La ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, s’est réveillée sous les eaux ce mercredi 19 août 2026, après une forte pluie tombée tôt dans la matinée. Plusieurs artères de la ville se sont rapidement transformées en véritables cours d’eau, compliquant sérieusement la circulation des véhicules et des piétons.
Sur le terrain, la rédaction de TIC-TAC HEBDO a constaté d’importantes accumulations d’eau sur plusieurs axes. Le transport en commun a été particulièrement perturbé, certains conducteurs étant contraints de ralentir, de changer d’itinéraire ou d’attendre la baisse du niveau des eaux.
Dans les deux communes de Goma, Karisimbi et Goma, les conséquences ont surtout été ressenties dans les déplacements et les activités quotidiennes. Si les premiers constats ne font pas état de dégâts matériels majeurs, cette nouvelle pluie remet au premier plan un problème auquel la ville est confrontée depuis plusieurs années : l’insuffisance du système de drainage des eaux pluviales.
Construite en grande partie sur des formations volcaniques et marquée par une urbanisation rapide, Goma présente une configuration particulière. Dans plusieurs quartiers, les routes, les constructions et l’occupation progressive des espaces ont profondément modifié les voies naturelles d’écoulement des eaux.
Lors de fortes précipitations, d’importantes quantités d’eau convergent ainsi vers certains axes routiers et points bas de la ville. Faute de caniveaux suffisamment dimensionnés et d’un réseau cohérent d’évacuation, les chaussées deviennent elles-mêmes des voies d’écoulement.
Le problème ne date donc pas de la pluie de ce mercredi. À chaque épisode de fortes précipitations, plusieurs quartiers connaissent pratiquement les mêmes difficultés.
Ces inondations temporaires ont un impact direct sur la vie économique et sociale. Se rendre au marché, au travail, dans les établissements scolaires ou rejoindre certains quartiers devient difficile lorsque plusieurs axes sont submergés.
Pour les petits commerçants et les transporteurs, quelques heures de paralysie peuvent également représenter une perte de revenus importante.
La présence prolongée d’eaux stagnantes et le mélange de celles-ci avec les déchets accumulés le long de certaines routes posent par ailleurs la question de l’assainissement urbain.
La situation observée ce mercredi rappelle ainsi que le drainage n’est pas seulement une question de voirie : il constitue également un enjeu économique, sanitaire et environnemental pour Goma.
Les dirigeants de l’AFC-M23, qui administrent actuellement la ville, ont affiché leur volonté d’améliorer les infrastructures urbaines et notamment la canalisation des eaux.
Pour la population, l’enjeu sera désormais de voir ces intentions se traduire progressivement en ouvrages capables de répondre à l’ampleur du problème.
Car construire quelques caniveaux isolés ne suffira probablement pas. Goma a besoin d’une approche globale permettant d’identifier les principaux couloirs de ruissellement, les zones régulièrement inondées et les infrastructures nécessaires pour conduire les eaux vers des exutoires adaptés.
L’entretien des caniveaux existants, la lutte contre leur obstruction par les déchets et une meilleure organisation de l’urbanisation devront également accompagner les travaux.
La forte pluie de ce 19 août 2026 aura finalement servi de nouveau rappel : au-delà de l’urgence provoquée par quelques heures d’intempéries, Goma reste confrontée à un défi structurel de gestion des eaux pluviales.
Pour une population habituée à voir certaines rues se transformer en rivières à chaque forte pluie, la véritable réponse ne sera plus dans les annonces, mais dans la réalisation d’infrastructures durables capables d’accompagner la croissance de la ville.
ANSELME SYANGOMA
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