KINSHASA — La naissance du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) continue de provoquer des ondes de choc au sein de la scène politique congolaise. Face à la déferlante de démentis et de prises de distance enregistrées ces derniers jours — notamment au sein des partis et plateformes proches de l’ancien président Joseph Kabila —, l’acteur politique Moïse Nyarugabo a brisé le silence, mercredi 14 octobre.
Dans un message explicite diffusé sur le réseau social X, cet ancien cadre politique a tenu à clarifier la nature de cette nouvelle coalition tout en portant des accusations graves contre le pouvoir en place à Kinshasa.
Une initiative individuelle, pas institutionnelle
Mettant fin aux spéculations qui entourent la composition du FRN, Moïse Nyarugabo a souligné que l’engagement au sein de cette dynamique ne relève d’aucune structure politique formelle.
« Le FRN n’a engagé aucun parti, aucune plateforme ni association. Il a été créé par des personnalités clairement identifiées », a-t-il précisé.
Par cette mise au point, il cherche à dédouaner les formations politiques de l’opposition dont certains membres se sont empressés de rejeter toute affiliation avec le mouvement, affirmant respecter la liberté de positionnement de chacun.
« Peur, tortures et arrestations arbitraires » : les raisons du désaveu
Si Moïse Nyarugabo dit comprendre ces désolidarisations en chaîne, il en attribue la cause principale à une stratégie de terreur orchestrée, selon lui, par les services de sécurité du régime du président Félix Tshisekedi.
Pour le cofondateur du FRN, la prudence observée par de nombreux acteurs politiques ne reflète pas une divergence de fonds, mais un réflexe de survie face à une répression féroce :
Insecurité ciblée : Menaces d’enlèvements nocturnes et d’arrestations arbitraires.
Violences d’État : Risques de tortures et de détentions prolongées sans procès dans des lieux de réclusion clandestins.
Représailles collatérales : Pression et intimidations étendues aux proches et aux familles des opposants.
Dépeignant un paysage politique asphyxié à Kinshasa, Moïse Nyarugabo n’hésite plus à qualifier le mode de gouvernance actuel de « tyrannie ».
L’Union sacrée prise à partie : le réquisitoire contre les « esclaves consentants »
Les flèches du leader politique ne visent pas uniquement le pouvoir central, mais s’adressent également aux figures de la majorité présidentielle. Évoquant la ferveur avec laquelle certains cadres de l’Union sacrée se sont empressés de condamner le FRN, il dénonce un climat de harcèlement généralisé.
Selon ses termes, les personnalités de la mouvance présidentielle seraient elles-mêmes sous pression constante, sommées de multiplier les déclarations publiques d’allégeance ou de désapprobation sous peine de sanctions politiques ou de représailles personnellement préjudiciables. Une dynamique d’asservissement qui l’amène à les qualifier d’« esclaves consentants ».
Vers une fin de règne ?
Malgré ce tableau sombre de la situation des droits humains et des libertés publiques en République démocratique du Congo, Moïse Nyarugabo a conclu son message sur une note de défi à l’attention du pouvoir de Kinshasa.
Martelant que cet état de fait est inacceptable, il affirme avec fermeté que cette dérive autoritaire « doit s’arrêter », assurant avec conviction qu’elle « va s’arrêter ».
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de vives tensions politiques en RDC, où le durcissement du discours de l’opposition face aux dérives sécuritaires suscite une inquiétude croissante quant à la stabilité du paysage politique national.
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