Rwanda au Zaïre » : Ugirashebuja S. ; Gahima P. ; Gitera A. ; Nkorota JB ; Cymenyi N.-
Charleroi 18 mai 2020
Par Jean-B. Murairi M.K. Ambassadeur honoraire.
Commentaires