ENTEBBE, 10 octobre 2026 — Ce n’est pas une négociation improvisée. Depuis avril, un processus de dialogue entre Kinshasa et la Convention pour la Révolution populaire (CRP) de Thomas Lubanga Dyilo avait déjà été engagé ; sur le terrain iturien, pourtant, les armes n’ont pas suivi. Entre-temps, l’Ituri a dû gérer à la fois l’épidémie d’Ebola et la tension persistante à Djugu — un territoire où, dès juin, des communautés locales appelaient déjà à la protection des autorités. La rencontre d’Entebbe du 9 octobre, sous l’égide du président ougandais Yoweri Museveni, répondait à ce besoin précis : remettre autour d’une même table les autorités militaires provinciales, un canal de Kinshasa, un responsable des FARDC et la branche armée de Lubanga, avant que la rupture ne se fige définitivement.
Du côté de la CRP, l’attente est claire : que le cessez-le-feu et les engagements politiques se traduisent enfin en protection des civils, notamment autour de Djugu et des sites de déplacés. Le mouvement dénonce ce qu’il présente comme une alliance de fait entre certaines positions des FARDC et la milice CODECO. L’épisode des tirs au site de déplacés de Kigonze, que nous avions déjà rapporté en septembre à Bunia, figure parmi les points de friction que la CRP veut voir traités. En face, le gouvernement militaire de l’Ituri — dirigé depuis la mi-juin par le général-major Gaby Kasongo Mulumba — attend d’abord le retour à l’ordre : fin des attaques contre ses positions, maîtrise des incidents sécuritaires et possibilité de faire rentrer les déplacés chez eux sans que le dialogue soit saboté par de nouveaux combats.
La réunion préalable servait aussi à sortir d’un face-à-face stérile. Museveni, en hôte, a poussé les parties vers des discussions techniques à venir et vers une instruction réciproque : éviter les affrontements pendant que le canal politique reste ouvert. L’accord signé à Entebbe n’efface pas les griefs ; il fixe un cadre pour les traiter autrement que par la guerre locale.
Le compte rendu publié par la CRP peut être consulté ici : consulter le PDF.
Pour les habitants de Djugu et des sites comme Kigonze, l’essentiel reste simple : que cet accord tienne sur le sol, pas seulement sur le papier d’Entebbe.
Paulin Kibando
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