GOMA, 20 octobre 2026 — Face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, des acteurs des forces vives de la société civile du Nord-Kivu expriment leurs préoccupations et se tournent vers le Front pour la Refondation de la Nation (FRN), une initiative associée à l’ancien président Joseph Kabila. Dans une déclaration présentée à Goma, ces acteurs critiquent la gestion de la crise par les autorités et plaident pour une nouvelle dynamique politique susceptible, selon eux, de répondre aux difficultés auxquelles les populations sont confrontées.
La situation sécuritaire et humanitaire au centre des préoccupations
Dans leur déclaration, les acteurs des forces vives de la société civile évoquent les violences armées, les difficultés humanitaires et la précarité socio-économique qui affectent plusieurs zones de l’Est de la RDC. Ils dénoncent également ce qu’ils considèrent comme des insuffisances dans la réponse des autorités face à une crise qui continue de peser sur les conditions de vie des populations.
Leurs préoccupations portent notamment sur la sécurité des civils, les déplacements de population, les difficultés d’accès à l’aide humanitaire ainsi que les conséquences des conflits sur les activités économiques et sociales. Ils évoquent aussi des problèmes de gouvernance et des restrictions des libertés publiques qu’ils jugent préoccupants.
Ces critiques traduisent leur appréciation de la situation. Les accusations formulées dans la déclaration doivent toutefois être distinguées des faits établis indépendamment.
Un appel au dialogue politique
Au-delà des questions sécuritaires, les acteurs de la société civile mettent en avant la nécessité d’un dialogue politique capable de prendre en compte les préoccupations des différentes composantes de la société congolaise.
Ils font référence aux démarches de dialogue défendues par différentes organisations et confessions religieuses, notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). À leurs yeux, la recherche d’une issue durable à la crise ne peut reposer uniquement sur les réponses militaires, mais nécessite également des initiatives politiques.
Cette position intervient dans un contexte où les conflits dans l’Est continuent de soulever des interrogations sur la capacité des institutions à rétablir durablement la sécurité et à répondre aux besoins des populations affectées.
Le FRN de Joseph Kabila, vers lequel se tournent ces acteurs
Dans leur déclaration, les acteurs des forces vives de la société civile se tournent vers le Front pour la Refondation de la Nation (FRN), une initiative associée à l’ancien président Joseph Kabila Kabange.
Ils estiment que le mécontentement d’une partie de la population face à la situation actuelle conduit à rechercher d’autres perspectives politiques. Dans cette lecture, le FRN apparaît comme une initiative susceptible de susciter un intérêt auprès de certains acteurs sociaux et communautaires de l’Est du pays.
La déclaration fait état de consultations auprès de responsables communautaires, confessionnels et de mouvements citoyens. Toutefois, les éléments rapportés ne permettent pas de mesurer précisément l’ampleur du soutien populaire évoqué ni d’affirmer que l’ensemble des forces vives de la société civile adhère à cette orientation.
Cette orientation vers le FRN constitue ainsi une prise de position politique des personnes à l’origine de la déclaration, plutôt qu’une position nécessairement partagée par toutes les organisations de la société civile du Nord-Kivu.
Des questions sur les solutions à la crise dans l’Est
La déclaration soulève plusieurs interrogations sur les perspectives de sortie de crise. Quelles propositions concrètes le FRN avance-t-il pour répondre à l’insécurité ? Comment organiser un dialogue politique susceptible de prendre en compte les revendications des populations de l’Est ? Et quelles garanties permettraient de traduire les initiatives politiques en améliorations concrètes sur le terrain ?
Pour les habitants des zones touchées par les conflits, les enjeux restent avant tout liés à la sécurité, à la liberté de circulation, au retour des personnes déplacées et à la reprise des activités économiques et sociales.
La prise de position exprimée à Goma témoigne ainsi des débats qui traversent la société civile sur les réponses à apporter à la crise congolaise. Elle met en évidence la volonté de certains acteurs de voir émerger de nouvelles perspectives politiques, sans pour autant établir l’existence d’un consensus général autour du FRN.
La déclaration a été lue à Goma par Hervé Amani, présenté comme membre de la société civile de l’Est.
Paulin KIBANDO
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