Le débat autour d’une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo continue d’alimenter les discussions politiques, alors que certains appels au dialogue national refont surface dans un contexte institutionnel particulièrement sensible.
Interrogé sur l’hypothèse d’un rapprochement politique avec le pouvoir en place dans le cadre d’un dialogue qui remettrait sur la table la question constitutionnelle, **Delly Sesanga** a adopté une position particulièrement ferme.
L’opposant politique et député national rappelle qu’il n’est pas opposé par principe à toute réflexion sur l’amélioration du cadre juridique national, précisant qu’il avait lui-même initié, à un moment donné, une proposition de révision constitutionnelle.
Cependant, il affirme avoir volontairement retiré cette initiative dès l’instauration de l’état de siège, estimant que la Constitution congolaise interdit clairement toute modification en période de guerre, d’état d’urgence ou de circonstances exceptionnelles.
Pour Delly Sesanga, le débat ne peut être instrumentalisé pour répondre à des intérêts politiques circonstanciels.
L’opposant met particulièrement en garde contre toute tentative visant à toucher à l’**article 220 de la Constitution**, considéré comme l’un des principaux verrous institutionnels protégeant notamment la limitation des mandats présidentiels.
Selon lui, ouvrir un tel débat dans le contexte actuel risquerait d’alimenter davantage les tensions politiques et institutionnelles dans un pays déjà confronté à de graves défis sécuritaires et sociaux.
Sa sortie semble également contenir une critique implicite de certaines pratiques politiques consistant à remettre en cause les textes fondamentaux au gré des intérêts du moment.
Pour plusieurs observateurs, cette prise de position traduit la persistance d’une profonde méfiance au sein de l’opposition face à toute initiative susceptible d’être interprétée comme une tentative de reconfiguration du paysage institutionnel au profit du pouvoir en place.
Alors que l’est du pays reste confronté à l’insécurité, que les urgences sanitaires réapparaissent et que les attentes sociales demeurent fortes, la question de la priorité réelle des réformes institutionnelles continue d’interroger une partie de l’opinion.
Dans un pays où les débats constitutionnels ont souvent constitué des points de crispation majeurs, la moindre évocation d’une réforme du texte fondamental demeure hautement sensible.
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