Le premier cas importé d’Ebola confirmé au Kenya concerne un citoyen kenyan tombé malade en République démocratique du Congo, puis ayant voyagé vers Nairobi via Beni et l’Ouganda. Décédé le 5 octobre dans un hôpital de la capitale kenyane, ce patient rappelle l’importance du suivi des malades et de leurs contacts sur les axes de déplacement du Nord-Kivu. Son passage par Beni ne permet toutefois pas, à lui seul, d’établir des contaminations dans la ville.
Selon la chronologie publiée par l’Organisation mondiale de la santé, le patient avait reçu des soins dans plusieurs établissements en RDC avant de rejoindre Kampala par la route, via Beni, le 2 octobre. Il a ensuite pris un avion pour Nairobi, où il est arrivé le 3 octobre. Pour notre région, cet itinéraire montre combien la surveillance sanitaire doit tenir compte des déplacements entre les localités congolaises et les pays voisins.
À Nairobi, le patient a été transporté à l’hôpital et rapidement isolé. Les analyses effectuées par deux laboratoires ont confirmé une infection au virus Bundibugyo, responsable d’une forme de maladie à virus Ebola. Il est décédé dans la nuit du lundi 5 octobre, puis a été inhumé le lendemain selon le protocole sanitaire prévu. Les autorités ont annoncé le cas le mardi 6 octobre.
Au-delà du décès enregistré au Kenya, Africa CDC souligne une difficulté qui concerne directement la riposte en RDC : plus de 70 % des nouveaux cas sont encore détectés dans la communauté chez des personnes qui n’avaient pas été préalablement identifiées et suivies comme contacts. L’institution appelle donc à renforcer la recherche active des malades, le suivi quotidien des personnes exposées et la participation des communautés, afin de repérer les infections avant qu’elles ne provoquent de nouvelles transmissions.
Pour les habitants du Nord-Kivu, l’information essentielle porte sur les circonstances de transmission : Ebola se transmet par contact direct avec le sang ou les liquides corporels d’une personne infectée, ou avec du matériel contaminé. Avoir emprunté le même itinéraire qu’un malade ne suffit donc pas à établir une exposition. En revanche, les personnes ayant eu un contact à risque doivent pouvoir être identifiées et suivies par les équipes sanitaires.
Ce cas importé renforce la nécessité d’échanges rapides entre les services sanitaires congolais, ougandais et kenyans. Africa CDC insiste sur le partage des informations et la capacité d’intervention aux frontières, tandis que l’OMS déconseille, sur la base des données disponibles, les restrictions de voyage ou de commerce avec les trois pays. Pour notre région, l’enjeu est de détecter les malades au plus tôt et d’assurer la continuité du suivi des contacts lorsqu’ils se déplacent.
Anselme Syangoma
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