KINSHASA — La scène politique congolaise franchit un nouveau palier d’intensité. Alors que les spéculations autour d’une prise de parole imminente de l’ancien président Joseph Kabila agitent l’opinion publique et le microcosme politique de la capitale, ses proches lieutenants montent au créneau pour poser les jalons d’un virage stratégique décisif.
Parmi les voix les plus en vue de l’opposition institutionnelle, le diplomate et ancien conseiller du chef de l’État, Barnabé Kikaya Bin Karubi, a fermement recadré le débat public. Dans une sortie médiatique empreinte d’une rigueur martiale, le fidèle de l’ex-président a tenu à imposer un changement de ton radical dans le dialogue national :
« Le Maestro siffle la fin de la récréation. Fini les bavardages, les ragots, les commérages et les insultes sur la place publique. Place aux douze propositions du 23 mai 2025 et au Pacte citoyen pour sauver notre pays. On commence par le commencement : mettre fin à la tyrannie. Qu’on se le dise et à bon entendeur, salut ! »
En évoquant l’image du « Maestro », Barnabé Kikaya fait directement référence à Joseph Kabila, le désignant comme l’arbitre capable de rétablir la discipline et la méthode politique dans un climat ambiant pollué par les tensions interpersonnelles et les invectives partisanes.
L’ancien conseiller remet au centre de l’échiquier le « Pacte citoyen pour la refondation de l’État », articulé autour des 12 propositions formulées par l’ex-chef d’État lors de son adresse solennelle du 23 mai 2025. Ce programme, présenté par ses partisans comme l’unique boussole pour sortir le pays du marasme sécuritaire et institutionnel, place au sommet de ses priorités la restauration de l’ordre démocratique, le rétablissement de la cohésion nationale et la neutralisation de toutes les forces subversives.
Cette prise de parole sonne comme un avertissement direct adressé aussi bien au pouvoir en place qu’aux détracteurs de l’ancien régime. En qualifiant d’« urgence première » la nécessité de « mettre fin à la tyrannie », la plateforme réunie autour de l’héritage politique de Kabila entend matérialiser son rôle de véritable alternative politique.
Alors que l’attention reste braquée sur les prochaines orientations que donnera l’ex-président à ses partisans, la mise en garde de Kikaya Bin Karubi fixe une ligne de conduite claire : l’heure n’est plus à la polémique stérile, mais à la mise en œuvre rigoureuse d’un agenda politique de rupture.
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