Le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi est de nouveau visible dans ses fonctions de porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo. Ce vendredi 25 septembre 2026, son nom et sa signature figurent au bas du communiqué de l’État-major général annonçant la mort de deux lieutenants-généraux dans le crash aérien de Kenge. Une réapparition officielle qui intervient près de neuf mois après sa suspension, suivie d’une audition par la justice militaire et de plusieurs mois durant lesquels la communication des FARDC avait été assurée par intérim.
Le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi revient au premier plan de la communication officielle des FARDC. Le communiqué publié vendredi 25 septembre par l’État-major général porte clairement la mention « Porte-Parole des Forces Armées de la RD Congo », suivie de son nom, de son grade et de sa signature.
Le document annonce le décès du lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et du lieutenant-général Lucien René Likulia Bakumi, auditeur général des Forces armées. Selon les FARDC, les deux hauts magistrats militaires ont péri dans l’accident aérien survenu à Kenge alors qu’ils revenaient d’une mission de service effectuée à Kikwit.
L’armée indique également que douze autres membres de la délégation ainsi que des membres de l’équipage ont perdu la vie et annonce l’ouverture d’investigations destinées à déterminer les circonstances et les causes exactes de l’accident.
Un retour après plusieurs mois d’absence
La signature de Sylvain Ekenge est particulièrement significative au regard des événements qui avaient marqué la fin de l’année 2025.
Le général-major avait été suspendu de ses fonctions à la fin du mois de décembre 2025 après une intervention sur la RTNC au cours de laquelle il avait tenu des propos visant notamment des femmes de la communauté tutsie. L’État-major général avait alors désapprouvé ces déclarations, les jugeant contraires aux valeurs républicaines. Sa suspension avait été confirmée par plusieurs sources, dont l’Agence congolaise de presse.
L’affaire avait rapidement dépassé le cadre d’une simple sanction administrative. L’organisation Justicia ASBL avait notamment demandé à l’auditorat militaire l’ouverture d’un dossier judiciaire contre l’officier, estimant que ses déclarations pouvaient relever d’infractions liées à la discrimination et à la haine tribale. Il s’agissait toutefois d’accusations formulées par cette organisation et non d’une condamnation judiciaire.
Sylvain Ekenge avait ensuite été auditionné par la justice militaire. Plusieurs informations contradictoires avaient circulé début janvier sur son sort : certaines le donnaient transféré à la prison militaire de Ndolo, tandis que d’autres indiquaient qu’il avait quitté libre l’auditorat après plusieurs heures d’audition. À l’époque, aucune communication officielle des FARDC n’avait confirmé son incarcération.
Mak Hazukay avait assuré l’intérim
Le vide laissé à la tête de la communication militaire avait conduit l’État-major général à désigner, le 7 janvier 2026, le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba comme porte-parole intérimaire des FARDC. Celui-ci avait ainsi repris la communication institutionnelle de l’armée pendant l’absence de Sylvain Ekenge.
La présence de la signature d’Ekenge sur le communiqué du 25 septembre constitue donc un élément institutionnel important : après la suspension, les appels à des poursuites judiciaires, son audition et plusieurs mois d’effacement de la communication officielle, le général-major signe à nouveau un document de l’État-major en qualité de porte-parole des FARDC.
Son retour intervient, symboliquement, à l’occasion d’un communiqué particulièrement lourd pour l’armée congolaise : celui annonçant la disparition de deux des plus hauts responsables de la justice militaire dans le crash de Kenge.
Ir Paulin Kibando
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