Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a catégoriquement démenti, mardi 27 octobre 2026, l’annonce de la prise de Kawezi par les combattants du Front pour la Refondation de la Nation (FRN). Réagissant à une publication du journaliste Steve Wembi, il a qualifié cette information de « montage ennemi » et accusé son auteur de « trahir le pays », sans présenter publiquement de preuves étayant ces accusations.
La controverse autour de la situation sécuritaire à Kawezi, dans les environs d’Uvira, a pris une nouvelle tournure après la réaction publique du gouverneur du Sud-Kivu. Jean-Jacques Purusi Sadiki s’est exprimé le mardi 27 octobre à la mairie d’Uvira, à la suite d’une publication du journaliste Steve Wembi annonçant la prise de cette localité par les combattants du FRN, mouvement associé à l’ancien président Joseph Kabila.
Dans sa publication diffusée le lundi 26 octobre, Steve Wembi affirmait que les combattants du FRN avaient pris le contrôle de Kawezi, une localité qu’il situait à plus de dix kilomètres d’Uvira. Cette annonce a été contestée par le gouverneur, qui a rejeté l’idée d’une avancée des combattants vers cette ville du Sud-Kivu.
« C’était un montage ennemi », a déclaré Jean-Jacques Purusi, avant d’affirmer : « C’est donc totalement faux. Kawezi n’est pas tombé. » Le gouverneur a également indiqué que cette localité se trouvait à environ dix kilomètres du lieu où il s’exprimait.
Purusi accuse le journaliste de « trahir le pays »
Au-delà du démenti sécuritaire, le chef de l’exécutif provincial a vivement mis en cause le journaliste à l’origine de l’annonce. Répondant à une question d’un journaliste local sur la publication de Steve Wembi, Jean-Jacques Purusi a tenu des propos particulièrement sévères à son égard.
« Nous connaissons ce petit Steve Wembi, qui est en train de trahir le pays », a-t-il déclaré. Il a poursuivi en qualifiant les personnes qu’il accuse de diffuser ce type d’informations de « petits affamés qui cherchent de quoi manger de cette manière ».
Le gouverneur a ainsi déplacé une partie du débat du terrain strictement sécuritaire vers la crédibilité et les motivations de l’auteur de la publication. Toutefois, les accusations formulées contre Steve Wembi demeurent celles de Jean-Jacques Purusi. Les propos rapportés lors de cette intervention ne s’accompagnent pas d’éléments publics permettant d’établir que le journaliste aurait délibérément diffusé une fausse information ou agi pour le compte d’un acteur armé.
Une controverse dans un contexte sécuritaire sensible
Cette confrontation intervient alors que les informations relatives aux mouvements des combattants et au contrôle des localités du Sud-Kivu sont suivies avec une attention particulière par les populations. Dans une région marquée par des changements de contrôle territorial et des affrontements, une annonce concernant une localité proche d’Uvira peut susciter des inquiétudes, notamment lorsqu’elle laisse craindre une progression des combats vers la ville.
Le gouverneur a précisément contesté les informations faisant état d’une avancée du FRN vers Uvira, présentant l’annonce de la chute de Kawezi comme une tentative de manipulation destinée à provoquer la panique. Sa déclaration vise ainsi à rassurer la population sur la situation sécuritaire.
Cependant, le démenti d’une autorité provinciale, même formulé avec fermeté, ne suffit pas à lui seul à établir la situation exacte sur le terrain. De la même manière, la publication d’un journaliste annonçant la prise d’une localité ne constitue pas, sans éléments de corroboration, une confirmation indépendante de son contrôle.
La vérification de la situation à Kawezi nécessite donc des informations complémentaires, notamment des témoignages directs et recoupés, des éléments visuels datés et géolocalisés ou des confirmations provenant de sources indépendantes.
Entre communication officielle et informations relayées sur les réseaux sociaux
L’affaire met en évidence les difficultés auxquelles sont confrontés les médias et les autorités dans un contexte de conflit armé. Les réseaux sociaux permettent de diffuser rapidement des informations sur les mouvements militaires, mais cette rapidité ne garantit ni leur exactitude ni leur vérification.
Pour les journalistes, l’enjeu consiste à établir l’origine des informations, à identifier les témoins, à vérifier les lieux et les dates des images éventuelles, puis à confronter les affirmations aux sources disponibles. Pour les autorités, les démentis portant sur des événements sécuritaires gagnent également à être accompagnés d’éléments précis permettant au public de comprendre la situation.
Dans le cas de Kawezi, deux versions s’opposent donc : Steve Wembi a annoncé la prise de la localité par les combattants du FRN, tandis que Jean-Jacques Purusi affirme que cette information est fausse et que Kawezi n’est pas tombé. En l’absence de vérification indépendante permettant de départager ces déclarations, il convient de ne présenter ni la chute de la localité ni les accusations portées contre le journaliste comme des faits définitivement établis.
Au-delà de l’affrontement verbal entre le gouverneur et Steve Wembi, la question centrale reste ainsi celle du contrôle effectif de Kawezi et de l’évolution réelle de la situation sécuritaire dans les environs d’Uvira.
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