KINSHASA, 11 octobre 2026 — Ce n’est pas seulement la fin des combats qui a occupé les échanges. Selon le compte Facebook officiel du ministère des Affaires sociales (Minas.gouv.cd), le gouvernement congolais et le Panel des facilitateurs de l’Union africaine — notamment Sahle-Work Zewde, vice-présidente du Panel chargée des questions humanitaires, et Catherine Samba-Panza — ont mis au centre de leur discussion, le vendredi 9 octobre au Fleuve Congo Hotel, la prise en charge des victimes du conflit dans l’Est et le retrait des forces étrangères.
Du côté congolais, la publication cite la ministre d’État Ève Bazaiba Masudi (Affaires sociales et actions humanitaires), le ministre de la Santé Samuel Mbemba et la ministre du Genre, Famille et Enfant Micheline Ombae. Sur le volet victimes : protection des civils, assistance aux personnes déplacées, accès humanitaire, prise en charge des femmes et des enfants — violences sexuelles, séparations familiales, déplacements forcés, recrutement d’enfants par des groupes armés. Kinshasa a plaidé pour renforcer les mécanismes de protection et pour une participation effective des femmes aux processus de médiation et de consolidation de la paix.
Sur le volet sécuritaire et souveraineté, les autorités ont rappelé, toujours selon Minas, l’attachement à l’intégrité territoriale, un cessez-le-feu « effectif et vérifiable », le retrait des forces étrangères — « notamment l’armée rwandaise » — et la lutte contre les circuits illicites qui alimentent les conflits. La justice transitionnelle, la réparation des victimes, la réconciliation communautaire et la participation de la société civile figurent parmi les leviers évoqués. « Il faut ici et maintenant s’attaquer aux causes de la crise et non continuer à gérer les conséquences », a insisté la partie congolaise.
Cette accusation de présence de l’armée rwandaise (RDF) dans les rangs de l’AFC/M23 reste, à ce stade, celle de Kinshasa. TIC-TAC HEBDO n’a pas, jusqu’à présent, réussi à vérifier indépendamment cette présence dans les structures de l’Alliance Fleuve Congo / M23. Ce que l’observation du mouvement permet en revanche de constater, sans en faire une absolution ni une preuve du contraire : la chaîne de commandement de l’AFC est composée de Congolais — parmi lesquels des Tutsi et des Hutu parlant le kinyarwanda, à côté d’autres communautés — et de nombreux cadres sont d’anciens FARDC. Cette composition congolaise n’éteint pas le débat sur un appui extérieur ; elle impose de distinguer ce qui est établi sur le terrain de ce qui est affirmé dans les capitales.
Les deux axes — victimes et retrait des forces étrangères — s’inscrivent dans la ligne déjà suivie à Kinshasa face au Panel : des actes vérifiables plutôt que des engagements restés sur le papier. Après Goma et Kigali, le message humanitaire et sécuritaire du gouvernement fixe ainsi ce que Kinshasa attend de la facilitation africaine.
Au-delà des faits : parler des victimes sans clarifier qui combat sous quel drapeau, ou exiger un retrait sans bilan indépendant, laisse les familles de l’Est entre deux récits. Kinshasa a lié prise en charge des victimes et retrait des forces étrangères. Le Panel a écouté. La suite — Ouganda, Burundi, puis Beni et Bunia — dira si la facilitation tranche sur des faits contrôlables, ou se contente de porter des formulations encore non vérifiées jusqu’aux capitales voisines.
Dossier TIC-TAC — AFC/M23 : sécurité à Goma, combats au Nord-Kivu et médiation dans l’Est
Paulin Kibando
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
Source : publication Facebook Minas.gouv.cd (compte rendu et photos, 9 octobre 2026) ; position de Kinshasa sur les forces étrangères telle que reprise dans ce compte rendu — non confirmée indépendamment par TIC-TAC HEBDO concernant la présence des RDF dans les rangs de l’AFC/M23.
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