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Goma–Bukavu : la multiplication des incendies inquiète, plus de 2 500 maisons déjà détruites à Bukavu

De Bukavu à Goma, la multiplication des incendies ne peut donc plus être regardée comme une succession de faits divers isolés. Leur fréquence et l'ampleur croissante des pertes humaines et matérielles appellent à identifier les causes de chaque sinistre, mais également les vulnérabilités communes qui permettent au feu de transformer, en quelques minutes, un incident localisé en catastrophe...

Goma–Bukavu : la multiplication des incendies inquiète, plus de 2 500 maisons déjà détruites à Bukavu

Les incendies se multiplient à Bukavu et Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo, avec des conséquences humaines et matérielles de plus en plus préoccupantes. Alors que Bukavu a connu ce jeudi 10 septembre 2026 un nouveau drame ayant coûté la vie à plusieurs personnes, dont des enfants, de nouveaux incidents sont également signalés à Goma et dans le territoire voisin de Nyiragongo, remettant au centre des préoccupations la densité urbaine, les installations électriques, l’accès difficile à l’eau et l’insuffisance des moyens de lutte contre le feu.

La situation est particulièrement préoccupante à Bukavu où les incendies se succèdent depuis plusieurs semaines. Les statistiques communiquées ces derniers jours font état de plus de 2 500 maisons détruites dans différents quartiers de la ville entre juillet et août 2026, auxquelles s’ajoutent des écoles, des commerces, des ateliers et d’autres infrastructures touchés par les flammes.

Bukavu : un nouveau drame endeuille des familles

Ce jeudi 10 septembre, un violent incendie survenu à Cimpunda a provoqué de nouvelles pertes en vies humaines. Des sources médicales citées dans l’après-midi font état d’au moins 17 morts, dont des enfants, alors que le bilan continuait d’être consolidé.

Des témoins présents sur les lieux et interrogés après le drame affirment que plusieurs victimes seraient des élèves, notamment des écoles Ujamaa et Furaha. Selon leurs récits, la propagation du feu aurait déclenché un important mouvement de panique et une bousculade au moment où des enfants et d’autres habitants tentaient d’échapper aux flammes et à la fumée. Plusieurs personnes auraient également été asphyxiées ou blessées avant d’être conduites vers des structures sanitaires.

Les circonstances exactes du décès de chaque victime doivent encore être établies, mais cette catastrophe vient s’ajouter à une série déjà particulièrement lourde. Quelques jours auparavant seulement, plusieurs incendies avaient été enregistrés simultanément à Panzi, Karisimbi, Mushununu, Nyaruzimya, Mujumba et Nyamugo, détruisant des centaines d’habitations et laissant de nombreux ménages sans abri.

Goma et Nyiragongo également touchés

À Goma, la situation commence également à susciter des inquiétudes. Ce même jeudi 10 septembre, un incident électrique a été signalé dans la commune de Karisimbi où, selon des témoignages recueillis sur place, un câble électrique aurait présenté une anomalie susceptible d’exposer les riverains à des risques d’électrocution et de départ de feu.

Dans le territoire voisin de Nyiragongo, un autre incendie a été signalé à Rukoko, dans le groupement Munigi, à proximité immédiate de Goma. Le feu, dont l’origine n’était pas encore connue, a occasionné d’importantes pertes matérielles selon les premières informations provenant du milieu.

Ces incidents surviennent dans un contexte particulier à Goma, où les habitants viennent de traverser plusieurs jours de délestages et de perturbations de la fourniture d’électricité, tandis que plusieurs quartiers connaissent parallèlement des difficultés importantes d’approvisionnement en eau.

Pourquoi les incendies deviennent-ils aussi dévastateurs ?

La répétition de ces catastrophes soulève désormais une question qui dépasse l’origine particulière de chaque incendie. Goma comme Bukavu sont caractérisées dans plusieurs quartiers par une forte densité des constructions, des passages étroits et des habitations rapprochées, autant de facteurs pouvant faciliter la propagation d’un feu et compliquer l’arrivée des secours.

Les installations électriques constituent également un sujet de préoccupation. Les branchements précaires ou irréguliers, la surcharge de certaines installations et l’état des câbles peuvent constituer des facteurs de risque, même s’il serait prématuré de les présenter comme la cause de l’ensemble des incendies actuellement enregistrés dans les deux villes.

À ces difficultés s’ajoute la question de l’eau. Lorsqu’un incendie éclate dans un quartier densément construit alors que l’approvisionnement en eau est insuffisant, les habitants disposent de très peu de moyens pour contenir les flammes pendant les premières minutes, souvent déterminantes avant l’arrivée des secours.

Plus de 2 500 maisons détruites à Bukavu

L’ampleur du phénomène apparaît désormais dans les chiffres. Selon un bilan communiqué par le gouvernement provincial du Sud-Kivu basé à Uvira, plus de 2 500 maisons auraient été détruites par différents incendies à Bukavu entre juillet et août 2026. Les quartiers de Nguba, Panzi, Nkafu, Nyamugo, Cimpunda et Buholo figurent notamment parmi les zones touchées.

Dans la seule période récente, des centaines de maisons, deux écoles, une église, plusieurs commerces et ateliers ont été détruits. À Nyamugo, l’incendie du 6 septembre avait notamment ravagé des dizaines d’habitations ainsi qu’une galerie commerciale abritant plusieurs dizaines de boutiques.

Face à cette succession de catastrophes, la prévention devient aussi importante que l’intervention après le déclenchement des flammes. Le contrôle des installations électriques, l’organisation de voies permettant l’accès des véhicules de secours, l’amélioration de l’approvisionnement en eau, l’équipement des services anti-incendie et une meilleure organisation de l’urbanisation apparaissent désormais comme des questions de sécurité publique.

De Bukavu à Goma, la multiplication des incendies ne peut donc plus être regardée comme une succession de faits divers isolés. Leur fréquence et l’ampleur croissante des pertes humaines et matérielles appellent à identifier les causes de chaque sinistre, mais également les vulnérabilités communes qui permettent au feu de transformer, en quelques minutes, un incident localisé en catastrophe.

Anselme Syangoma
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits

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Anselme Syangoma

Contributeur

Équipe éditoriale de TIC-TAC HEBDO, média congolais basé à Goma.

syangomamuhind@gmail.com

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