Alors que le porte-parole des Forces Armées de la République Démocratique du Congo,FARDC,ne cessait de parler du terrorisme et des islamistes tout au long de 2019,il ne s’est pas gêné d’appuyer l’alerte sur la balkanisation lancée par le cardinal Fridolin Ambongo,avant,pendant et après son séjour à Beni et Butembo. Ce qui a relancé drôlement le débat sur la persistance des groupes armés,locaux et étrangers,dans les deux Kivu voire en Ituri. Cependant,faire semblant d’ignorer le rôle joué par les officiers affairistes pour perpétuer leur business sur le sang de l’innocente population du Kivu ne sera pas sans conséquence.
Nul n’ignore la promesse de certains candidats à la présidentielle de décembre 2018 de s’installer à Goma après leur victoire pour provoquer la neutralisation des groupes armés,locaux et étrangers. Bientôt 16 mois sans la concrétisation de cette promesse par le successeur de Joseph Kabila Kabange. Pourtant,après sa visite de quelques heures à Beni en décembre 2019, il avait non seulement promis de mourir pour la paix dans cette région martyre, mais également d’y fêter le nouvel an après la neutralisation des ADF-Nalu et d’autres groupes armés. N’étant pas parvenu à démanteler les groupes armés,le président Félix-AntoineTshisekedi Tshisekedi Tshilombo n’est plus revenu à Beni pour fêter Noël et le nouvel an. Même le chef d’état-major général des FARDC et les officiers supérieurs de son staff du quartier général avancé, installé dans un hôtel de Beni,n’ont pas préféré passer le réveillon du nouvel an loin de leurs familles. C’est ce qui expliquerait leur absence à Beni pendant la période des festivités de Noël et de nouvel an.
Il faut être très distrait pour ne pas déplorer le manque criant d’une volonté politique pouvant faire démanteler les groupes armés qui ne font aucune résistance à la puissance de feu de nos vaillants soldats de l’armée gouvernementale,mais,il y aurait une préférence inavouée de profiter d’une crise sécuritaire aggravée du jour au jour par les commerçants du sang versé par les paisibles citoyens d’un pays dont les éléments de l’armée gouvernementale sont confrontés aux difficultés de toutes sortes. Ce qui justifie la forte baisse de la popularité du Chef de l’État à l’Est de son immense pays.
Où sont les lieux d’implantation des sujets rwandais et ougandais dans la région de Beni et de l’Ituri pour justifier les intentions cachées de la communauté internationale de planifier la balkanisation de la République Démocratique du Congo comme l’ont dit et répété, à maintes reprises, le cardinal Fridolin Ambongo et le général porte-parole des FARDC ? Comment se fera cette balkanisation ? Est-ce par la création d’un nouvel État ou par l’annexion d’une partie de la République Démocratique du Congo au Rwanda où à l’Ouganda ? Si c’est l’annexion à ces deux pays voisins,qui peut en prévoir les conséquences fâcheuses ? Quelle est la communauté du Nord-Kivu et du Sud-Kivu voire de l’Ituri qui acceptera cette hypothèse ? Même les communautés d’autres provinces de la République Démocratique du Congo ne vont pas rester sans réaction sur la concrétisation de ce projet qui ne date pas d’aujourd’hui.
Il est utile de ne pas négliger de bien réfléchir sur ce rêve d’un nombre impressionnant des congolais de l’Est fustigé par l’évêque du diocèse de Bunia il y a quelques jours lors dans son homélie fortement médiatisée.
Ne pas chercher à affaiblir les officiers affairistes, en les renvoyant de l’armée ou en les mettant en retraite, n’est pas à l’avantage du garant de la nation même s’il est vrai que la course à l’enrichissement empêche les dirigeants congolais de prendre les meilleures décisions de leur vie pour sécuriser leurs compatriotes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ainsi que de l’Ituri.
Raphaël Kiwongi Matondo
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