Dans un contexte sécuritaire tendu qui continue de meurtrir l’Est de la République Démocratique du Congo, une accusation de taille a été portée contre l’exécutif national. Abdallah Pene Mbaka, député national élu du territoire de Mambasa, situé dans la province de l’Ituri, a publiquement affirmé que le Gouvernement ne déploie pas les moyens nécessaires pour combattre efficacement les rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF).
Selon l’élu, cette carence s’expliquerait par le fait que les actions des ADF ne menaceraient pas directement le pouvoir en place à Kinshasa, une déclaration qui soulève de vives interrogations sur la stratégie nationale de sécurité.
Ces propos percutants ont été tenus par l’ancien gouverneur de l’Ituri lors de son passage dans l’émission « Dialogue entre Congolais » sur les ondes de Radio Okapi, ce mardi 28 juillet. L’intervention de M. Mbaka met en lumière une frustration grandissante au sein des populations et de leurs représentants face à la persistance des violences dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, où les ADF sont particulièrement actifs, semant la terreur et provoquant des déplacements massifs de populations depuis 2012.
L’analyse d’Abdallah Pene Mbaka est sans équivoque : « le Gouvernement serait coupable d’une forme de négligence stratégique », en suggérant que l’absence de menace directe sur Kinshasa influence le niveau d’engagement militaire et logistique, le député pointe du doigt une potentielle déconnexion entre les priorités nationales et les réalités du terrain dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Les moyens évoqués par l’ex-gouverneur de l’Ituri ne se limitent pas uniquement aux équipements militaires, ils englobent également le financement des opérations, la formation des troupes, le renseignement, ainsi que le soutien humanitaire et la stabilisation des zones libérées. L’insuffisance de ces ressources, selon lui, permettrait aux ADF de maintenir leur capacité de nuisance, de recruter et de se réorganiser, prolongeant ainsi un conflit qui a déjà coûté la vie à des milliers de personnes et déraciné des millions d’autres. La population de l’Ituri et du Nord-Kivu attend du Gouvernement une réponse ferme et durable face à cette menace, a-t-il martelé.
Ces critiques interviennent alors que le Gouvernement congolais, dans l’objectif de mettre fin aux massacres à Beni et en Ituri, avait instauré un état de siège dans ces deux provinces, une mesure qui, depuis sa prise, ne cesse d’être critiquée non seulement par certains décideurs mais aussi par les habitants au niveau local qui attendent du Gouvernement l’éradication du phénomène des ADF.
Anselme Syangoma
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