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Le lundi 29 mars, le palais du Peuple, à Kinshasa, était pris d’assaut par des dizaines des jeunes qui exposaient des photos, parfois insoutenables, d’enfants,de femmes et des hommes, découpés à la machette, à la hache, où encore,éventrés, tous les intestins dehors.
Les kinois,peu coutumiers d’assister à un spectacle aussi poignant que macabre, prenaient, pourtant des photos et des vidéos avec leurs portables, posant aux jeunes manifestants mille et une questions sur la situation sécuritaire à l’Est du pays,et particulièrement sur Beni.
»je suis Beni, »pouvait-on lire sur des affiches portées par ces jeunes.
Cependant, une délégation de cette jeunesse a été admise à l’intérieur de l’hémicycle, où régnait une chaude ambiance inhabituelle, avec la détermination des élus du Nord-Kivu de présenter leur motion.
C’est sur ces entrefaites, dans la chaleur des échanges avec les élus du Nord-Kivu, qui l’ont assailli sur le podium, que le président de l’Assemblée nationale, Mboso N’Kodia, lâchera sa phrase assassine : »Vous les collègues du Grand-Kivu,quittez les groupes armés ». Cette phrase,embrasa littéralement les réseaux sociaux, rendant l’atmosphère électrique dans la salle.
Regroupés autour du président du caucus, Mwanza Hamissi Singoma, les députés du Nord-Kivu laissèrent celui-ci, lire leur motion d’information, par rapport à cette épineuse question des groupes armés à l’Est de la République démocratique du Congo.
Avant la lecture de cette motion, l’assistance fut, sans aucun doute, impressionnée par l’esprit de corps qui se dégageait de tous ces députés du Nord-Kivu, ainsi resserrés autour de leur président qui commença par une mise au point sur la déclaration du président de l’Assemblée nationale pour exprimer leur indignation sur la complicité des députés du Grand-Kivu et de l’Ituri avec les groupes armés.
Le président du caucus des députés nationaux du Nord-Kivu, Mwanza Hamissi Singoma, commença par expliquer que les élus de l’Est, n’étaient impliqués,ni de près ni de loin,avec ces groupes armés. Au contraire, renchérira-t-il, des véritables campagnes furent entreprises par ces députés, afin de persuader ces groupes armés à la reddition.
Ainsi, dans le Masisi, par exemple, les éléments des groupes armés,après avoir abandonné leurs positions, ils furent regroupés à Mubanbiro, à Beni, ils le furent à Kalunkuta, et à Bunia, dans les environs de cette ville.
Malheureusement, à cause des déficiences de l’encadrement,ils ont préféré regagnèr leurs anciens groupes armés.
S’agissant particulièrement du Nord-Kivu,il a révélé la complicité de certains officiers affairistes qui se livrent au trafic d’armes,au détournement des fonds et à la trahison.
Donnant des détails hallucinants sur les massacres,il avance le chiffre de 250 morts en un seul trimestre cette année, morts attroces avec des corps découpés à la machette, à la hache ou avec d’autres armes blanches. Il a également révélé que 350 villages sont dévastés par la destruction et les incendies criminels.
Poursuivant la lecture de la motion, le président du caucus des députés nationaux du Nord-Kivu, a tenu à souligner que Beni ploie sous le terrorisme, Masisi. Lubero et Walikale sont écumés par des groupes armés, Rutshuru, Nyiragongo et Goma infestés par des assassinats ciblés.
Aussi, les élus du Nord-Kivu ont fait des recommandations pour l’éradication des groupes armés,locaux et étrangers. Ils proposent que l’Assemblée nationale inscrive,en priorité, cette question de sécurité à la session de mars 2021,ils demandent un audit de l’armée pour l’ensemble du Nord-Kivu sur les fonds décaissés par le gouvernement central, ils demandent aussi l’ouverture de tous les procès en flagrance concernant le trafic d’armes,de munitions et autres équipements militaires, enfin, ils demandent l’accélération des programmes de démobilisation et de réinsertion des éléments repentis des groupes armés.
Pascal Hamici
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