BENI, 30 septembre 2026 — Ce n’est pas un flash d’attaque. C’est une file de sachets noirs, des feuilles encore tendres, et des agronomes qui comptent. Le mardi 29 septembre, dans la pépinière de l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC) à Beni, plus de 16 000 plantules de palmier à huile ont été remises gratuitement à des ménages agricoles, à la veille du démarrage de la nouvelle campagne agricole, fixé au 1er octobre.
Dans le Grand Nord, où l’insécurité reste un décor permanent, ce geste public a une lecture claire : continuer à planter, malgré le contexte. Plusieurs médias locaux, dont une correspondance de Beni signée Justin Mahenga pour Média Ouvert, ont d’ailleurs présenté l’opération sous cet angle — agriculture comme socle de résilience, pas comme parenthèse.
Une distribution encadrée, pas une distribution « jetable »
La cérémonie s’est tenue sous la conduite de la cheffe de secteur de l’ONAPAC/Beni, l’ingénieure Kaswera Syvialeghana Alphonsine. Selon les comptes rendus relayés le 30 septembre, elle a annoncé un mécanisme de suivi des bénéficiaires : les agronomes de l’office devront vérifier que les plantules sont effectivement mises en terre et correctement entretenues.
Pour Machane Mayanza, chargée de communication de l’ONAPAC secteur de Beni, l’opération matérialise le projet de pépinière communautaire initié par le ministre d’État en charge de l’Agriculture, Muhindo Nzangi Butondo. L’objectif affiché : mettre à disposition des communautés des plants capables de soutenir une production agricole durable, et pas seulement une aide alimentaire qui disparaît en quelques jours.
Un agent de l’ONAPAC, cité par la correspondance de Beni, résume le choix politique : plutôt qu’une aide ponctuelle, « un capital productif » susceptible d’accompagner les familles sur le long terme — le palmier à huile pouvant produire pendant plus de deux décennies lorsqu’il est bien conduit.
Pourquoi le palmier à huile, et pourquoi maintenant
Le calendrier n’est pas anodin. L’année agricole 2025-2026 se clôturait le 30 septembre ; la suivante s’ouvre le 1er octobre. Distribuer à cette date, c’est coller le geste administratif au cycle cultural.
Sur le fond, l’ONAPAC inscrit la campagne dans une stratégie déjà connue à Beni : renforcer les cultures pérennes à forte valeur ajoutée — cacao, café, palmier à huile — pour réduire la dépendance aux importations alimentaires et végétales, et offrir aux producteurs une perspective de revenus plus stables. Face à la hausse des prix sur les marchés et aux frictions d’approvisionnement dans l’Est, l’office mise sur une chaîne locale : production, entretien, transformation, commercialisation vers Beni, Butembo et Goma.
Les bénéficiaires, selon les mêmes sources, ont salué la dotation et l’accompagnement technique annoncé. Reste le vrai test, que l’ONAPAC elle-même pose : la mise en terre effective, le suivi sur le terrain, et, plus tard, l’impact mesurable sur les volumes d’huile et les revenus paysans.
Ce que l’opération dit — et ce qu’elle ne dit pas
Les faits établis sont nets : plus de 16 000 plantules remises à Beni le 29 septembre ; direction ONAPAC/Beni ; suivi promis ; lien avec la nouvelle campagne agricole et le projet de pépinière communautaire. En revanche, les comptes publics disponibles ne fixent pas encore le nombre exact de ménages touchés, ni les surfaces prévisionnelles, ni un calendrier détaillé des contrôles agronomiques.
Autrement dit : à Beni, on a distribué un capital végétal. La suite se jouera dans les champs — et dans la capacité de l’État agricole à tenir le suivi « malgré » un environnement sécuritaire qui, lui, n’a pas disparu.
Sources : correspondance de Beni (Justin Mahenga / Média Ouvert, 30 septembre 2026) ; comptes rendus de presse (dont 7sur7.cd et Reporter.cd, 30 septembre 2026).
KIBANDO PAULIN
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