Dans deux publications diffusées samedi 3 octobre 2026, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a décrit une journée d’attaques qu’il attribue aux forces alliées de Kinshasa, d’abord à Masisi et dans les hauts plateaux de Minembwe, puis à Pitakongo, en territoire de Lubero. Ces annonces, qui restent celles du mouvement, interviennent alors que des sources médiatiques, citant des sources militaires locales, font état, le même matin, d’une reprise de Remeka et de Muhororo par les FARDC et des groupes Wazalendo.
Dans une première mise à jour publiée vers midi, Lawrence Kanyuka affirme qu’aux environs de 4 heures, des forces qu’il présente comme coalisées — FARDC, FDLR, Wazalendo, mercenaires étrangers et Force de défense nationale du Burundi — ont lancé des attaques contre les zones densément peuplées de Muhororo, Remeka et leurs environs, dans le territoire de Masisi. Selon lui, ces opérations ont provoqué d’importants déplacements de populations et aggravé la situation humanitaire.
Le même communiqué indique qu’à 9 h 15, des bombardements par drones kamikaze auraient visé Kuwihene et ses environs, sur l’axe de Rugezi, dans la région de Minembwe. Au moment de la publication, l’AFC/M23 affirmait que les tirs se poursuivaient, mettant en danger civils et biens. Le mouvement réaffirme que la protection des populations demeure, selon lui, une priorité, et que ses forces poursuivent leur « mission de défense ».
Dans un second message diffusé en début d’après-midi (« Flash 15 h 30 »), Lawrence Kanyuka affirme qu’aux environs de 14 h 30, un hélicoptère de combat « du régime de Kinshasa » a largué deux bombes sur la zone densément peuplée de Pitakongo, en territoire de Lubero. Ce bombardement contre une zone habitée aurait causé des pertes en vies humaines parmi les civils et un déplacement massif de la population. L’AFC/M23 « prend à témoin le peuple congolais » et se réserve « le droit de prendre toutes les mesures nécessaires » pour assurer, selon ses termes, la protection et la défense des habitants. Aucun bilan chiffré indépendant n’était disponible au moment de ces publications.
Sur le volet de Masisi, le récit de l’AFC/M23 ne coïncide pas entièrement avec celui rapporté par des sources médiatiques. Selon ces dernières, citant des sources militaires locales, Remeka et plusieurs localités du groupement Ufamandu Ier — dont Muhororo, Kamuhobe et Mihano — sont repassées sous le contrôle des FARDC et d’une coalition de groupes Wazalendo samedi matin, après des combats repris vers 4 heures. Vers 6 heures, selon ces sources, les positions auraient été reprises. Remeka a changé plusieurs fois de mains ces dernières semaines et reste un point stratégique sur les axes vers Rubaya et Ngungu. Cette version présente donc une offensive de reprise plutôt qu’une seule « attaque contre des zones civiles », sans pour autant permettre, à ce stade, de trancher sur le bilan humain.
Les affirmations de Lawrence Kanyuka concernant les drones à Minembwe et le bombardement d’hélicoptère à Pitakongo n’étaient pas, samedi soir, corroborées par un communiqué officiel de Kinshasa ni par un bilan indépendant clairement établi. Elles s’inscrivent toutefois dans un contexte de combats récurrents à Masisi, Lubero et dans les hauts plateaux, où les populations civiles restent exposées aux déplacements et aux opérations aériennes signalées périodiquement par les parties en conflit.
KIBANDO PAULIN
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
Sources : Lawrence Kanyuka (@LawrenceKanyuka), 3 octobre 2026, 12 h 13 ; même compte, 15 h 51 ; sources médiatiques citant des sources militaires locales (Remeka / Ufamandu Ier).
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