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RDC Sports : les Martyrs à 20 000 sur 80 000 places, Kamalondo ouvre ses tribunes : jusqu’où peut aller la gestion politique et sécuritaire ?

Le Stade des Martyrs de Kinshasa et le Stade TP Mazembe de Kamalondo sont tous deux homologués en catégorie 3 par la Confédération africaine de football, mais leur actualité présente deux réalités différentes. Alors que Lubumbashi continue d’accueillir les Léopards à Kamalondo, Kinshasa vient de connaître une jauge limitée à environ 20 000 personnes dans une enceinte historiquement donnée pour quelque 80 000 places. Les sanctions consécutives aux incidents précédents expliquent officiellement cette restriction, mais une fois la conformité technique retrouvée, le débat se déplace inévitablement vers la capacité politique, organisationnelle et sécuritaire de la RDC à gérer ses grandes foules.

RDC Sports : les Martyrs à 20 000 sur 80 000 places, Kamalondo ouvre ses tribunes : jusqu’où peut aller la gestion politique et sécuritaire ?

Kinshasa / Lubumbashi, 6 octobre 2026 — Le Stade des Martyrs de Kinshasa et le Stade TP Mazembe de Kamalondo sont tous deux homologués en catégorie 3 par la Confédération africaine de football, mais leur actualité présente deux réalités différentes. Alors que Lubumbashi continue d’accueillir les Léopards à Kamalondo, Kinshasa vient de connaître une jauge limitée à environ 20 000 personnes dans une enceinte historiquement donnée pour quelque 80 000 places. Les sanctions consécutives aux incidents précédents expliquent officiellement cette restriction, mais une fois la conformité technique retrouvée, le débat se déplace inévitablement vers la capacité politique, organisationnelle et sécuritaire de la RDC à gérer ses grandes foules.

Pour RDC–Guinée équatoriale du 24 septembre, la CAF avait finalement autorisé environ 20 000 personnes au Stade des Martyrs, alors que la rencontre devait initialement se jouer à huis clos après les actes de vandalisme enregistrés lors d’un précédent match des Léopards. La FECOFA avait présenté cette ouverture partielle comme une dérogation et appelé les supporters à éviter tout nouvel incident susceptible d’entraîner d’autres sanctions. Il faut donc être précis : les Martyrs n’ont pas été homologués pour 20 000 places ; l’enceinte est bien revenue dans la catégorie 3 de la CAF, tandis que les 20 000 correspondaient à une jauge exceptionnelle appliquée à cette rencontre.

Cette distinction change profondément la lecture du problème, car lorsque la pelouse, les installations et les autres exigences techniques permettent à nouveau d’accueillir une rencontre internationale, maintenir environ trois quarts d’une enceinte hors d’accès ne relève plus uniquement de sa conformité. La sécurité et les sanctions disciplinaires constituent des motifs documentés, mais elles renvoient aussi à la capacité des institutions à encadrer plusieurs dizaines de milliers de personnes : contrôle des accès, billetterie, surveillance des tribunes, déploiement des forces de l’ordre, évacuation et identification des auteurs d’incidents. Si la réponse aux risques consiste principalement à réduire fortement la foule, la question d’une faiblesse dans la gestion politique et sécuritaire des grands rassemblements mérite alors d’être posée, sans pour autant attribuer aux autorités une motivation politique partisane qui, à ce stade, n’est établie par aucun document officiel.

À Lubumbashi, le Stade TP Mazembe de Kamalondo offre justement un point de comparaison intéressant. Également classée en catégorie 3 par la CAF, l’enceinte accueille ce 6 octobre les Léopards U23 contre la Mauritanie avant de recevoir, le 9 octobre, les Léopards dames face à la Côte d’Ivoire. Les situations ne sont certes pas identiques : la capacité des deux stades, les compétitions concernées et surtout les antécédents disciplinaires diffèrent. Mais le recours régulier à Kamalondo montre qu’une infrastructure homologuée ne prend véritablement tout son sens que lorsqu’elle peut conjuguer compétition internationale, présence du public et dispositif sécuritaire adapté.

La question prend une dimension particulière à Kinshasa, où un grand rendez-vous des Léopards peut rassembler plusieurs dizaines de milliers de personnes dans un même espace. Une telle foule représente naturellement un défi sécuritaire, mais également un enjeu de gouvernance puisqu’un stade est un lieu d’expression collective où les supporters chantent, célèbrent, protestent parfois et peuvent faire entendre des messages dépassant le football. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que la limitation à 20 000 personnes aurait été décidée pour empêcher une quelconque expression politique ; en revanche, gérer une foule de 80 000 personnes sans violence, sans vandalisme et sans fermeture répétée des tribunes constitue bel et bien une responsabilité politique et sécuritaire des institutions, au même titre que la discipline incombe aux supporters.

Le véritable test viendra donc après la période de sanctions : si les Martyrs retrouvent progressivement leurs tribunes pleines, les 20 000 spectateurs resteront dans l’histoire récente comme une mesure exceptionnelle liée aux incidents précédents ; mais si d’importantes restrictions persistent alors que l’enceinte demeure homologuée, il faudra davantage interroger la capacité des autorités à exploiter pleinement l’un des plus grands équipements sportifs du pays. Disposer d’un stade de 80 000 places est une chose, être capable d’y accueillir et d’y sécuriser une foule de cette dimension en est une autre : pendant que Kamalondo continue d’ouvrir ses tribunes aux Léopards, c’est désormais sur ce terrain de la gouvernance politique, organisationnelle et sécuritaire que les Martyrs seront également attendus.

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David Janvier

Contributeur

Équipe éditoriale de TIC-TAC HEBDO, média congolais basé à Goma.

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