À Kinshasa on parle Constitution et Parlement, mais dans l’Est on se bat encore. Ce mardi 15 septembre 2026, Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23, écrit sur X que Kinshasa attaque des villages peuplés, qu’il y a des victimes et que des familles fuient, tandis que les FARDC et les wazalendo parlent de collines reprises et de combattants qui se rendent. Les villages cités ne sont pas les mêmes. La guerre, si.
Vers midi, l’armée et les wazalendo disent avoir repris la colline de Miko, à Katuunda, dans le groupement Ufamandu 1er, territoire de Masisi, une position qui était aux mains de l’AFC/M23 après des combats durs. Miko compte parce qu’on y voit les routes vers Walikale, où des déplacés d’Ufamandu sont déjà à Biriko et dans d’autres groupements. Sur X, Kanyuka ne parle pas de Miko : il dit qu’à 8 h 30 puis à 9 h 30 Kinshasa a attaqué Ntekomiko et Kareta, toujours à Masisi, avec « plusieurs victimes » et des familles en fuite. Pour l’instant, personne d’autre n’a confirmé ces deux villages ni un nombre de morts. On ne mélange donc pas avec Miko : le M23 décrit des attaques sur des villages, le live local décrit une colline reprise. Depuis une semaine la ligne bouge village par village : Mahanga (Nyamaboko 1er) est annoncée reprise par l’armée le 11 après trois jours de combats, Kasopo restait encore à l’AFC/M23 lundi, Kibanda et Kafunsi côté gouvernement. Ce n’est pas une victoire nette, c’est un puzzle.
À Luberike, Walikale, le dernier point clair date de lundi : l’armée et les wazalendo tiennent le centre de Kibati et Milonge, l’AFC/M23 est encore sur le mont Muhanga, le calme est fragile et la route Kashebere–Mungazi a longtemps été bloquée. Le 10 septembre, Kanyuka citait déjà Kibati, Ihula, Malemo, Minjenje et Buhimba ; cinq jours plus tard, Kibati-centre a changé de camp selon les autorités de Wanianga, Muhanga non. Reprendre un centre, ce n’est pas tenir la colline.
Toujours ce mardi, Kanyuka donne 11 h 35 pour une attaque sur Point Zéro, vers Minembwe, avec des soldats au sol. Cette colline se dispute depuis des semaines entre FARDC, wazalendo et parfois l’armée burundaise d’un côté, AFC/M23 et Twirwaneho de l’autre. Le 10, Kanyuka parlait de drones ; aujourd’hui il parle de troupes à pied : même colline, autre moyen. Le même jour, l’armée (Sukola 2 Sud-Kivu) parle d’une riposte entre Mulima et Mukoko, à Fizi : quatre hommes présentés comme soldats rwandais tués, quatorze combattants du M23 et de Twirwaneho rendus. Ce n’est pas le même texte que « 11 h 35 à Point Zéro », c’est la même région de montagnes. Kinshasa dit au Conseil des ministres que le M23 et les RDF ont échoué ; le M23 dit que Kinshasa attaque les civils. Les deux versions peuvent être incomplètes. Elles ne peuvent pas, toutes les deux, dire toute la vérité.
Pour Goma et Bukavu, l’Est n’est pas calme pendant que Kinshasa manifeste : Masisi et Walikale échangent encore des collines, les hauts plateaux du Sud-Kivu aussi. Kanyuka finit en disant que le M23 protège les civils, l’armée finit en disant que l’armée protège et que la population doit rester calme ; entre les deux phrases, les déplacés n’ont personne pour parler à leur place. On peut dire sans tricher que Miko est annoncé repris, que Ntekomiko et Kareta sont cités par Kanyuka sans confirmation ailleurs, que Kibati-centre et Milonge sont côté armée selon Walikale lundi et Muhanga encore M23, que Point Zéro est encore attaqué selon le M23 à 11 h 35, et que le bilan de Fizi (redditions, « RDF » tués) est un communiqué militaire, pas une enquête. Le nombre de victimes du tweet, et qui tient vraiment la crête de Point Zéro ce soir, n’est pas encore établi.
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