Nyiragongo, 3 octobre 2026 — Quelques mois après avoir lancé une culture de pommes de terre dans le territoire de Nyiragongo, l’Agence des transporteurs et revendeurs des bois et planches pour le développement et la protection de la nature (ATRBPN-RDC) est retournée sur le terrain pour évaluer les conditions de récolte.
Le constat présenté à l’issue de cette descente est mitigé. Malgré la mise en culture du champ depuis juillet, les rendements observés restent faibles. Les responsables de l’organisation mettent notamment en avant le fort ensoleillement ainsi que les conséquences de la déforestation, deux facteurs qu’ils associent à la détérioration des conditions nécessaires au bon développement de la culture.
L’observation rejoint une problématique plus large déjà signalée dans la filière de la pomme de terre à Nyiragongo. À Kibumba notamment, des producteurs accompagnés dans un autre projet de résilience agricole constatent que les périodes traditionnelles de plantation, dont juillet, deviennent moins prévisibles en raison de l’irrégularité des pluies (RESSAC Network).
Une organisation du secteur du bois face aux conséquences de la déforestation
La particularité de l’initiative tient également à l’identité de l’ATRBPN-RDC. L’organisation rassemble des acteurs évoluant dans le transport et la commercialisation du bois et des planches, tout en inscrivant désormais certaines de ses actions dans la protection de la nature et la production agricole.
Le constat effectué dans le champ de pommes de terre prend ainsi une dimension particulière : les acteurs d’un secteur directement lié à l’exploitation du bois se retrouvent confrontés, dans une activité agricole, aux conséquences qu’ils attribuent notamment à la réduction de la couverture végétale.
Cette situation renforce leur plaidoyer en faveur du reboisement et d’une exploitation des ressources naturelles qui tienne davantage compte de la protection de l’environnement.
La pression exercée sur les ressources forestières constitue d’ailleurs un enjeu documenté autour du Parc national des Virunga. Les programmes de reboisement développés dans la région cherchent notamment à restaurer la couverture végétale et à réduire les effets de la déforestation sur les écosystèmes (Virunga National Park).
Une partie de la production pour les personnes du troisième âge
Au-delà de l’observation environnementale, le champ comporte une dimension sociale. Une partie de la récolte doit être destinée à des personnes du troisième âge identifiées parmi les bénéficiaires de l’initiative.
Les responsables n’ont cependant communiqué ni la superficie totale cultivée ni le tonnage obtenu. Il serait donc prématuré de mesurer l’impact du projet en termes de production ou de lutte contre l’insécurité alimentaire.
L’intérêt de cette première expérience réside plutôt dans les difficultés qu’elle permet déjà d’observer directement sur le terrain.
Des étudiants de Goma formés dans le champ
L’ATRBPN-RDC associe également à l’initiative des stagiaires et étudiants venus de Goma. Le champ devient ainsi un espace d’apprentissage pratique où les jeunes peuvent confronter les connaissances acquises en classe aux réalités de la production agricole.
Parmi les membres de l’organisation présents lors de la descente figure Georgette Kavenya, qui intervient dans le reportage consacré à l’activité.
L’expérience permet notamment aux stagiaires d’observer les interactions entre l’état de l’environnement, les conditions climatiques et le comportement des cultures.
Protéger l’environnement pour préserver l’agriculture
Pour l’ATRBPN-RDC, l’expérience menée à Nyiragongo débouche donc sur un message plus large : la production agricole ne peut être dissociée de la protection de l’environnement.
L’organisation appelle parallèlement au renforcement de la sécurité dans les zones agricoles afin que les producteurs puissent accéder durablement à leurs terres. Cette préoccupation est également exprimée par d’autres producteurs de pommes de terre du territoire, notamment à Kibumba, où la sécurité, l’accès aux champs et l’adaptation aux variations climatiques figurent parmi les principaux défis signalés (RESSAC Network).
Le champ visité le 3 octobre ne suffit évidemment pas, à lui seul, pour mesurer scientifiquement l’évolution du climat dans l’ensemble du territoire de Nyiragongo. Il constitue néanmoins, pour l’ATRBPN-RDC, une expérience concrète des difficultés que rencontrent aujourd’hui certaines cultures face au fort ensoleillement, à la modification des conditions pluviométriques et à la dégradation de la couverture végétale.
Pour une région où la pomme de terre représente une culture importante, le constat remet au centre une équation devenue difficile à dissocier : protéger les arbres, préserver les terres agricoles et adapter les pratiques culturales aux changements des conditions climatiques.
KIBANDO PAULIN
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
Source principale : reportage vidéo Impact TV RDC du 3 octobre 2026 et informations communiquées par l’ATRBPN-RDC ; RESSAC Network ; Virunga National Park.
TICTACHEBDO.CD NEWS sur WhatsApp — Alertes et exclusivités en temps réel. Activez la cloche après inscription. Suivre la chaîne →
Commentaires