L'Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) a, par un communiqué publié ce mardi 23 juin 2026 depuis Goma, dénoncé une intensification des bombardements par les forces coalisées du régime de Kinshasa contre des zones civiles dans l'est de la République Démocratique du Congo. Selon le mouvement, ces frappes aériennes auraient ciblé des zones habitées après des revers militaires subis par les forces gouvernementales sur les lignes de front.
Les allégations de l'AFC-M23 précisent que les attaques auraient débuté dans la nuit du lundi 22 juin aux alentours de 23h30 et se seraient poursuivies jusqu'à midi le lendemain. Les localités de Bidegu et de ses environs auraient été visées par des drones kamikazes et des avions de type KT-6. Le mouvement ajoute que, ce mardi entre 6h00 et 11h00, les bombardements se sont intensifiés sur les localités de Gakenke et Mikenke, également présentées comme des zones densément peuplées. Ces frappes auraient, d'après le communiqué, entraîné plusieurs victimes civiles, de nombreux blessés et le déplacement de milliers d'habitants.
Ces accusations de l'AFC-M23, formulées par son porte-parole Lawrence Kanyuka, s'inscrivent dans un contexte de tensions persistantes. Des allégations similaires avaient déjà été rapportées début juin, où l'AFC-M23 dénonçait des bombardements aériens par drones kamikazes et avions KT-6 contre les mêmes localités de Bidegu, Gakenke et Mikenke, dans les hauts plateaux de Minembwe, dès la nuit du 4 au 5 juin 2026, ainsi que le 2 juin. Le mouvement réaffirme son engagement à défendre, protéger et sécuriser les populations civiles contre toute attaque.
La situation humanitaire et sécuritaire dans l'est de la RDC est préoccupante, comme l'a souligné le Consortium International pour les Droits humains au Congo (CIDHC) dans ses alertes sur la dégradation alarmante de la situation. Un rapport antérieur du CIDHC, daté de mars 2026, avait déjà documenté 1 564 civils tués et 988 blessés entre juillet 2025 et mars 2026 dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, suite à des bombardements et des attaques militaires ciblant des zones habitées, incluant l'usage de drones et d'artillerie lourde.
Les préoccupations internationales rejoignent ces constats. Le Royaume-Uni a exprimé ses vives inquiétudes face à l'augmentation des frappes de drones, des bombardements aériens et des tirs d'artillerie lourde dans les zones densément peuplées de l'Est de la RDC, compromettant la sécurité des civils. Par ailleurs, une Commission d'enquête indépendante des Nations Unies a alerté fin juin 2026 sur une crise des droits humains d'une « gravité exceptionnelle » dans l'est du pays, évoquant des allégations alarmantes de violences graves contre les civils et une dégradation continue de l'environnement sécuritaire, marquée par des déplacements massifs de population.
Il est à noter que les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont également formulé des accusations similaires à l'encontre de la coalition AFC/M23-Twirweneho. Elles ont notamment affirmé que des bombardements par drones menés par cette coalition avaient touché des positions des FARDC à Mikenge et ses environs début juin, causant des pertes civiles et des dégâts matériels. Plus récemment, début juillet 2026, les FARDC ont dénoncé de nouvelles frappes par drones armés imputées à la coalition RDF/AFC-M23 dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, ayant causé des victimes civiles. Cette situation complexe met en lumière un conflit où les accusations de ciblage de civils par des moyens aériens sont mutuelles, soulignant le lourd tribut payé par les populations dans cette région.
Par la rédaction de TIC-TAC HEBDO
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