La coalition d’opposition Article 64, connue sous l’acronyme C-64, a annoncé des démarches significatives auprès du président Félix Tshisekedi et de son prédécesseur Joseph Kabila. L’objectif de ces initiatives est de rechercher une issue politique à la crise persistante en République démocratique du Congo (RDC).
Lors de son conclave tenu à Rome du 25 au 27 octobre, la C-64 a formulé une déclaration finale lue publiquement le mardi 27 octobre par Delly Sessanga. Dans cette déclaration, la coalition a clairement rejeté toute modification de la Constitution qui pourrait remettre en cause le principe fondamental de l’alternance démocratique. Parallèlement, elle a lancé un appel à l’organisation d’un dialogue national inclusif, perçu comme une voie essentielle pour apaiser les tensions et trouver des solutions consensuelles.
Au cœur des préoccupations de la C-64 se trouve la protection de l’intégrité constitutionnelle et du calendrier électoral. La coalition s’est fermement opposée à tout changement de la Constitution, insistant sur le maintien des dispositions actuelles. Cette opposition vise également un éventuel troisième mandat présidentiel, ainsi que tout report des élections prévues en 2028. Ces points sont considérés comme des piliers de la démocratie congolaise et leur remise en question est perçue comme une menace directe à la stabilité politique du pays.
La C-64 a spécifiquement ciblé la loi fixant les conditions d’organisation du référendum, adoptée par l’Assemblée nationale le 23 octobre après une nouvelle délibération. Selon la coalition, cette loi ne peut en aucun cas contourner les dispositions de l’article 220 de la Constitution. Cet article est crucial car il établit des limites claires concernant le nombre et la durée des mandats présidentiels, garantissant ainsi l’alternance et empêchant la concentration indéfinie du pouvoir. L’estimation de la C-64 est que toute tentative de déroger à cet article par le biais d’une loi référendaire serait anticonstitutionnelle et mettrait en péril les acquis démocratiques.
Les déclarations de la C-64 soulignent des enjeux majeurs pour l’avenir politique de la RDC. Le rejet catégorique de la modification de la Constitution et du report des élections de 2028 vise à prévenir toute tentative de prolongement des mandats présidentiels au-delà des limites fixées par la loi fondamentale. Pour les habitants de la RDC, cela signifie la défense du principe d’alternance, un gage de renouveau démocratique et de respect de la volonté populaire exprimée par les urnes. La position de la coalition met en lumière les tensions potentielles entre les aspirations démocratiques et les manœuvres politiques perçues comme visant à contourner la Constitution.
L’appel à un dialogue national inclusif, avec l’engagement de contacter le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, révèle la volonté de la C-64 de trouver une solution politique concertée à la crise. Un tel dialogue, s’il se concrétise, pourrait offrir une plateforme pour discuter des divergences et rechercher un consensus sur les questions cruciales de la gouvernance, des réformes électorales et du respect de la Constitution. L’absence de réponse immédiate ou de déclaration officielle de la part des institutions ou des personnalités politiques interpellées par la C-64 n’est pas mentionnée dans la déclaration, laissant ouverte la question de la suite donnée à ces démarches.
Anselme Syangoma
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