Aux côtés de l’ancien président kényan figuraient Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana, et Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie. Les échanges se sont tenus dans les locaux de la Coordination politique de l’AFC/M23, où la délégation du mouvement était conduite par Corneille Nangaa, accompagné de ses adjoints Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki.
Le choix de Goma donne à cette rencontre une portée particulière. Dans cette ville directement affectée par la crise, les facilitateurs africains viennent entendre les responsables du mouvement dans leur cadre de fonctionnement. Cette proximité permet de mettre les positions politiques exprimées face aux réalités d’un conflit dont les conséquences se prolongent dans la vie quotidienne des populations.
Les démarches de paix se construisent à travers plusieurs espaces diplomatiques, avec des interlocuteurs et des engagements différents. La consultation de Goma soulève dès lors un enjeu de cohérence : comment faire converger ces efforts vers des mesures applicables sur le terrain ? Une avancée dans les discussions entre États doit pouvoir trouver un prolongement dans les échanges avec les acteurs engagés dans le conflit, pour que les initiatives se renforcent mutuellement.
Selon les indications issues du cabinet de l’AFC/M23, les entretiens visent à examiner les modalités d’un dialogue politique structuré et les perspectives d’une désescalade militaire. Cette articulation entre politique et sécurité constitue le point central de la démarche : un dialogue doit permettre d’aborder les désaccords, tandis que la réduction des violences doit créer les conditions nécessaires à sa poursuite.
La dimension humanitaire donne une urgence supplémentaire à ces consultations. Pour les familles déplacées et les communautés affectées, les attentes concernent l’accès à l’aide, la sécurité des déplacements et la possibilité de reprendre leurs activités. Ces besoins constituent un critère concret pour apprécier les suites de la médiation, même lorsque les discussions portent d’abord sur des questions politiques.
La présence d’anciens chefs d’État africains peut donner du poids aux échanges et faciliter la transmission des positions entre les parties. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à établir un rapprochement. Les informations disponibles ne permettent pas de préciser les engagements éventuellement pris à Goma ni de conclure à l’adoption d’une résolution définitive.
Cette rencontre ouvre donc un espace de consultation dont la portée dépendra de sa continuité. Le défi pour le Panel sera de transformer les positions recueillies en points de convergence, puis en engagements suivis. Pour les habitants de l’Est de la RDC, c’est dans ce passage de la diplomatie à ses effets sur le terrain que se jouera la valeur de l’étape de Goma.
Janvier
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