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Uvira : une vidéo évoque un mouvement des FARDC vers le Burundi sur fond de tensions militaires et de ralliements au FRN

Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux alimente les inquiétudes autour de la situation sécuritaire à Uvira, au Sud-Kivu. Publiée par le compte Kivu News 24, elle évoque une panique dans la ville après des tirs signalés dans les plateaux ainsi qu’un mouvement de militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en direction de Bujumbura, au Burundi. Ces informations interviennent dans un contexte marqué par des affrontements avec le Front pour la refondation de la nation (FRN) et des informations faisant état de ralliements de militaires congolais à ce mouvement.

Rue à Uvira — véhicules en mouvement, extrait vidéo
Rue d’Uvira — extrait d’une vidéo circulant sur les réseaux (Kivu News 24). Signalement non confirmé officiellement.

UVIRA / RÉSEAUX, 31 octobre 2026 — Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux alimente les inquiétudes autour de la situation sécuritaire à Uvira, au Sud-Kivu. Publiée par le compte Kivu News 24, elle évoque une panique dans la ville après des tirs signalés dans les plateaux ainsi qu’un mouvement de militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en direction de Bujumbura, au Burundi. Ces informations interviennent dans un contexte marqué par des affrontements avec le Front pour la refondation de la nation (FRN) et des informations faisant état de ralliements de militaires congolais à ce mouvement.

Une vidéo qui suscite des interrogations

Dans sa publication, Kivu News 24 affirme que des tirs entendus dans les plateaux auraient provoqué un mouvement de panique à Uvira. Le compte évoque également un départ de troupes des FARDC quittant la ville en direction de Bujumbura, laissant entendre que la situation évolue rapidement sur le terrain.

Toutefois, les images diffusées ne permettent pas de confirmer l’ensemble de ces affirmations. Elles montrent principalement une rue d’Uvira et des véhicules en mouvement, sans apporter d’éléments suffisants pour identifier avec certitude les occupants, la nature des convois, leur destination ou les raisons de leur déplacement.

La distinction est importante : la diffusion d’une vidéo et les commentaires qui l’accompagnent ne constituent pas, à eux seuls, une confirmation d’un retrait militaire. À ce stade, aucune communication officielle des FARDC ou des autorités civiles d’Uvira ne confirme un repli organisé de leurs éléments vers le Burundi.

Uvira dans un contexte de pression militaire

Cette séquence intervient alors que la situation militaire reste tendue dans les environs d’Uvira et sur les hauts plateaux du Sud-Kivu. Depuis la fin du mois d’octobre, des affrontements opposent les FARDC, appuyées notamment par des combattants Wazalendo et, selon plusieurs reportages, des éléments burundais, aux forces du FRN, qui se présente comme le successeur de l’AFC/M23 sous l’autorité morale de Joseph Kabila.

Dans ce contexte, les mouvements de troupes, les changements de positions et les informations relatives à la situation des forces gouvernementales font l’objet d’une attention particulière. La proximité d’Uvira avec la frontière burundaise renforce également la sensibilité de toute information faisant état d’un déplacement de militaires vers ce pays voisin.

Un éventuel mouvement en direction de Bujumbura pourrait correspondre à différentes réalités opérationnelles : repli, rotation, déplacement logistique ou autre mission. En l’absence d’éléments vérifiables, aucune de ces hypothèses ne peut être privilégiée.

Les ralliements militaires au FRN alimentent les interrogations

L’autre élément qui donne à cette vidéo une résonance particulière concerne les informations faisant état de ralliements de militaires des FARDC au FRN.

Plusieurs médias régionaux ont rapporté, ces derniers jours, le passage de militaires congolais dans les rangs de ce mouvement, y compris de hauts gradés. Parmi les noms cités figurent notamment le général de brigade François Kamanzi, ancien commandant des opérations de la 12e région militaire, ainsi que le général de brigade Germain Katanga, mentionné dans des comptes rendus ultérieurs.

Des informations non officiellement confirmées font également état de plusieurs centaines de soldats et d’officiers ayant rejoint le FRN dans les environs de Nzibira, au Sud-Kivu. Ces éléments ont notamment été rapportés par KT Press et l’Agence Fides.

Parallèlement, la justice militaire congolaise poursuit des soldats accusés d’abandon de poste face à l’avancée du FRN. À Walikale, une cinquantaine d’éléments du 3415e régiment ont notamment été concernés par des procédures judiciaires rapportées par Actualite.cd.

Ces deux situations illustrent les difficultés auxquelles l’appareil militaire congolais est confronté dans certaines zones de conflit : d’un côté, des informations sur des ralliements vers le camp adverse ; de l’autre, des poursuites contre des militaires accusés d’avoir abandonné leurs positions.

Les FARDC ont également, par la voix de leur porte-parole, appelé des éléments présentés comme ayant été recrutés de force dans les rangs adverses à revenir avec leurs armes. Toutefois, les sources ouvertes consultées ne permettent pas d’établir une confirmation officielle des défections nominales évoquées.

Le silence officiel face à la circulation des images

Au-delà de la vidéo elle-même, la situation soulève une question importante sur la communication autour des opérations militaires dans l’Est de la RDC.

Dans une ville frontalière comme Uvira, où les populations vivent au rythme des informations sur les combats et les mouvements de troupes, une séquence montrant des véhicules militaires peut rapidement être interprétée comme le signe d’un retrait ou d’un effondrement des positions gouvernementales.

Or, un mouvement de troupes ne signifie pas nécessairement une défaite militaire. Il peut répondre à des impératifs opérationnels qui ne sont pas toujours rendus publics.

Mais lorsque les autorités militaires ne fournissent pas suffisamment d’explications sur les mouvements de leurs unités, les réseaux sociaux deviennent progressivement la principale source d’interprétation pour une population déjà exposée à l’incertitude sécuritaire.

La question reste donc entière : les véhicules montrés dans cette vidéo correspondent-ils à un déplacement ordinaire, à une réorganisation des positions militaires ou à un véritable mouvement de repli vers le Burundi ?

En attendant une clarification des FARDC et des autorités locales, la vidéo de Kivu News 24 demeure un signalement circulant sur les réseaux sociaux, et non une preuve établie d’un retrait militaire d’Uvira.

Paulin Kibando
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits

Sources : vidéo Kivu News 24 / Facebook (constatée par TIC-TAC HEBDO, 31 octobre 2026) ; contexte combats Uvira (Deutsche Welle) ; KT Press ; Agence Fides ; Actualite.cd.

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Paulin Kibando

Contributeur

Équipe éditoriale de TIC-TAC HEBDO, média congolais basé à Goma.

paulinkibando@gmail.com

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