Kasindi (Beni), 7 octobre 2026 — À la suite de la découverte de plusieurs carcasses d’hippopotames dans le lit de la rivière Semuliki, les autorités administratives et sanitaires du Nord-Kivu ont décrété ce mardi 6 octobre l’interdiction temporaire d’utiliser l’eau de ce cours d’eau dans la commune frontalière de Kasindi-Lubirigha, située à environ 90 kilomètres de Beni.
Selon les services vétérinaires et d’hygiène, la mort de ces animaux est attribuable au charbon bactéridien (anthrax), une zoonose hautement contagieuse et redoutable pour l’homme. Cette alerte intervient après la confirmation, fin septembre, par l’ICCN et ses partenaires vétérinaires, que la mortalité d’hippopotames observée le long de la Semuliki était liée à cette maladie (voir notre article du 29 septembre).
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que l’anthrax est une infection causée par la bactérie Bacillus anthracis. Lorsqu’un animal infecté meurt dans un cours d’eau, la décomposition de la carcasse peut libérer des spores très résistantes, capables de survivre longtemps dans l’eau et les sédiments. L’ingestion d’eau souillée ou un contact direct avec la bactérie expose à de graves risques, ce qui justifie la restriction immédiate imposée sur la Semuliki.
Pour les habitants, la mesure touche surtout la localité de Kambo, où les familles utilisaient quasi exclusivement la rivière pour boire, cuisiner et les travaux ménagers. Privées de cette source, plusieurs femmes et jeunes filles doivent désormais parcourir chaque jour six à sept kilomètres aller-retour vers le centre de Kasindi pour s’approvisionner en eau, selon des leaders communautaires.
L’Association des consommateurs d’eau potable de Kasindi-Lubirigha (ACOEP) signale l’existence de sources naturelles exploitables sur la chaîne montagneuse surplombant la commune, mais indique ne pas disposer, à ce stade, des moyens logistiques et financiers pour étendre le réseau vers Kambo et Ihunga. L’ACOEP et des acteurs locaux appellent les autorités provinciales et les partenaires à mobiliser des ressources pour accélérer les adductions d’eau.
Les consignes restent inchangées pour la population : ne pas toucher, déplacer, découper, enterrer ou brûler les carcasses ; ne pas consommer, acheter, vendre ou transporter la viande d’un animal retrouvé mort ; éloigner enfants, bétail et animaux domestiques des carcasses ; signaler toute nouvelle découverte aux autorités, aux services vétérinaires ou à l’ICCN ; consulter une structure de santé en cas de symptômes après un contact à risque.
Paulin Kibando
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