RDC : Corneille Naanga hausse le ton face aux propos de Martin Fayulu sur la nationalité des Banyamulenge
« La République démocratique du Congo traverse une période de tensions où chaque mot prononcé par ses leaders peut devenir une étincelle. C’est dans ce climat fragile que les déclarations de Martin Fayulu, lors d’une conférence à Bruxelles, ont suscité une vive polémique. L’opposant a mis en doute l’appartenance nationale des Banyamulenge, une communauté de l’Est du pays, provoquant une réaction immédiate et ferme du coordonnateur de l’AFC/M23, Corneille Naanga. »
Une condamnation sans équivoque
Dans un communiqué au ton solennel, Naanga a dénoncé des propos « irresponsables, incendiaires et profondément préoccupants ». Pour lui, il est inconcevable qu’un responsable politique s’érige en arbitre de la nationalité de ses compatriotes. « La nationalité congolaise ne se distribue ni ne se retire dans les meetings, les conférences ou les discours politiques », a-t-il rappelé, soulignant que seule la Constitution et la loi en définissent les contours.
Les dangers des discours d’exclusion
Naanga met en garde contre les conséquences de telles déclarations : « Contester collectivement l’appartenance nationale d’une communauté, c’est l’exposer à la suspicion, à la marginalisation et au rejet. » Dans un pays marqué par des décennies de conflits identitaires, ce type de discours peut rallumer des foyers de division et fragiliser davantage la cohésion nationale.
Il insiste sur le fait que les Banyamulenge, comme toutes les autres communautés congolaises, ont droit à la dignité, à la sécurité et à la pleine jouissance des droits garantis par la République.
L’AFC/M23 et sa vision d’un Congo uni
Le mouvement qu’il coordonne, l’AFC/M23, affirme inscrire son combat politique contre les logiques d’exclusion et de stigmatisation. Son objectif : un Congo uni et solidaire, où chaque citoyen jouit des mêmes droits et assume les mêmes devoirs, sans distinction d’origine, de communauté ou de région.
Naanga appelle à des dirigeants capables de rassembler, d’apaiser et de réconcilier, plutôt que d’attiser les divisions. « Le Congo n’a pas besoin de nouveaux foyers de division. Il a besoin de dirigeants capables de rassembler », a-t-il martelé.
La cohésion nationale, un principe non négociable
Dans sa conclusion, Naanga rappelle que la cohésion nationale est une valeur fondamentale et non négociable. « Il ne peut y avoir ni Congolais de première catégorie ni Congolais de seconde catégorie : il n’y a que des Congolais, égaux en dignité, en droits et en devoirs devant la République. »
Une polémique révélatrice
Cette controverse illustre une fois de plus la fragilité des équilibres identitaires en RDC. Elle met en lumière la responsabilité des leaders politiques dans la préservation de la paix sociale et la nécessité d’un discours inclusif pour éviter de nouvelles fractures.
Janvier Maroy
TICTACHEBDO.CD NEWS sur WhatsApp — Alertes et exclusivités en temps réel. Activez la cloche après inscription. Suivre la chaîne →
Commentaires