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RDC : Martin Fayulu dénonce le transfert de l'opposant Prince Epenge vers la prison de Makala

L'opposant Martin Fayulu a rapidement exprimé son mécontentement suite à l'annonce du transfèrement de Prince Epenge à la prison centrale de Makala, ce samedi 31 octobre. Le parti de l'opposant Martin Fayulu n'est pas non plus resté indifférent à l'annonce du transfèrement de Prince Epenge.

RDC : Martin Fayulu dénonce le transfert de l'opposant Prince Epenge vers la prison de Makala

L’opposant Martin Fayulu a rapidement exprimé son mécontentement suite à l’annonce du transfèrement de Prince Epenge à la prison centrale de Makala, ce samedi 31 octobre. Dans un message publié sur X, le leader de la coalition LAMUKA a dénoncé une décision qui, selon lui, contredit la mesure suspendant l’admission de nouveaux détenus dans ce centre carcéral déjà surpeuplé.

« Alors que la prison centrale de Makala, déjà surpeuplée, n’accueille plus de nouveaux détenus, les tyrans de Kinshasa s’acharnent sur Prince Epenge, président d’ADD Congo, porte-parole de Lamuka et membre de la C64, en l’envoyant dans ce mouroir », a écrit Martin Fayulu, membre du présidium de la C64, exigeant la libération immédiate de Epenge.

« Prince Epenge n’a pas sa place à Makala ! Libérez-le immédiatement ! », a ajouté l’opposant à Félix Tshisekedi, soulignant l’urgence de la situation.

Le transfèrement de Prince Epenge à Makala, une prison notoirement surpeuplée, soulève des questions importantes quant au respect des procédures et des conditions de détention en République Démocratique du Congo. La dénonciation de Martin Fayulu met en lumière une contradiction apparente : alors qu’une mesure est censée interdire l’admission de nouveaux détenus pour désengorger l’établissement, Prince Epenge y est envoyé. Cette situation, qualifiée de « mouroir » par l’opposant, suggère des préoccupations quant à la santé et à la sécurité des détenus, particulièrement dans un contexte de surpopulation carcérale.

Pour les habitants de Kinshasa et l’opinion publique, cette décision peut être perçue comme un signal fort sur la manière dont les autorités judiciaires traitent les figures de l’opposition. Elle interroge la cohérence des décisions de justice et leur alignement avec les directives sanitaires et humanitaires en vigueur. Le fait que Martin Fayulu, une figure politique majeure, s’exprime avec une telle véhémence témoigne de la gravité perçue de la situation par une partie de la classe politique.

Le parti de l’opposant Martin Fayulu n’est pas non plus resté indifférent à l’annonce du transfèrement de Prince Epenge. Le secrétaire général de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé), Devos Kitoko, a considéré cette décision de la justice congolaise comme une « insulte au combat pour la démocratie en RDC ».

« C’est un précédent grave qui risque de conforter l’idée que la prise des armes serait la seule voie pour se faire respecter », a-t-il écrit sur X, exprimant une crainte quant aux conséquences à long terme sur le dialogue politique et les méthodes de contestation pacifique.

La nouvelle du transfèrement a été confirmée  par Clément Muza, membre du collectif des avocats de Prince Epenge devant le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. L’avocat a regretté le refus du tribunal d’accorder à son client la liberté provisoire et s’est dit surpris que la justice ait décidé de l’envoyer à Makala sans notification préalable.

« Nous n’avons pas été signifiés. On l’avait amené hier en chambre du conseil. Le tribunal ne lui a pas accordé la liberté provisoire. Et aujourd’hui, ils ont décidé de l’envoyer à Makala », a-t-il dénoncé, soulignant un manquement procédural qui pourrait entraver la défense de son client.

L’absence de notification préalable aux avocats soulève des questions sur le respect des droits de la défense et la transparence du processus judiciaire. Pour les proches de Prince Epenge et les observateurs, cette situation peut renforcer le sentiment d’une justice expéditive ou politisée, loin des standards d’un État de droit. Cela complexifie la tâche des avocats et peut affecter la confiance du public dans le système judiciaire.

L’arrestation de Prince Epenge est survenue un dimanche à l’aéroport international de N’djili, alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour Rome afin de participer au conclave de la C64. Après avoir été initialement porté disparu, il a été localisé au Conseil national de cyberdéfense (CNC), où il était auditionné, selon le parti de Martin Fayulu. Transféré au parquet près le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, l’opposant est poursuivi notamment pour propagation de faux bruits. Ces accusations sont en lien avec la mort de Manassé Lomboto, responsable de la sécurité d’ADD Congo, âgé de 25 ans, tué lors de la marche de l’opposition du 15 septembre dernier à Kinshasa.

Alors que la dépouille de Manassé Lomboto reste gardée à la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire, dans l’attente des enquêtes judiciaires annoncées, la coalition C64 accuse la Force du progrès de l’UDPS d’être responsable de sa mort. Ce contexte de tensions politiques et de décès non élucidé ajoute une dimension sensible aux poursuites contre Prince Epenge et aux déclarations de Martin Fayulu et de son entourage.

Anselme Syangoma 

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Contributeur

Équipe éditoriale de TIC-TAC HEBDO, média congolais basé à Goma.

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