GOMA / MINEMBWE / MASISI, 11 octobre 2026 — En quarante-huit heures, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a publié deux mises à jour sur ce qu’il appelle « la guerre imposée par le régime de Kinshasa ». La première, samedi 10 octobre, porte sur des attaques aériennes dans la région de Minembwe. La seconde, dimanche 11 octobre, ajoute des offensives terrestres à Masisi et, de nouveau, sur l’axe de Rugezi. Ces annonces restent celles du mouvement ; TIC-TAC HEBDO n’a pas reçu, au moment de cette rédaction, de bilan indépendant ni de réaction officielle détaillée de Kinshasa sur ces points précis.
Dans le message du 10 octobre, Lawrence Kanyuka affirme que les forces qu’il présente comme coalisées — FARDC, FDLR, milices Maï-Maï, mercenaires étrangers et éléments de la Force de défense nationale du Burundi — multiplient les offensives au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, avec une intensité particulière autour de Minembwe. Selon lui, le vendredi 9 octobre vers 22 heures, des drones kamikazes ont visé Point Zéro et ses environs ; puis, dans la nuit du 9 au 10 octobre vers 1 heure du matin, une nouvelle frappe de drones aurait touché Rugezi et les zones environnantes. Il dit que ces attaques répétées dans des zones habitées ont entraîné des pertes en vies humaines, des déplacements massifs et aggravé une situation humanitaire déjà alarmante — sans chiffrer les morts ni les déplacés.
Le dimanche 11 octobre, une seconde mise à jour élargit le front. Dès 3 heures du matin, selon Kanyuka, les mêmes « forces coalisées » auraient intensifié des attaques simultanées contre Kacyayi, Kumungoti et Marangara, en territoire de Masisi, au moyen de troupes au sol. À 6 h 15, il situe une offensive terrestre en direction de Kuwihene et de ses environs, sur l’axe de Rugezi (région de Minembwe), avec, en première ligne selon lui, des éléments des FDLR « aux côtés de mercenaires étrangers », des assauts terrestres et des tirs d’armes lourdes. Il alerte sur des violations du cessez-le-feu et sur le recours à des mercenaires, et conclut par la formule « Ne pas agir, c’est être complice », en réaffirmant la détermination de l’organisation à « défendre et protéger » les populations civiles.
Ces alertes s’inscrivent dans une série déjà suivie par TIC-TAC HEBDO : le 3 octobre, Kanyuka évoquait déjà Masisi (Remeka, Muhororo) et des drones sur Kuwihene ; le 7 octobre, il dénonçait des destructions à Shanje (Kalehe) et des bombardements à Rugezi. Point Zéro et Rugezi reviennent ainsi comme points de friction récurrents des hauts plateaux. Des médias régionaux ont repris le communiqué du 10 octobre ; cela ne constitue pas, en soi, une vérification indépendante des frappes ni des bilans.
Au-delà des faits : deux communiqués, deux registres — drones la nuit à Minembwe, troupes au sol à Masisi le lendemain — et toujours le même angle politique : Kinshasa viole le cessez-le-feu pendant que la médiation africaine cherche une issue. Pour les habitants de Point Zéro, Rugezi, Kacyayi ou Kuwihene, l’enjeu n’est pas le vocabulaire du porte-parole, mais la nuit qui suit : frappes aériennes, déplacements, silence sur les chiffres. Tant qu’aucune source indépendante ne fixe un bilan, le récit reste celui d’une partie au conflit — utile pour suivre la guerre de communication, insuffisant pour compter les morts.
Dossier TIC-TAC — AFC/M23 : sécurité à Goma, combats au Nord-Kivu et médiation dans l’Est
Paulin Kibando
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
Sources : Lawrence Kanyuka sur X, 10 octobre 2026 ; même compte, 11 octobre 2026 ; articles TIC-TAC HEBDO des 3 et 7 octobre 2026.
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