La carrière de Jean-Bosco Butsitsi démarre en 1998 dans des conditions particulières. C’est lors d’une réunion de sécurité organisée au gouvernorat de province pour pourvoir à la succession du mwami assassiné au bureau de la chefferie de Bukumu par des hommes en armes non autrement identifiés qu’il avait été décidé de la désignation de Carol Butsitsi qui a préféré de faire jouer ce rôle à son petit frère Jean-Bosco Butsitsi.
Devenu chef de la collectivité-chefferie de Bukumu, Jean-Bosco Butsitsi s’est consacré entièrement à sa fonction pendant dix huit années, à la grande satisfaction d’une partie non négligeable de la population malgré les nombreuses contraintes et les incessantes contestations de certains membres de la famille régnante, jusqu’au jour de sa suspension par l’ancien gouverneur Julien Paluku Kahongya le 26 mars 2016, pour soi-disant insoumission et autres griefs d’ordre sécuritaire pour lesquels aucune enquête n’a été menée par les services spécialisés.
Ce qui continue à faire croire à certaines personnes averties que Jean-Bosco Butsitsi a été suspendu pour d’autres raisons que celles évoquées dans l’arrêté de l’ancien gouverneur du Nord-Kivu. Toutes les démarches menées auprès des autorités provinciales et nationales n’ayant pas produit l’effet recherché,son avocat a sollicité et obtenu l’audience auprès du président Félix-AntoineTshisekedi Tshisekedi Tshilombo,au cours de laquelle il a été décidé d’organiser une deuxième audience en présence du gouverneur Carly Nzanzu Kasivita et les deux bénéficiaires des arrêtés ministériels notamment le fils du mwami assassiné,qui n’a jamais été accepté par l’ancien gouverneur, et le député provincial Lebon Bakungu,le chouchou des autorités provinciales de l’époque.
À la sortie de cette audience,le tout nouveau gouverneur de province Carly Nzanzu Kasivita a laissé entendre que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo voulait et tenait à mettre fin à la longue crise de légitimité à la Collectivité-chefferie de Bukumu dans un délai raisonnable.
Plusieurs mois après cette audience de la dernière chance,rien n’indique que l’unique Collectivité-chefferie du territoire de Nyiragongo pourra bénéficier de la recommandation du président de la République de faire dénouer cette longue crise instrumentalisée par les personnalités aux intentions non avouées.
En attendant la solution consensuelle qui pourra ramener la bonne entente dans la grande famille régnante,certains notables de Bukumu n’acceptent plus d’être sous l’administration d’un secrétaire de collectivité. Ils critiquent à haute voix l’attitude des autorités provinciales qui n’accordent pas à Bukumu le même traitement réservé aux autres chefferies du Nord-Kivu. Ce qui ressemblerait au mépris.
En attendant la mise sur pied d’une commission d’arbitrage par le ministre délégué aux affaires coutumières comme l’a recommandé le président de la République,il est plus que nécessaire de lever la longue suspension injustifiée de Jean-Bosco Butsitsi pour favoriser le bon déroulement des enquêtes. Même si c’est le ministre de l’intérieur qui a le dernier mot dans ce dossier de succession inutilement politisé par les autorités provinciales et de nombreuses personnes non habilitées à s’ingérer dans le règlement des affaires de la famille régnante,le gouverneur Carly Nzanzu Kasivita ferait preuve de sagesse en levant cette mesure pour calmer les esprits inutilement surchauffés dans une affaire où la décision à prendre par le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur sera irrévocable et s’appliquera à tous.
Pascal Hamici/RKM
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