Groupe de presse TIC-TAC — propriété de STICK RDC SARLU

TIC-TAC HEBDO

L’hebdomadaire, qui informe, analyse et décrypte l’actualité, pour une information au-delà des faits.

ÉducationPolitiqueSociété

ESU Goma-Bukavu : Freddy Kaniki rassure les étudiants et dénonce le non-entérinement des diplômes depuis 2021

Au cours de la conférence de presse de ce 7 octobre 2026, le professeur Freddy Kaniki, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23 chargé notamment de l’enseignement supérieur et universitaire (ESU), a appelé les étudiants de Goma et de Bukavu à poursuivre leurs études « en toute tranquillité » à l’approche de la rentrée du 15 octobre. Il a dénoncé surtout, comme un argument déjà caduc, la menace de non-homologation des diplômes issus des universités situées dans les zones contrôlées par le mouvement : selon lui, les diplômes ne sont plus entérinés depuis 2021 et les lauréats vivent déjà avec des attestations de réussite.

ESU Goma-Bukavu : Freddy Kaniki rassure les étudiants et dénonce le non-entérinement des diplômes depuis 2021
Conférence de presse du 7 octobre 2026 — le professeur Freddy Kaniki s’adresse aux questions de l’ESU à Goma et Bukavu.

Au cours de la conférence de presse de ce 7 octobre 2026, le professeur Freddy Kaniki, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23 chargé notamment de l’enseignement supérieur et universitaire (ESU), s’est adressé aux étudiants de Goma et de Bukavu. Son message a combiné une rassurance sur la continuité académique et une dénonciation du dossier des diplômes non entérinés, présenté comme un problème antérieur à la crise actuelle. Ces propos s’inscrivent dans un dossier déjà suivi par TIC-TAC HEBDO depuis septembre, de la suspension des activités académiques à la réorganisation des établissements.

« Poursuivez vos études en toute tranquillité, et d’ailleurs bientôt la rentrée académique, ne vous gênez pas pour aller vous inscrire à Kisangani et ailleurs », a-t-il lancé, invitant les étudiants à ne pas quitter les territoires où ils étudient sous la pression d’annonces venues de Kinshasa. Il a affirmé que la rentrée académique est fixée au 15 octobre, « dans une semaine ou moins », et que les professeurs sont prêts à reprendre. Cette date avait déjà été annoncée dans notre article du 23 septembre, lorsque l’AFC/M23 avait fixé la rentrée et classé une partie des établissements « non viables ».

Sur le plan salarial, il a répondu à l’une des mesures attribuées à Kinshasa : le blocage ou la coupure des salaires des enseignants. Selon lui, l’AFC/M23 a pris en charge des professeurs concernés afin de permettre la poursuite des enseignements. Ce point prolonge le débat ouvert après la suspension des activités académiques en août, déjà documenté lorsque des agents de l’ESU à Goma et Bukavu avaient saisi Kinshasa contre l’arrêt des activités et le sort des salaires.

Le second axe de son intervention a porté sur les diplômes. Freddy Kaniki a évoqué la menace de refuser d’homologuer ou d’entériner les diplômes issus des universités situées dans les zones contrôlées par l’AFC/M23. Il a qualifié cet argument de « non-événement ». Pourquoi ? Parce que, a-t-il dit, depuis 2021, les diplômes ne sont plus entérinés : les étudiants utilisent déjà des attestations de réussite, et ceux qui termineront cette année académique continueront, selon lui, avec le même type de documents que les promotions précédentes.

Il a précisé que ce blocage ne concerne pas seulement les finalistes de 2025-2026 ou de l’année suivante, mais les cohortes depuis 2021, « parce que les diplômes ne sont jamais venus ». Dans la même séquence, il a rappelé qu’une circulaire a été publiée sur l’employabilité et l’accès aux stages des étudiants qui n’ont pas encore de diplômes homologués ou entérinés. Cette mesure rejoint la note du 23 septembre appelant les établissements à numériser les attestations de fin d’études délivrées entre 2021 et 2026, en attendant la délivrance des diplômes. La polarisation autour de la réorganisation de l’ESU et du classement des établissements avait déjà divisé l’opinion fin septembre.

Freddy Kaniki a enfin invité les étudiants à ne pas se laisser « intimider » ni « intoxiquer » par ce qu’il présente comme une communication gouvernementale destinée à semer le doute. « Continuez vos études », a-t-il insisté. Le récit qu’il construit est donc clair : continuité pédagogique d’un côté, et de l’autre, un dossier structurel des diplômes non entérinés qui, selon lui, préexistait déjà à la guerre et ne saurait à lui seul justifier l’abandon des amphithéâtres.

Reste, au-delà de cette rassurance, la question que le discours ne tranche pas : celle de la reconnaissance juridique future de ces parcours par Kinshasa, les employeurs et les universités hors des zones contrôlées. Pour les étudiants, le débat immédiat porte sur la rentrée du 15 octobre ; l’enjeu durable demeure la valeur réelle des attestations et, un jour, des diplômes qu’ils espèrent encore obtenir.

À lire aussi sur TIC-TAC HEBDO

• Goma-Bukavu : l’AFC/M23 dément un faux communiqué sur la suspension de la rentrée universitaire (17 septembre 2026)
• ESU à Goma et Bukavu : après les étudiants, des agents saisissent Kinshasa contre la suspension des activités et des salaires (19 septembre 2026)
• Nord-Kivu et Sud-Kivu : l’AFC/M23 fixe la rentrée universitaire au 15 octobre et classe 80 établissements « non viables » (23 septembre 2026)
• Nord-Kivu et Sud-Kivu : la réorganisation de l’ESU et les établissements non viables divisent l’opinion (24 septembre 2026)

Vidéo de la conférence de presse : https://x.com/kivunewstoday/status/2107878875984224646

Paulin Kibando
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits

Partager
WhatsApp X

Paulin Kibando

Contributeur

Équipe éditoriale de TIC-TAC HEBDO, média congolais basé à Goma.

paulinkibando@gmail.com

Voir tous les articles de Paulin Kibando →

Commentaires

Laisser un commentaire