La suspension des activités académiques décidée le 20 août 2026 par le ministère de l’Enseignement supérieur dans certains établissements de Goma et de Bukavu a placé des étudiants devant un choix difficile : attendre une reprise sur place ou tenter de poursuivre leur cursus dans une autre province. Ceux qui ont rejoint Kisangani et Kinshasa espéraient préserver leur parcours universitaire. Mais, pour plusieurs d’entre eux, le déplacement a été suivi de nouvelles incertitudes concernant leur admission, les dépenses à supporter et les conditions de poursuite de leur formation.
À Kisangani, un reportage de Deutsche Welle fait état de plus de 150 étudiants en médecine, venus notamment de l’Université de Goma et de l’Université officielle de Bukavu. Ces étudiants disent attendre leur réintégration alors qu’ils pensaient trouver un dispositif d’accueil déjà organisé. Certains affirment avoir engagé des dépenses atteignant parfois 1 000 dollars américains et sollicitent un allègement des frais. Le logement complique également leur séjour, particulièrement pour ceux qui ne disposent ni de proches ni d’un hébergement dans la ville.
Le rectorat de l’Université de Kisangani indique, pour sa part, que le traitement des dossiers des étudiants en médecine provenant des zones administrées par l’AFC/M23 a progressé. Une commission doit encore déterminer le placement de chacun pour le démarrage des stages. Cette étape administrative reste décisive pour les étudiants concernés : tant que leur intégration n’est pas effective, ils continuent de supporter les dépenses de séjour sans pouvoir avancer normalement dans leur formation.
À Kinshasa, des témoignages recueillis auprès des étudiants concernés font état d’environ 200 étudiants confrontés à un manque d’accompagnement. Selon ces informations, le paiement de l’intégralité des frais académiques leur serait demandé avant leur intégration. Pour des jeunes ayant déjà financé leur voyage et leur installation, cette exigence représente une charge supplémentaire. Leurs témoignages soulèvent ainsi la question des modalités d’accueil et des possibilités d’appui pour ceux qui ont quitté les Kivu afin de poursuivre leurs études.
Ces difficultés donnent un éclairage concret à la déclaration rendue publique le 8 octobre à l’Université de Goma, dans laquelle des représentants estudiantins refusent une année blanche et contestent la perspective d’un déplacement massif vers d’autres provinces. Les parcours de ceux qui sont déjà partis montrent que la poursuite des études ailleurs dépend aussi des capacités d’accueil, de la reconnaissance du parcours effectué, de l’accès aux stages et des moyens financiers des familles. Dans les zones administrées par l’AFC/M23, une rentrée est annoncée pour le 15 octobre, tandis que les étudiants réclament des conditions permettant une reprise effective sur place.
Les chiffres rapportés à Kisangani et à Kinshasa ne constituent pas un bilan national exhaustif. Ils mettent néanmoins en évidence des besoins précis : clarifier les procédures de réintégration, expliquer les frais demandés et rendre accessibles les éventuelles mesures d’accompagnement. Pour les étudiants concernés, l’enjeu reste de poursuivre une formation déjà perturbée par la crise, sans que leur départ vers une autre province se transforme en une nouvelle interruption de leur cursus.
Anselme Syangoma
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
Sources : reportage Deutsche Welle / MTV News DRC ; témoignages d’étudiants à Kinshasa ; contexte TIC-TAC HEBDO (suspension ESU du 20 août 2026, déclaration estudiantine du 8 octobre à Goma, rentrée du 15 octobre).
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