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Sud kivu: Les FARDC de nouveau pointées du doigt par l'AFC-M23 dans la violation du droit international humanitaire

Les nouvelles accusations formulées par l’AFC/M23, comme celles portées contre le mouvement par les autorités congolaises, mettent désormais à l’épreuve les mécanismes de vérification installés ces derniers mois. Après les communiqués contradictoires et les accusations réciproques, l’enjeu n’est donc plus seulement de savoir qui accuse qui, mais de déterminer indépendamment ce qui se passe réellement sur le terrain, quelles parties continuent de violer le cessez-le-feu et surtout comment ...

Sud kivu: Les FARDC de nouveau pointées du doigt par l'AFC-M23 dans la violation du droit international humanitaire

L’Alliance Fleuve Congo/M23 accuse de nouveau les forces gouvernementales congolaises et leurs alliés d’avoir mené des attaques contre ses positions et des zones habitées par des civils au Sud-Kivu. Dans une communication publiée le 8 septembre 2026, son porte-parole Lawrence Kanyuka dénonce des « actes criminels », des accusations qui interviennent alors que Kinshasa et l’AFC/M23 restent officiellement engagés dans un cessez-le-feu assorti désormais d’un mécanisme de surveillance et de vérification destiné précisément à documenter ce type d’incidents.

La tension reste vive au Sud-Kivu malgré les engagements diplomatiques pris depuis plusieurs mois. Dans sa mise à jour sur la situation militaire publiée le 8 septembre, l’AFC/M23 accuse les forces gouvernementales congolaises et leurs alliés de poursuivre des opérations contre ses positions dans plusieurs zones de la province et affirme que certaines attaques auraient également touché des espaces habités par des populations civiles. Lawrence Kanyuka considère ces opérations comme des « actes criminels » et accuse Kinshasa de poursuivre les hostilités malgré les engagements de cessation des combats, mais ces affirmations restent celles de l’AFC/M23 et nécessitent une vérification indépendante permettant d’établir les circonstances exactes des incidents, les forces effectivement impliquées ainsi que l’existence d’éventuelles victimes civiles.

Des accusations de part et d’autre au Sud-Kivu

La protection des civils devient d’autant plus difficile à apprécier que les accusations sont formulées dans les deux sens. Quelques jours auparavant, les autorités provinciales du Sud-Kivu avaient elles-mêmes accusé l’AFC/M23 d’exactions contre des populations civiles à Kaniola, dans le territoire de Walungu, après des violences signalées dans la nuit du 6 au 7 septembre. Dans un environnement où chaque partie attribue à l’autre la responsabilité d’attaques contre les populations, la vérification indépendante des faits devient essentielle, d’autant que le droit international humanitaire impose à tous les belligérants, sans distinction, de différencier les objectifs militaires des personnes et biens civils et de prendre les précautions nécessaires pour protéger les populations.

Ces accusations contradictoires montrent également les limites d’une guerre de communication dans laquelle chaque camp produit sa propre lecture des événements. Pour les populations du Sud-Kivu prises entre les différentes forces, la question essentielle reste moins l’origine des communiqués que la possibilité d’établir rapidement les faits lorsqu’une localité est bombardée, attaquée ou lorsqu’un déplacement de population est signalé, afin que la responsabilité des auteurs puisse être déterminée sur la base d’éléments vérifiables.

Le mécanisme de vérification du cessez-le-feu mis à l’épreuve

Les nouvelles accusations interviennent précisément au moment où le processus de Doha doit permettre de dépasser cette succession de versions contradictoires. Kinshasa et l’AFC/M23 se sont engagés à respecter un cessez-le-feu et un mécanisme conjoint de surveillance et de vérification a progressivement été rendu opérationnel afin de documenter les violations présumées. Les parties ont notamment convenu d’une méthode permettant de signaler les incidents, tandis qu’une première mission de vérification a été déployée dans l’Est de la RDC, donnant désormais aux engagements diplomatiques un instrument qui devrait permettre de confronter les déclarations des belligérants aux réalités observées sur le terrain.

Les événements dénoncés au Sud-Kivu constituent donc précisément le type d’incidents que ce mécanisme devrait pouvoir examiner : déterminer où les attaques ont eu lieu, quelles forces étaient présentes, quels moyens militaires ont été utilisés, si des objectifs militaires étaient effectivement visés et surtout si des civils ont été touchés ou délibérément pris pour cible. Une telle vérification est d’autant plus importante que des accusations impliquant des populations civiles peuvent rapidement alimenter de nouvelles tensions et servir de justification à une reprise plus large des hostilités.

Entre Doha et Washington, le terrain continue de défier la diplomatie

Plusieurs mois après les engagements pris dans les différents processus diplomatiques, la persistance des affrontements dans l’Est de la RDC continue ainsi de montrer l’écart entre les textes signés et la réalité militaire. Le processus de Doha concerne directement le gouvernement congolais et l’AFC/M23, tandis que l’accord de Washington encadre principalement les engagements entre la RDC et le Rwanda ; ces deux dynamiques poursuivent néanmoins un objectif commun de désescalade, de réduction des hostilités et de recherche d’une solution politique durable à une crise dont les populations civiles restent les premières victimes.

Les nouvelles accusations formulées par l’AFC/M23, comme celles portées contre le mouvement par les autorités congolaises, mettent désormais à l’épreuve les mécanismes de vérification installés ces derniers mois. Après les communiqués contradictoires et les accusations réciproques, l’enjeu n’est donc plus seulement de savoir qui accuse qui, mais de déterminer indépendamment ce qui se passe réellement sur le terrain, quelles parties continuent de violer le cessez-le-feu et surtout comment protéger les civils pendant que les négociations se poursuivent.

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Anselme Syangoma

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Contributeur

Équipe éditoriale de TIC-TAC HEBDO, média congolais basé à Goma.

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