Le 3 août 2026, la capitale congolaise a vibré au rythme d’une cérémonie officielle consacrée à la mémoire du « Genocost », terme forgé par les autorités pour désigner un génocide supposément perpétré en République Démocratique du Congo. L’événement, marqué par des discours solennels et des hommages aux victimes, se voulait un moment d’unité nationale. Mais il a rapidement suscité une réaction virulente de l’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 Mars (AFC-M23), qui a publié une déclaration dénonçant ce qu’elle considère comme une instrumentalisation politique de la mémoire collective.
Une critique de la confusion mémorielle
Dans son communiqué, l’AFC-M23 exprime sa « profonde préoccupation » face à une initiative qui, selon elle, entretient une confusion entre mémoire des victimes, droit international et réconciliation nationale. Le mouvement insiste sur le fait que toutes les victimes des conflits congolais — déplacés, mutilés, violés ou privés de leurs moyens d’existence — ont droit à la vérité, à la justice et à des garanties de non-répétition. Assimiler indistinctement l’ensemble des tragédies à un génocide, estime-t-il, revient à brouiller les responsabilités et à affaiblir la portée des qualifications juridiques reconnues.
Le « Genocost » vu comme un instrument politique
L’AFC-M23 accuse le régime de Kinshasa de transformer la mémoire en instrument de propagande. Selon le mouvement, le concept de « Genocost » déplace le débat public des causes profondes de la crise congolaise vers un récit mémoriel sélectif, susceptible d’alimenter les divisions nationales. Le groupe va plus loin en affirmant que ce discours masque un « vrai génocide » perpétré contre les Tutsi du Nord-Kivu, les Banyamulenge du Sud-Kivu, les Hema de l’Ituri et d’autres communautés.
La voie de la justice et des institutions
Pour l’AFC-M23, seule une démarche fondée sur des enquêtes indépendantes, l’ouverture des archives, la poursuite impartiale des auteurs de crimes et la protection des témoins peut rétablir les responsabilités. Le mouvement regrette une « lecture sélective de l’histoire nationale » qui exclurait une partie du peuple congolais, et plaide pour une mémoire inclusive, reconnaissant toutes les victimes sans distinction.
Un appel à l’État de droit
En conclusion, l’AFC-M23 réaffirme son attachement à une mémoire fondée sur la vérité et la dignité, et appelle à la construction d’un État de droit, doté d’institutions crédibles et d’une gouvernance responsable. Pour le mouvement, la paix durable en RDC ne pourra se bâtir « ni sur la confusion des concepts juridiques, ni sur la concurrence des mémoires », mais sur l’établissement des faits, la responsabilité individuelle et la reconnaissance d’une nation commune.
Cette controverse autour du « Genocost » illustre la bataille des récits mémoriels dans un pays où l’histoire des violences reste disputée, et où chaque acteur tente d’imposer sa lecture des tragédies passées.
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