SHANJE / KALEHE, 10 octobre 2026 — Trois jours après les premiers signalements d’incendies à Shanje, Willy Manzi, vice-gouverneur du Nord-Kivu nommé par l’AFC/M23, publie un bilan chiffré. Sur Facebook, il affirme que « plus de 80 maisons civiles » ont été brûlées jusqu’au sol dans cette localité proche de Numbi, en territoire de Kalehe (Sud-Kivu). Il met en cause les FARDC et « leurs forces de coalition », et joint des photos de toitures tordues, de cendres et de maisons éventrées.

Selon la lecture reprise côté AFC, ce décompte a été établi après l’arrivée — ou le retour — d’éléments du mouvement sur le terrain, une fois les Wazalendo partis. Autrement dit : ce n’est plus seulement une alerte en pleine nuit, mais un constat posé sur des ruines encore fumantes. TIC-TAC HEBDO n’a pas pu vérifier indépendamment ni le nombre exact des maisons, ni le moment précis du recensement.
Le calendrier local aide à situer l’enjeu. Entre le 5 et le 6 octobre, FARDC et Wazalendo avaient annoncé des avancées sur plusieurs axes de Kalehe, dont Shanje, Gasenda et les collines de Bukumba, avant de viser Numbi. Dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 octobre, plusieurs sources locales ont rapporté un retrait brusque des Wazalendo de Lumbishi, Shanje, Kavumu et de la cité minière de Numbi. C’est dans cette fenêtre — occupation brève, puis départ — que les incendies et pillages ont été signalés.
Dès le 7 octobre, Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23, avait déjà dénoncé la destruction d’habitations et du marché de Shanje, sans chiffre. Des médias locaux parlaient alors d’environ 60 maisons, commerces et kiosques brûlés dans le centre ; Actualite.cd confirmait un incendie de grande ampleur vers 4 h du matin, sans trancher sur les auteurs. Manzi, lui, monte d’un cran : plus de 80 maisons, et une accusation claire contre la coalition loyaliste.
Au-delà des faits : Shanje et Numbi restent un verrou minier et routier entre le Nord et le Sud-Kivu. Quand le contrôle change de main en quelques heures, les civils paient souvent la facture — maisons, marché, bétail, fuite. Que le bilan soit de 60 ou de plus de 80, le message de Manzi dit surtout ceci : après le passage des armes, quelqu’un compte les toits. Et chaque camp désigne déjà l’autre. Aucune version gouvernementale détaillée n’avait encore fermé ce débat au moment de cette rédaction.
Paulin Kibando
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
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