Le Président Félix Tshisekedi a réuni ce samedi les députés et sénateurs de l’Union sacrée, sa famille politique, pour une rencontre stratégique. Au cœur des discussions figuraient des questions cruciales pour l’avenir politique du pays, notamment celles relatives à l’organisation d’un dialogue national et à une éventuelle révision de la Constitution.
Abordant le sujet sensible du dialogue, le Président Félix Tshisekedi a instruit les élus de l’Union sacrée d’en expliquer la portée et le sens à leurs électeurs. Il a tenu à clarifier la nature de cette initiative, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un exercice destiné à le maintenir au pouvoir. Selon ses propres termes, l’objectif principal est de « rendre au pays une certaine normalité ». Cette déclaration vise à dissiper les craintes et les interprétations qui pourraient assimiler le dialogue à une manœuvre politique personnelle.
Dans la perspective de concrétiser cette démarche, Félix Tshisekedi a annoncé des étapes importantes pour la semaine prochaine. Il prévoit de nommer les animateurs du dialogue, incluant les coordinations nationale et provinciales, ainsi que les superviseurs désignés pour chaque province. Ces structures seront chargées de l’organisation et du bon déroulement des échanges. Pour renforcer la crédibilité et l’impartialité du processus, deux cofacilitateurs de l’Union africaine, un homme et une femme, sont attendus pour appuyer les travaux. L’implication de l’UA souligne une volonté d’ouverture et de recherche de consensus au-delà des clivages internes, potentiellement pour apaiser les tensions et garantir une plateforme d’échanges constructive pour tous les acteurs politiques et sociaux.
Le second point majeur de cette rencontre concernait la question d’un changement de la Constitution congolaise, un sujet qui suscite de vifs débats. Plusieurs sources concordantes rapportent que Félix Tshisekedi aurait exprimé sans détour son opinion sur le texte fondamental actuel. Il aurait déclaré :
« Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez. Vouloir la changer ou la toucher, c’est votre responsabilité. Si, en 2028, vous refusez, je m’arrête là. »
Ces propos, attribués à Félix Tshisekedi, marquent une prise de position forte et délèguent la responsabilité d’une éventuelle réforme aux parlementaires. L’évocation de l’échéance de 2028 peut être interprétée comme une manière de fixer un horizon pour cette ambition de réforme, tout en soulignant sa propre détermination à ne pas s’accrocher au pouvoir au-delà de ce qu’il perçoit comme sa mission.
Le Président a par ailleurs réaffirmé avoir une mission claire : remettre le pays sur les rails et installer une paix durable. Cette déclaration intervient dans un contexte politique tendu. En effet, les propos de Félix Tshisekedi font suite à un développement législatif significatif : quelques jours seulement avant cette réunion, l’assemblée nationale a adopté une loi sur le référendum p en République démocratique du Congo. Cette initiative législative est perçue différemment par les acteurs politiques.
L’opposition congolaise, pour sa part, a rapidement qualifié cette adoption de « passage en force ». Cette accusation met en lumière les préoccupations quant à la légitimité et à la transparence du processus législatif, craignant que cette loi ne facilite une modification constitutionnelle sans un consensus suffisant. Pour les habitants, ces développements pourraient signifier des changements profonds dans la gouvernance et la stabilité institutionnelle du pays, avec des implications directes sur la vie démocratique et la répartition des pouvoirs.
Anselme Syangoma
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