Appel des forces vives swahilophones à Joseph Kabila : « Faites de votre combat une mission de réconciliation et d’unité nationale »
Dans un message, une déclaration relayée ce jour, les forces vives de l’espace swahilophone de la République démocratique du Congo s’adressent directement au sénateur à vie Joseph Kabila. Tout en saluant son initiative de refondation nationale, elles l’exhortent à inscrire son action dans une dynamique de pardon, d’inclusion et de cohésion entre tous les fils et filles du pays.
Un espoir face à la marginalisation et aux stigmatisations
Pour les populations swahilophones, l’initiative de refondation de la RDC portée par l’ancien président revêt une « importance historique ». Elle représente à leurs yeux un véritable espoir pour s’extraire d’une situation qu’elles jugent difficile, marquée par la marginalisation, la discrimination, les discriminations identitaires et les amalgames constants qui les qualifient parfois à tort de « traîtres » ou « d’infiltrés ».
Le message insiste sur le fait que l’appartenance à la nationalité congolaise ne devrait jamais être remise en question en raison de la langue, de l’origine communautaire ou de l’appartenance régionale. Les signataires rappellent les difficultés rencontrées au quotidien, qu’il s’agisse de l’accès aux comptes bancaires, de la reconnaissance des diplômes des enfants ou de l’exercice de fonctions au sein des forces de sécurité et des institutions de l’État, sans qu’un examen individuel ne prévale sur des mesures perçues comme collectives.
Du combat politique à la réconciliation : l’appel à la sagesse
S’adressant à l’ancien chef de l’État, les forces vives de l’Est et du centre du pays l’invitent à ne pas céder à un esprit de vengeance face aux épreuves subies, mais à faire usage de sa sagesse et de son expérience politique pour recréer l’unité nationale.
Évoquant la figure biblique de Joseph vendu par ses frères avant de devenir leur libérateur, le message trace un parallèle avec le parcours de l’ancien président. Il lui est demandé de transformer son combat actuel non pas en une occasion de revanche, mais en une mission de réconciliation, de pardon et de rassemblement.
Vers un dialogue inclusif sans tabous
L’appel exhorte l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à promouvoir un « dialogue véritablement inclusif ». Ce cadre de discussion, prôné sans tabous, devrait permettre de purger les causes profondes des divisions, des frustrations communautaires et des injustices qui alimentent les tensions au sein de la société congolaise.
Pour les forces vives swahilophones, la refondation de la RDC doit impérativement devenir l’occasion de reconstruire la confiance mutuelle, de consolider l’unité nationale et de garantir qu’aucun citoyen ne se sente exclu ou rejeté dans sa propre patrie. Un appel vibrant au respect de la dignité de chaque Congolais, conclu par un vœu d’apaisement et de concorde pour l’avenir du pays.
Jean-Paul Ngahangondi, activiste et acteur politique, donne des précisions sur cette prise de position. À Goma, face à la persistance de la crise multidimensionnelle qui secoue la République démocratique du Congo, en particulier dans sa partie orientale, la force vive de l’espace swahilophone a officiellement exprimé son adhésion à la nouvelle dynamique politique impulsée par l’ancien chef de l’État et sénateur à vie, Joseph Kabila Kabange.
Lors d’une déclaration conjointe, les représentants de cette composante socioculturelle ont indiqué placer leur espoir en ce leadership pour insuffler un nouveau souffle à la gouvernance et faire face aux défis sécuritaires et économiques majeurs du pays.
Une rupture de confiance avec le pouvoir en place
Les forces vives de l’Est n’ont pas mâché leurs mots concernant la situation sécuritaire actuelle. Selon elles, les promesses de pacification et d’amélioration des conditions de vie n’ont pas été tenues. Les populations locales continuent de subir les conséquences de violents affrontements, de bombardements et d’une insécurité chronique attribuée à divers groupes armés dans les provinces du Nord-Kivu et des zones environnantes.
« Nous ne croyons plus aux promesses actuelles. Nos populations sont meurtries, privées de paix et de sécurité, et assimilées à tort sous des prétextes identitaires », ont déploré les porte-parole de l’initiative, insistant sur le fait que l’ensemble des communautés congolaises aspirent à vivre en harmonie et dans le respect de l’unité nationale.
En se tournant vers l’ancien président, les signataires voient en son expérience une opportunité de fédérer les Congolais au-delà des clivages. L’objectif affiché est de restaurer l’autorité de l’État, de garantir l’intégrité territoriale et de mettre un terme aux tensions communautaires qui fragilisent le tissu social.
Cette prise de position marque un tournant dans le débat politique régional, alors que les acteurs de la société civile de l’espace swahilophone réclament des mesures urgentes pour rétablir une paix durable et permettre le retour des déplacés dans leurs milieux d’origine.
Awa Jean de Dieu, à Goma
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