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RDC : Benoît Mukumbatiya favorable à un usage médical et économique du cannabis

Au-delà de cette prise de position, la question reste celle de l’encadrement. La culture du cannabis à des fins médicales ne signifie pas nécessairement la libéralisation de sa consommation. Une telle filière suppose notamment des règles précises concernant les autorisations de culture, la transformation, la commercialisation, la prescription médicale et le contrôle des produits.

RDC : Benoît Mukumbatiya favorable à un usage médical et économique du cannabis
Hemp oil in two glass jars and sauceboat with grain in the bag, leaves and stalks of cannabis, a spoon with flour on the background of wooden boards

Le débat autour de la culture et de l’utilisation du cannabis, communément appelé chanvre, continue d’alimenter les discussions en République démocratique du Congo. Alors que son usage comme stupéfiant demeure au centre des préoccupations sanitaires, certaines voix plaident désormais pour une exploitation strictement encadrée de cette plante à des fins médicales et économiques.

Dans un entretien accordé à notre rédaction ce vendredi 21 août 2026, l’activiste des droits humains Benoît Mukumbatiya s’est déclaré favorable aux initiatives visant à promouvoir une utilisation positive du cannabis en RDC, notamment dans le secteur médical.

Il estime que les populations du Nord-Kivu devraient s’intéresser aux opportunités économiques qui pourraient découler d’une éventuelle filière légale et réglementée, tout en insistant sur la nécessité de distinguer l’usage médical de la consommation comme stupéfiant.

« J’ai été très heureux d’apprendre, comme tout le monde, que nos ministres ont encouragé nos compatriotes à cultiver du cannabis afin de contribuer à la médecine. Le cannabis ne doit pas être cultivé pour le dopage ou pour être fumé, car sa consommation peut avoir des conséquences négatives sur la santé », affirme Benoît Mukumbatiya.

Selon l’activiste, l’encadrement de cette culture pourrait également constituer une nouvelle source de revenus pour certaines familles congolaises, notamment dans les provinces disposant d’un important potentiel agricole comme le Nord-Kivu.

Il évoque notamment les expériences observées dans plusieurs pays où certaines substances dérivées du cannabis sont utilisées dans le domaine médical sous contrôle des autorités sanitaires.

« Dans d’autres pays du monde, cela se fait depuis longtemps. Si cette activité est effectivement organisée et encadrée en RDC, nos mamans, nos sœurs et d’autres compatriotes pourraient en profiter financièrement », soutient-il.

Benoît Mukumbatiya va plus loin en estimant que le développement d’une industrie locale de transformation pourrait, à terme, permettre à la RDC de tirer davantage de valeur économique de cette culture. Il évoque notamment la possibilité de développer des produits pharmaceutiques issus du cannabis, à condition que leur fabrication respecte les normes scientifiques et sanitaires requises.

Il interpelle les parlementaires du Nord-Kivu

L’activiste pro-démocratie regrette cependant ce qu’il considère comme un manque de réaction des parlementaires du Nord-Kivu face au débat entourant cette question.

Selon lui, les élus devraient s’intéresser davantage aux implications économiques, sanitaires et réglementaires d’une éventuelle exploitation du cannabis à des fins médicales.

« Ce n’est pas normal que nos élus se taisent alors qu’ils devraient réagir le plus vite possible. Quand il s’agit de leurs intérêts, vous connaissez leur réaction, mais lorsqu’on parle d’encourager une culture qui pourrait avoir des retombées économiques pour leurs électeurs, c’est le silence radio », regrette Benoît Mukumbatiya.

Au-delà de cette prise de position, la question reste celle de l’encadrement. La culture du cannabis à des fins médicales ne signifie pas nécessairement la libéralisation de sa consommation. Une telle filière suppose notamment des règles précises concernant les autorisations de culture, la transformation, la commercialisation, la prescription médicale et le contrôle des produits.

Le débat lancé en RDC devra donc également déterminer dans quelles conditions cette plante pourrait devenir une ressource médicale et économique sans favoriser son détournement vers des usages illicites.

Awa Jean De Dieu

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Équipe éditoriale de TIC-TAC HEBDO, média congolais basé à Goma.

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