KINSHASA, 22–23 octobre 2026 — À l’entame de la 7ᵉ séance plénière du jeudi 22 octobre au Palais du Peuple, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a dénoncé l’arrestation de la sénatrice Carole Agito Amela, qu’il juge contraire aux textes. La position de la Chambre haute a été relayée par le compte officiel du Sénat (@senatrdc), consulté par TIC-TAC HEBDO.
Selon ce communiqué institutionnel (SENAT-RTNC), le Speaker a affirmé la solidarité totale du Sénat envers sa collègue, présentée comme victime d’une arrestation opérée par les instances judiciaires « en violation flagrante des textes ». Il y voit une atteinte aux immunités parlementaires, garanties selon lui fondamentales de la démocratie et de l’État de droit.
Deux dispositions sont citées :
- l’article 107 de la Constitution, qui protège les parlementaires contre toute arrestation arbitraire et, en session, exige une autorisation de la chambre concernée (sauf flagrant délit) ;
- l’article 223 du règlement intérieur du Sénat, qui fixe la procédure obligatoire en cas de saisine judiciaire pour la levée des immunités — procédure que Sama Lukonde estime « totalement bafouée ».
« Le Sénat n’est pas contre la justice. Le Sénat est pour l’État de droit. Mais l’État de droit, c’est le strict respect de la loi par tous, y compris par ceux qui sont chargés de l’appliquer. On ne lève pas les immunités d’une sénatrice comme on procède à une interpellation de droit commun », a déclaré Jean-Michel Sama Lukonde, selon le compte officiel du Sénat.
Au-delà du cas Agito, le président de la Chambre haute a annoncé que, sous sa présidence, le Sénat resterait « intransigeant » sur le respect des textes : aucune dérive ni violation procédurale ne serait tolérée. La séance plénière s’est poursuivie après cette mise au point.
Des sources concordantes situent l’interpellation de Carole Agito dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre à Kinshasa, avec audition devant des services de sécurité — certains récits évoquent le renseignement militaire et des soupçons d’« activités subversives » ou de contacts avec « l’ennemi ». Ces motifs n’ont pas été confirmés officiellement. Selon les mêmes sources, la sénatrice aurait ensuite été libérée, avec interdiction de quitter la capitale — élément restant à confirmer par une communication judiciaire.
Autre camp. Au moment de cette rédaction, ni le parquet ni le gouvernement n’avaient publié de communiqué détaillant les charges retenues contre Carole Agito Amela, ni répondant point par point à l’argumentation du Sénat sur les articles 107 et 223.
Au-delà des faits. En 48 heures, Kinshasa a vu l’interpellation d’une sénatrice en exercice puis celle, le 23 octobre, de l’ancien président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba — libéré après perquisition. Deux dossiers distincts, une même lecture qui circule : la justice qui avance sans passer par les procédures prévues pour les élus et anciens dignitaires. Que Sama Lukonde, issu de la majorité, choisisse de « frapper du poing sur la table » au nom des immunités dit aussi que la crispation n’est plus seulement une affaire d’opposition. La question ouverte reste simple : l’État de droit que revendique le Speaker s’arrêtera-t-il au cas Agito, ou forcera-t-il un rappel à l’ordre durable des services qui interpellent ?
Paulin Kibando
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
Sources : compte officiel du Sénat @senatrdc (22 octobre 2026) ; informations vérifiées par TIC-TAC HEBDO sur le contexte de l’interpellation.
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