On s’en doutait. La forte pression exercée sur les autorités,civiles et militaires,par les mouvements citoyens, la Véranda mutsanga,la Lucha et Filimbi, dans les villes martyres, de Beni et de Butembo, suivie d’une paralysie de toutes les activités,depuis cinq jours, ne suffit plus pour arrêter la poursuite d’innomables tueries et le pillage des véhicules incendiés après les avoir vidé de leurs contenus.
Comme son prédécesseur Julien Paluku Kahongya, Carly Nzanzu Kasivita, le plus jeune gouverneur de la République démocratique du Congo, ne se fait pas prier pour refuser de reconnaître, à haute voix, l’inéfficacité de l’armée gouvernementale et l’inaction des forces onusiennes,d’une manière étonnante, selon ses pourfendeurs. Et malgré le massacre sauvage perpétré par les soi-disant ADF/Nalu, les Fdlr, les groupes armés locaux et les bandits, non autrement identifiés,rien ne le contraint de changer son discours.
Les déclarations de bonnes intentions du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, sur la neutralisation des groupes armés,locaux et étrangers,ne suffisant plus pour arrêter le cycle infernal de la barbarie au Nord-Kivu, la majorité de la population ne comprend pas l’attitude d’un Gouverneur qui est dans la logique de condamner les tueries en ignorant superbement la préférence de sa hiérarchie de ne pas lutter contre l’affairisme dans l’armée gouvernementale, malgré la découverte du trafic de munitions à Beni.
Alors que les principaux collaborateurs et les membres de l’entourage de Carly Nzanzu Kasivita se félicitent de son plaidoyer auprès du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour faire démanteler les groupes armés,locaux et étrangers,ses détracteurs vont jusqu’à croire qu’il est devenu le bouclier du commandant suprême d’une armée contrôlée par les généraux affairistes qui utilisent les millions usd, décaissés régulièrement par le gouvernement central, pour leur enrichissement illicite.
Fier d’être le bouclier de Tshisekedi Tshilombo au Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita pourra ne pas être emporté par le violent vent du changement de l’Union sacrée de la nation, qui se dirige, en grande vitesse, vers la partie orientale de la République démocratique du Congo, où les tshisekedistes n’ont pas intérêt à se débarrasser d’un gouverneur qui a fait le périlleux choix de protéger le commandant suprême des fardc de virulentes attaques de ses administrés sur les faiblesses de ses stratégies pour combattre les forces négatives.
Raphaël Kiwongi Matondo
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