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Plaidoyer pour la protection de l’enseignement supérieur à Goma et Bukavu

L’ancien député national de Goma, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, a adressé un plaidoyer officiel au président de l’Assemblée nationale afin d’attirer l’attention sur la crise académique qui frappe les villes de Goma et Bukavu, occupées par l’AFC-M23 depuis janvier et février 2025.

Plaidoyer pour la protection de l’enseignement supérieur à Goma et Bukavu
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À Kinshasa le 2 septembre 2026, L’ancien député national de Goma, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, a adressé un plaidoyer officiel au président de l’Assemblée nationale afin d’attirer l’attention sur la crise académique qui frappe les villes de Goma et Bukavu, occupées par l’AFC-M23 depuis janvier et février 2025.

Une continuité menacée par l’ingérence

Dans sa correspondance, Kasekwa rappelle que le gouvernement congolais avait jusqu’ici réussi à maintenir la continuité de l’enseignement supérieur et universitaire (ESU), conformément à la Résolution 2601 du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui exige la protection de l’éducation en période de conflit armé. Cette politique avait permis d’éviter une rupture académique dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.

Cependant, le 7 août dernier, l’AFC-M23 a franchi « un nouveau cap dans l’illégalité » en procédant à des nominations unilatérales dans les comités de gestion des établissements publics, violant la neutralité de l’espace académique et l’autorité souveraine de l’État.

Décision gouvernementale et ses conséquences

En réaction, le ministère de l’ESU a suspendu, le 20 août, toutes les activités académiques et para-académiques pour l’année 2026-2027 dans 11 institutions publiques de Goma et Bukavu. Cette mesure, destinée à préserver la légalité institutionnelle, pénalise directement 44 000 étudiants et perturbe la clôture de l’année académique 2025-2026.

Les difficultés sont multiples :

• Blocage des dossiers par l’AFC-M23, empêchant les étudiants de s’inscrire ailleurs.
• Frais académiques élevés dans les établissements privés (650–800 $ par an contre 250–320 $ dans le public).
• Mobilité entravée par le blocage de la route Goma–Butembo/Beni.
• Parents appauvris incapables de financer logement et restauration pour leurs enfants déplacés.

Personnel académique sous double menace

Le personnel académique et administratif est également pris en étau. Certains cadres, initialement nommés par le gouvernement en 2023, ont été reconduits par l’AFC-M23. Le ministère a suspendu leurs rémunérations et engagé des révocations globales, une approche jugée trop radicale. Les enseignants risquent à la fois d’être contraints par les rebelles de poursuivre leurs cours sous menace, et d’être radiés par Kinshasa pour avoir obéi à une autorité illégale.

Recommandations urgentes

Jean-Baptiste Kasekwa appelle la représentation nationale à :

• Interpeller la ministre de l’ESU afin de reconsidérer la suspension des activités académiques et d’examiner individuellement les dossiers du personnel concerné.
• Saisir les institutions internationales – Conseil de Sécurité de l’ONU, UNESCO, Union africaine, SADC et EAC – pour contraindre l’AFC-M23 à respecter la neutralité des établissements universitaires et annuler ses nominations arbitraires.

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David Janvier

Contributeur

Équipe éditoriale de TIC-TAC HEBDO, média congolais basé à Goma.

janvierdvd@gmail.com

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