De Rutshuru à Masisi en passant par Walikale, les derniers incidents sécuritaires mettent une nouvelle fois en évidence la vulnérabilité des populations rurales du Nord-Kivu, particulièrement celles qui dépendent de l’agriculture pour leur subsistance.
À Ndwali, près de Vitshumbi dans le territoire de Rutshuru, quatre personnes, dont des agriculteurs, ont été tuées et plusieurs autres blessées lors d’une attaque survenue dans la nuit du 31 août au 1er septembre. Les informations disponibles divergent encore sur l’identité des assaillants, différentes sources attribuant l’attaque à des groupes armés différents.
Au-delà du bilan humain, l’incident pose directement la question de l’accès sécurisé aux champs. Dans plusieurs zones rurales de Rutshuru, les populations doivent parfois parcourir plusieurs kilomètres pour atteindre leurs terres agricoles, les exposant davantage lorsque des groupes armés circulent dans ces espaces.
Masisi et Walikale également sous pression
La situation n’est pas propre à Rutshuru. Dans le territoire de Masisi, les affrontements et mouvements des groupes armés continuent d’affecter certaines zones rurales et provoquent régulièrement des déplacements de populations.
À Walikale, les récents affrontements ont également entraîné des mouvements de populations dans certaines localités, avec des conséquences allant jusqu’à perturber la rentrée scolaire 2026-2027.
Dans ces territoires essentiellement ruraux, un déplacement signifie souvent davantage que l’abandon temporaire d’une habitation : des champs ne sont plus entretenus, des récoltes peuvent être abandonnées et les circuits reliant les zones de production aux marchés sont perturbés.
Au-delà des faits : sécuriser les champs
Rutshuru, Masisi et Walikale ne connaissent pas nécessairement les mêmes acteurs armés ni les mêmes dynamiques sécuritaires. Mais leurs populations partagent une vulnérabilité : une grande partie de leurs moyens de subsistance dépend de zones agricoles directement exposées à l’insécurité.
La sécurité au Nord-Kivu ne se mesure donc pas uniquement au contrôle des villes et des grands axes. Elle se mesure également à la possibilité pour un agriculteur d’atteindre son champ, d’y travailler et de rentrer chez lui en sécurité.
C’est désormais aussi sur ces espaces de production que se joue une partie de la sécurité économique et alimentaire de la province.
KIBANDO PAULIN
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
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