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Revenu, il y a quelques semaines, d’une longue tournée de sensibilisation de ses administrés, des villes de Beni et de Butembo, ainsi que des territoires de Beni et de Lubero, à se désolidariser des groupes armés,locaux et étrangers, avec en appui une importante assistance, en vivres et non vivres, aux déplacés et aux blessés de guerre, militaires et civils, le gouverneur de province, Carly Nzanzu Kasivita, doit être très attristé et choqué, par la poursuite du massacre et les affrontements qui provoquent les déplacements d’une population qui ne sait plus à quel saint se vouer pour sa sécurisation.
Pourtant, après l’audience que lui avait accordé récemment à Kinshasa, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’espoir était permis de l’aider à renforcer les opérations militaires des Forces armées de la République Démocratique du Congo, FARDC, pour réduire considérablement, non seulement la forte capacité de nuisance des groupes armés,locaux et étrangers, mais aussi, de parvenir à mettre hors d’état de nuire leurs complices. Malheureusement, rien n’a changé dans cette contrée malgré les communiqués fortement médiatisés par l’état-major des opérations Sokola 1, sur la reprise des localités jadis sous contrôle des ADF/Nalu.
Avec l’impressionnante saisie d’une grande quantité de munitions opérée par les services de sécurité dans une maison à Beni, grâce à la révolte de quelques soldats dont le refus de cautionner les pratiques mafieuses de leurs commandants permet aujourd’hui de confirmer l’affairisme de nombreux officiers dans l’armée gouvernementale, la population s’attendait à l’ouverture d’un procès en flagrance comme il en a été le cas après la mort violente du regretté et vaillant général à titre posthume, Mamadou Ndala. Cela démontre clairement que la haute hiérarchie des fardc ne pouvaient jamais accepter l’ouverture de ce procès à Beni pour ne pas faire démanteler le puissant réseau du trafic d’armes et de munitions,voire les tenues militaires, entretenu par certains généraux et leurs subalternes, depuis une vingtaine d’années pour pérenniser les groupes armés devenus leur business.
Plus que jamais, le gouverneur Carly Nzanzu Kasivita a intérêt de ne plus se contenter des promesses du Chef de l’État, en choisissant de faire limiter les dégâts avec l’exigence aux autorités de Kinshasa de faire partir impérativement et urgemment du Nord-Kivu, tous les officiers militaires, supérieurs et leurs subalternes, ainsi que le déploiement d’autres soldats, en nombre suffisant, et leur dotation en véhicules, sans oublier les moyens de communication performants et les tentes.
L’insécurité récurrente ayant déjà causée la mort de milliers de personnes innocentes au Nord-Kivu, l’heure n’est plus aux promesses jamais tenues depuis le prédécesseur du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il est plus que temps pour les autorités provinciales d’arrêter les dispositions plus efficaces pour mettre fin au massacre qui serait en grande partie l’œuvre des éléments incontrôlés de l’armée gouvernementale. Ne pas s’en préoccuper risque de compromettre la poursuite du mandat d’un gouverneur trompé drôlement, voire sacrifié par sa hiérarchie.
Raphaël Kiwongi Matondo
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