Depuis maintenant des décennies,certains parlent d’une vingtaine d’années,la province du Nord-Kivu traverse,de manière récurrente,des catastrophes en tout genre,aussi bien naturelles que celles dues à l’homme. Parmi celle-ci,une effroyable guerre asymétrique imposée par les groupes armés aussi bien étrangers que locaux. De tous ces groupes,les ADF-Nalu, ougandais,et les FDLR, rwandais,sont identifiés comme les ennemis les plus sanguinaires,ceux qui occasionnent les plus grands maux au sein des populations civiles innocentes,mais qui prennent aussi,en embuscade,des éléments de l’armée gouvernementale, FARDC,grâce à des multiples complicités,aussi bien dans la population qu’au sein même de la population.
Depuis des années,les morts se comptent par milliers,sans parler des villages détruits par des incendies criminels et des femmes et des enfants tués à la machette. L’imbroglio est tel que, la méfiance aidant, même les forces onusiennes sont prises à partie par la population qui les accusent de complicité avec les groupes armés, notamment étrangers,pour massacrer les populations civiles ou pour trahir les positions des FARDC,quand il ne s’agit pas de fournir aux groupes ennemis des armes,des munitions ou du ravitaillement.
La dimension exploitation des minerais, laquelle se fait avec la complicité des leaders tribaux qui s’enrichissent ainsi avec les chefs des groupes armés,ajouter à cela l’exploitation des ressources naturelles,surtout la faune et la flore,avec le trafic des espèces rares et protégées du parc national des Virunga ainsi que le commerce de la braise par les FDLR, évalué en millions USD chaque année,tout cela fait que la belle province du Nord-Kivu devient un vaste business national et international,qui exige un nettoyage à fond pour y mettre fin réellement.
Pour y mettre y terme, justement,des efforts gigantesques sont déployés par le gouvernement central qui y a déployé 22.000 éléments des forces armées ainsi que de nombreux policiers,mais aussi,ceux de la monusco,tout comme à l’époque du gouverneur Julien Paluku Kahongya qui a fait montre d’un sens élevé de patriotisme pour venir à la rescousse des militaires,ce qui se justifierait par sa formation paramilitaire. Le constat y est, bien sûr, amer,puisque, à part quelques périodes d’accalmies,les massacres s’y multiplient, particulièrement dans le Grand-Nord de la province,Beni et Lubero.
C’est pourquoi,avec les promesses électorales fermes de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de mettre le holà à cette situation d’insécurité dans cette province,les spécialistes des questions militaires et certains membres de la société civile,proposent depuis plusieurs mois la désignation d’un gouverneur militaire,comme l’a fait à l’époque le maréchal Mobutu. Aujourd’hui,une telle décision ne peut se faire qu’avec un vote parlementaire,mais cela ne représente pas un obstacle majeur,étant donné que toutes les formules habituelles se sont avérées inefficaces. Or,le Chef de l’État tient mordicus à la fin de cette tragédie,afin de lui permettre de passer à l’étape de la reconstruction de l’ensemble du territoire national.
C’est donc,le cas de le dire,qu’avec l’inévitable désignation d’un gouverneur militaire au Nord-Kivu, l’exécutif provincial et l’assemblée provinciale devront suspendre leurs activités. En effet,comme on dit, aux grands maux,les grands remèdes. Avec la proposition de la désignation d’un gouverneur militaire,les spécialistes des questions militaires et quelques acteurs de la société civile tiennent à insister sur sa neutralité qui lui donne l’énorme avantage d’amener la population à se désolidariser des groupes armés,condition sine qua non de leur neutralité. D’aucuns pensent qu’un gouverneur civil ne pourra jamais réussir ce pari à cause de la guéguerre entre différentes tribus du Nord-Kivu dont les leaders ne parlent pas le même langage pour l’éradication du phénomène des groupes armés.
Raphaël Kiwongi Matondo
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