Selon un message publié sur le compte X officiel du Bureau des Affaires africaines du Département d’État américain (@AsstSecStateAF), l’assistant secretary Frank Garcia s’est entretenu avec l’ambassadrice rwandaise Mathilde Mukantabana. Dans ce message, Washington rappelle que le Rwanda doit honorer ses obligations au titre des Accords de Washington, notamment en mettant fin à tout soutien au M23 et en retirant ses forces du territoire congolais. Le même texte présente la mise en œuvre complète de ces engagements comme le fondement d’une paix durable dans la région des Grands Lacs et comme une ouverture à de nouveaux investissements. Il s’agit de la formulation officielle américaine sur X, à distinguer de la lettre exacte des dispositions signées.
La section 2.i de l’accord du 27 juin 2025 impose aux deux signataires de cesser immédiatement et sans condition leur soutien étatique aux groupes armés non étatiques, sauf ce qui serait nécessaire pour faciliter son application. Cette disposition ne nomme pas expressément le M23. Washington désigne donc un mouvement précis dans sa demande, tandis que la clause écrite établit une obligation générale. L’absence du nom du M23 ne constitue pas pour autant une exemption à cette obligation. Accord (texte)
Le désengagement relève d’un autre dispositif. La section 1.i renvoie au plan harmonisé de neutralisation des FDLR et de désengagement des forces ou de levée des mesures défensives du Rwanda. Dans l’appendice A, paragraphe 8.b, les FARDC sont chargées de neutraliser les FDLR, tandis que les RDF doivent procéder au désengagement rwandais. Le M23 n’est pas désigné dans cette disposition comme la force chargée de se retirer. Assimiler directement ce volet au retrait du M23 dépasserait donc sa formulation. Accord (texte)
Le plan prévoit une progression coordonnée, avec préparation, opérations, évaluation et stabilisation. Il fixe l’achèvement de la neutralisation des FDLR et de la levée des mesures défensives rwandaises au plus tard à J+90. Il ne dit pas que Kigali peut attendre la neutralisation complète des FDLR avant de commencer son désengagement. Ce mécanisme doit également être distingué de l’obligation de cessation du soutien aux groupes armés. Accord (texte)
La différence porte ainsi sur les termes employés et les responsabilités décrites. Washington demande expressément la fin du soutien au M23 ; l’accord interdit plus largement le soutien aux groupes armés. Washington réclame le retrait des forces rwandaises ; le plan organise le désengagement des RDF. Ces formulations peuvent se rejoindre dans leur objectif, mais elles ne permettent pas de confondre les RDF et le M23 ni d’attribuer au texte une clause qu’il ne contient pas.
Pour les populations de l’Est, la vérification doit désormais porter sur les actes : quels soutiens ont cessé, quelles forces se sont désengagées et quelles opérations prévues ont été réalisées ? Les documents examinés définissent des engagements ; ils ne constituent pas, à eux seuls, la preuve de leur exécution. Dans le message officiel consulté sur X, aucune nouvelle échéance contraignante ni sanction annoncée ne permet de qualifier cette communication d’« ultimatum ».
Janvier Maroy
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