KINSHASA, 22 septembre 2026 — Le ministère de l’Économie numérique informe que la RDC figure désormais parmi les pays pris en charge par Claude. Le communiqué, daté de ce mardi à Kinshasa, présente cette évolution comme le résultat de démarches officielles du ministère, afin de faciliter l’accès des Congolais à cette technologie. C’est la version du ministère. La liste publique d’Anthropic recense bien la République démocratique du Congo parmi les pays où Claude.ai et l’API commerciale sont actuellement proposés.
Le parallèle avec le récent rapport d’Anthropic mérite d’être expliqué avec précision. Dans son rapport de septembre 2026, l’entreprise américaine décrit un réseau d’environ 70 faux sites d’information, soutenus par plus de 250 comptes sociaux, capables de produire automatiquement des contenus politiques adaptés à différents publics. Dans le volet consacré à la RDC, 318 articles ont été recensés, essentiellement autour des tensions avec le Rwanda et des accords sur les minerais. Anthropic indique que ces contenus soutenaient généralement la position du gouvernement congolais. Elle précise aussi que ses enquêteurs n’ont trouvé aucune preuve permettant d’attribuer l’opération à un gouvernement.
Anthropic rattache cette opération à LKM Company, une agence de publicité numérique basée en France, selon un modèle commercial d’« influence as a service ». L’entreprise écrit qu’elle n’a pas pu confirmer de manière indépendante quels clients avaient commandé les contenus liés au conflit RDC–Rwanda, et qu’elle n’a trouvé aucune preuve de direction par un gouvernement.
L’entreprise américaine explique par ailleurs que certains acteurs malveillants cherchent régulièrement à contourner ses restrictions d’accès au moyen de VPN, de numéros de téléphone étrangers, de services proxy et de comptes multiples. Ce point ne permet toutefois pas d’affirmer que les autorités congolaises utilisaient elles-mêmes ces procédés. Il montre plutôt pourquoi l’ouverture officielle de Claude à la RDC change désormais les conditions d’accès : étudiants, chercheurs, entreprises, administrations et simples particuliers peuvent utiliser le service depuis le territoire congolais dans le cadre normal fixé par Anthropic.
Le communiqué du ministère insiste sur cette normalisation de l’accès, tout en rappelant que Claude doit être utilisé de manière responsable, éthique et sécurisée, avec une attention particulière à la protection des données, à la vérification des informations produites par l’intelligence artificielle et au maintien du jugement humain dans la prise de décision. L’utilisation de Claude, ajoute le ministère, reste soumise aux conditions d’Anthropic et à la législation congolaise.
Cette mise en garde prend une résonance particulière après le rapport d’Anthropic. L’enjeu ne consiste donc plus seulement à permettre l’accès à l’intelligence artificielle en RDC, mais aussi à savoir comment l’État, les partis politiques, les médias, les entreprises et les citoyens utiliseront désormais ces outils dans un environnement où la guerre est aussi accompagnée d’une bataille de récits, de contenus manipulés et de désinformation.
Il n’est donc pas établi que les autorités de Kinshasa aient elles-mêmes utilisé Claude pour tromper l’opinion. Ce qui est désormais factuellement défendable, c’est la fin du besoin de VPN pour accéder à Claude en RDC, selon la liste des pays soutenus par Anthropic et le communiqué du ministère.
Rapport Anthropic, septembre 2026 : Countering misuse of AI
Pays et régions pris en charge par Anthropic
KIBANDO PAULIN
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
TICTACHEBDO.CD NEWS sur WhatsApp — Alertes et exclusivités en temps réel. Activez la cloche après inscription. Suivre la chaîne →
Commentaires